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Caricature, Dessin satirique & Histoire

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Daumier et ses héritiers | BnF. “Les caricatures, dans l’histoire de la République, ont toujours bénéficié d’une grande tolérance” Plasticages, menaces… La presse française a régulièrement été confrontée à des intimidations, mais jamais à une telle attaque explique l'historien Christian Delporte. Avec un bilan à ce jour de 12 morts et 11 blessés, l'attaque à l'arme automatique contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier, est un coup porté à la presse française d'une gravité sans précédent. L'historien Christian Delporte, spécialiste des médias, revient sur les menaces, intimidations et attentats qui ont jalonné l'histoire du journalisme dans notre pays et sur la place très particulière qu'y tiennent la caricature et la presse satirique.

Quels sont les attentats contre les médias, journaux quotidiens ou hebdo, dans l’histoire contemporaine, qui ont pu revêtir une signification politique d’une telle importance ? Il n’y a rien d’équivalent dans l’histoire de la presse. En 1848, première élection présidentielle en France… - Charles Vernier (1887†), « Un nouveau jeu de bagues », Le Charivari, 9/12/1848. Suite à la révolution de février, une Assemblée constituante répartit les pouvoirs politiques entre d’un côté une Chambre aux pouvoirs étendus et de l’autre, un président de la République auréolé du suffrage universel masculin mais empêché de se présenter pour un second mandat ou de procéder à une dissolution de la Chambre. A la veille des élections des 10 et 11 décembre 1848, les quelques journaux satiriques illustrés publiés en France, commentent la campagne en cours.

Dans cet ensemble, un seul organe satirique peut se targuer d’une parution quotidienne, Le Charivari. Loin des flèches lancées contre Louis-Philippe et le Juste Milieu entre 1832 et 1835, le journal a adopté depuis l’éclatement de la révolution une position attentiste et très prudente. Tag(s) : #Arrêt sur image. Charlie Hebdo : La France, terre de tradition des journaux satiriques. Les caricaturistes assassinés hier sont les héritiers d'une tradition française du pamphlet qui remonte au siècle des lumières.

La tristesse nationale provoquée par l'assassinat des talentueux dessinateurs de Charlie Hebdo nous rappelle que la caricature et la presse satirique montre l'attachement viscéral des français à la libre pensée. Héritier d'Hara-Kiri, le journal bête et méchant, créé en 1960 par François Cavanna et le professeur Choron, Charlie Hebdo est le continuateur spirituel des pamphlets qui sont nés au siècle des Lumières et qui ont fait flores pendant la Révolution française. Le point commun de tous ces journaux est le courage. Quelles que soient les idées défendues, ils ont eu à affronter la censure. La censure du pouvoir royal avant la Révolution, la censure du Comité de salut public sous Robespierre, la censure légale sous les différentes républiques.

Le Figaro a commencé sa carrière il y a presque deux cents ans en jouant la satire. . ● Les pamphlets révolutionnaires. Journal « Le Rire » Caricature. Par Gérard Pouchain, agrégé de l’Université, chercheur associé à l’université de Rouen, Vice-président de la Société des Amis de Victor Hugo On ne dira jamais assez l’importance de la presse française au xixe siècle, et plus particulièrement des journaux satiriques.Dès la période révolutionnaire, des périodiques ont publié, de temps en temps, des caricatures, mais c’est avec les premières années du xixe siècle que naît véritablement la presse illustrée satirique : la caricature fait son entrée dans l’univers des journaux.

Journal « Le Rire » La presse satirique française, une arme politique héritée de la Révolution. La presse satirique française, sans tabou quand il s'agit de railler pouvoir ou religion, est une tradition qui remonte à la Révolution et dont Charlie Hebdo, cruellement frappé par un attentat sans précédent, est l'héritier au même titre que Le Canard enchaîné ou le défunt Hara-Kiri. «C'est une spécificité française. Ici, on cogne, on utilise le dessin de façon militante pour contester, dénoncer, faire tomber les barrières», explique Guillaume Doizy, spécialiste de l'histoire du dessin de presse.

«Il n'y a pas l'équivalent d'un Charlie Hebdo à l'étranger.» La singularité de cet hebdomadaire, «c'est d'être non seulement dans la satire politique, mais aussi dans la critique sociale: l'écologie, l'économie et la finance...», renchérit l'historien Christian Delporte. Hors de France, «il y a des journaux d'humour mais la politique est toujours marginale. Apogée au XIXe siècle «Cette presse lève tous les tabous», relève Christian Delporte. Anarchistes et extrême droite. 1881-1911: trente ans de presse illustrée - Caricature et censure sous l'Ancien régime : interview d'Annie Duprat -

L'Assiette au beurre: revue illustrée,satirique et libertaire de 1900: 500 dessins. Animation - Une caricature clandestine de Napoléon III. Les éternelles vieilles dames de Jacques Faizant. 10 octobre 2013 à 7 h 02 La petite histoire du dessin de presse notera peut-être que Jacques Faizant (1918-2006) fut le dessinateur politique très engagé du Figaro, mais la grande histoire du dessin d’humour retiendra qu’il fut également le créateur des « vieilles dames » personnages pittoresques et délurés du troisième âge. La preuve, l’éditeur Michel Lafon a eu la bonne idée de rassembler la plupart de ces dessins qui firent en leur temps les beaux jours de Paris Match ou de Point de vue Images du monde. On trouve de tout dans la production d’un dessinateur, et dans les 50 000 dessins publiés par Jacques Faizant durant sa longue carrière (on peut en avoir un aperçu sur le blog que lui a dédié son fils Michel Faizant), nul doute que ce sont ses vieilles dames qui résisteront le mieux aux outrages du temps.

