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Espionnage: de nouveaux mails accablent Ikea, des policiers soupçonnés | Mediapart | Ainsi va le monde actuel. Accusations de "flicage": Ikea veut "faire toute la lumière" La surveillance remonterait à 2003. Ikea France aurait passé un accord avec au moins deux officines privées de sécurité afin d'obtenir des fichiers sur le passé de ses salariés ou de ses clients, des informations en théorie reservées aux policiers. Le Canard Enchaîné reproduit ce mercredi matin "quelques spécimens" d'emails "parmi la centaine" échangés par le directeur de la gestion du risque chez Ikea France et plusieurs responsables de ces officines.

Chaque consultation coûtait 80 euros à l'enseigne Ces emails contiennent des demandes précises sur certaines personnes, notamment des salariés, mais aussi des clients en litige avec le fabricant de meuble: le responsable d'Ikea réclame à ses interlocuteurs casier judiciaire, nom du propriétaire d'une voiture précise, nom du propriétaire d'un numéro de portable... Pour y répondre, les officines acceptent de fouiller dans les fichiers de la police (Stic, cartes grises, permis de conduire, opérateurs de téléphonie mobile...). COMPRENDRE. L'affaire Ikea en 5 questions.

Ikea: Sûreté International "n'a rien à voir avec cette affaire" La société Sûreté International, citée par le Canard Enchaîné comme ayant proposé à Ikea des informations confidentielles sur ses salariés, a assuré samedi n'avoir "rien à voir" avec cette affaire et s'est démarquée des actes prêtés à l'un de ses anciens salariés. "Les anciens dirigeants de la branche Sûreté International Conseil (restructurée en 2006 et liquidée en 2011) démentent l'intégralité des affirmations les concernant" et déclarent que "la société n'a rien à voir avec cette affaire", dans un communiqué transmis à l'AFP.

Une enquête préliminaire a été ouverte jeudi à Versailles après une plainte de l'Union départementale FO de Seine-Saint-Denis pour "utilisation frauduleuse de données personnelles". Le Canard Enchaîné et le syndicat, dans sa plainte, évoquent des courriels entre des cadres du groupe Ikea et des enquêteurs privés, l'un de ces derniers proposant notamment au groupe suédois contre rémunération des "consultations équivalentes à celles du STIC", un fichier policier.

Exclusif: Nouvelle affaire d'espionnage chez Ikea. Pas une semaine ne se passe sans que de nouvelles révélations s'accumulent sur l'espionnage illégal de salariés chez Ikea. Selon nos informations, sept organisations syndicales membres de FO ont déposé aujourd'hui un complément de plainte auprès du Parquet de Versailles pour élargir le champ d'investigation de l'enquête préliminaire ouverte le 29 février 2012.

"Un certain nombre d'éléments tend à prouver que les pratiques d'espionnage ont perduré au-delà des seuls faits connus, notamment de 2010 à 2012", estime Me Lecourt, l'avocat de FO. Selon des informations que L'Expansion a recueillies, Ikea se serait en effet livré à la surveillance de certains salariés sur son site de Franconville (Val d'Oise) entre juillet 2010 et juin 2011. Des espions infiltrés parmi les salariés A Franconville, le mode opératoire est différent des faits constatés jusque-là. Dans leur rapport, que L'Expansion s'est procuré, les "observateurs" notent tout. "Toutes ces pratiques sont inacceptables.