Jacques Faiza nt raconte dans « L’Humour au quotidien » de Jean-Paul Tiberi ( éditions Jean-Cyrille Godefroy.1991 ) leur création : « Paris Match m’avait demandé sept dessins. Une petite histoire du dessin de presse 1/2 - Texte de la conférence donnée par Guillaume Doizy le 26 septembre 2008 à la BPI (Beaubourg), à l’occasion d’une après-midi de réflexion sur le thème : « Quel avenir pour le dessin de presse ». Pour tout vous dire, je me demande encore si j’ai eu raison d’accepter de venir ici raconter l’Histoire du Dessin de presse.

Evoquer l’œuvre de Daumier en trois quart d’heure serait déjà une gageure. Parler de l’Assiette au Beurre dans un temps si court, analyser plusieurs milliers de ses dessins et le travail de dizaines d’artistes ayant collaboré à la revue, relèverait du miracle. On pourrait écrire des livres entiers sur le dessin de presse des Années Folles. Pour commencer, il me semble nécessaire de faire un peu de linguistique. La propagande d’abord : Pendant les crises politiques et sociales intenses, voire dans des périodes plus calmes, le dessin de presse peut se fait polémiste et propagandiste marchant dans les pas de Luther et de son acolyte Lucas Cranach durant la Réforme. L'humour : Animation - Une caricature clandestine de Napoléon III. « Le Musée imaginaire de TIM »

« Le Musée imaginaire de TIM » Tim ou le pouvoir du dessin de presse (2) La référence aux maîtres du passé : un exercice que l’on retrouve au musée et dans la presse par Stanislas Colodiet (Science Po Paris / Sorbonne Paris I) La question du pastiche, de la parodie et, en général, de la référence aux chefs d’œuvres du passé est bien étudiée par les historiens de l’art. Elle a été popularisée auprès du grand public à travers plusieurs expositions avec, par exemple, les manifestations Copier créer : de Turner à Picasso, 300 œuvres inspirées par les maîtres du Louvre au Musée du Louvre (1993) ou encore Picasso et les maîtres au Grand palais (2008)

. « On peut résumer en reprenant les deux termes qui servent de titre l’exposition : copier avant de créer, puis copier pour comprendre, puis : copier, c’est déjà créer (en introduisant la petite variante copier pour manger). La citation est aussi un procédé tout à fait classique dans le dessin de presse. Figure 1. Figure 2. Figure 3. Figure 4. Caricature, un dessin « chargé »

Raoul Cabrol versus Hitler : l’affaire du Escher Tageblatt - Dessin de Raoul Cabrol, Escher Tageblatt du 15 septembre 1938. On connaît la célèbre affiche éditée par le Parti communiste et dessinée par Cabrol représentant Hitler un couteau entre les dents. Les données sur une autre de ses caricatures d’Hitler publiée cette fois au Luxembourg sont moins précises, et les publications en français ne présentent jamais le dessin original, mais des variations plus ou moins proches sur le fameux "Hitler spricht" (traduit par Hitler vociférant), comme c'est le cas par exemple dans le catalogue 3 Républiques vues par Cabrol et Sennep édité par la BDIC en 1996 ou plus proche de nous, dans la revue Papiers Nickelés n°28, 1er trimestre 2011, p. 5 que nous reproduisons ci-dessous.

Caricatures&Caricature vous livre en exclusivité cette image, dénichée sur le site de la Bibliothèque nationale du Luxembourg, dans la partie réservée à la presse numérisée. Tag(s) : #News. Le "Journal Parlé" et les facéties d'Alfred Le Petit - Ferry pot de chambre, par Alfred Le Petit... Dans son n°39 de Papiers Nickelés (4e trim 2013), Corinne Taunay, qui a soutenu une thèse sur les artistes Incohérents, signe un article sur une expérience tout à fait originale : le Journal parlé, chronique d’actualité mise en scène par des artistes, des chansonniers et des journalistes en 1883-1884 à Paris.

Le fondateur, Louis Peyramont, souhaitait proposer une version « live » de ce phare du XIXe siècle qu’est le journal. Une version publique et quotidienne, lue, jouée, mimée, mise en musique et dessinée. Fin 1883, le journal… « parlé » se tient salle de l’Athénée à Paris. Mais les difficultés s’accumulent et surtout, les autorités politiques semblent vouloir mettre un terme à ce spectacle grinçant qui prend notamment pour cible le président du Conseil d’alors, Jules Ferry. Le spectacle est-il alors interdit en vue de protéger le nez de Ferry, comme le dénonce Clovis Hugues à la Chambre le 10 février 1884 ?

GD, janvier 2014. Caricatures de Talleyrand dans "La Caricature" Collection Henri Chel. Reproduction interdite. Images allégorisées des corporations diplomatiques. Lithographie de Philipon parue dans le N° 53 du journal la Caricature du 22 mars 1832. Caricature expliquée dans le journal: Ce gaillard que vous voyez menacer de sa plume, gros gras et bête, qui vient de passer, c'est le Corsaire; après lui, vient une baronne honnêtement enrichie; elle est suivie du Juste Milieu personnifié. Puis, vient un Laquais chargé d'une cassette; puis un Blondin, déguisé en Arc en Ciel, qui suit un frère Guizotin. Cette charette, c'est le corps diplomatique dessiné d'après nature, et conduit par ses conseillers ordinaires, les gate sauce.

1962-1965 : Bosc versus de Gaulle dans l’hebdomadaire Minute - L'impératrice Eugénie vue par les caricaturistes. Contexte historique Sous le Second Empire, malgré l’assouplissement du régime de la presse dans la phase libérale du règne, aucune caricature ne vient défrayer la chronique des journaux. Des charges très violentes pouvaient être publiées à l’étranger, notamment en Belgique, mais en France, ce n’est qu’après la déchéance de Napoléon III, prononcée le 4 septembre 1870, et la proclamation de la République que les dessinateurs peuvent impunément donner libre cours à une verve satirique qui s’exerce d’abord aux dépens du couple impérial.

Napoléon III, vaincu et prisonnier en Allemagne, est de toute évidence un sujet de prédilection pour les humoristes, qui le représentent traditionnellement sous les traits d’un vautour se repaissant du cadavre exsangue de la France. L’impératrice elle-même n’est pas épargnée. Les caricaturistes exploitent ses origines étrangères, son goût du faste et de la représentation, son entourage de courtisans serviles et intéressés. Analyse des images Interprétation. La Petite Lune d'André Gill. Louis-Philippe vu par Daumier. Contexte historique Au début de l’année 1834, au moment où paraît cette planche, la monarchie de Juillet, régime né de l’insurrection populaire des « Trois Glorieuses » (28, 29, 30 juillet 1830) mais d’assise essentiellement bourgeoise, est entré dans une période de crise économique et d’agitation sociale. Cette situation, attisée par les républicains avec lesquels la monarchie est en conflit ouvert depuis les funérailles du général Lamarque (juin 1832), va conduire le gouvernement à mener une politique de répression et à faire voter des lois restreignant les libertés d’expression et d’association.

C’est dans ce contexte que paraît dans le journal La Caricature, auquel Daumier collabore depuis 1831, ce portrait-charge du roi Louis-Philippe. Analyse de l'image Interprétation. Caricatures de Napoléon. Histoire de la caricature. La Révolution de 1789 va multiplier ces images (mille cinq cents gravures satiriques entre 1789 et 1792) et la demande suscitée par l'actualité va être à l'origine d'un appareil de production organisé. Des journaux hebdomadaires comme Les Révolutions de France et de Brabant de Camille Desmoulins ou les Révolutions de Paris de l'éditeur Prudhomme font une large place au dessin, satirique pour l'un, d'inspiration plus "reportage" pour l'autre.

La presse royaliste publie de son côté des caricatures anti-révolutionnaires tandis qu'en 1793 le Comité de Salut Public demande au député David de "multiplier les gravures et les caricatures qui peuvent réveiller l'esprit public et faire sentir combien sont atroces et ridicules les ennemis de la liberté et de la république".Cité dans "La caricature, deux siècles de dérision salutaire", Historia, n° 651, mars 2000, p.52. Louis-Philippe en forme de poire. Exposition "Jean Jaurès - Caricatures" apôtre de la paix, tribun de légende - CARICADOC, iconographie, expositions et conférences pour professionnels de l'édition et de la presse. Référence de l'image ci-dessus : CC_94943.jpg Contact 31 juillet 1914 : assassinat de Jaurès, déclenchement de la première guerre mondiale. Ces deux événements tragiques instituent la mémoire du tribun, ancrent sa postérité dans les imaginaires. Qui, aujourd’hui, ne se réclame pas du grand homme, du Front de gauche à l’extrême droite en passant par Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2007 ?

La panthéonisation de Jaurès s’est faite au prix d’un rejet intéressé de ses idées les plus radicales. Oublié son refus de la propriété privée, oublié son internationalisme, oubliés ses appels à la grève générale. Jaurès a tant parlé, écrit, pensé, agit, depuis ses premiers engagements politiques jusqu’en 1914, que chacun a pu, par la suite, puiser dans cette vie écourtée ce qui l’y intéressait. Cette exposition est conçue par Guillaume Doizy auteur, avec Jean-Luc Jarnier, de "Jean Jaurès apôtre de la paix - une biographie en images", Hugo-Image, juin 2014. 62 panneaux 95cm sur 70cm. Jossot, Sauvages Blancs !, recueil d’articles de presse présentés et annotés par Henri Viltard, Finitudes, 176 p., 19 €. - Grandville. «Charlie» traits pour traits.