Fukushima : SCIENCE pour vous et moi. 5 mai 2012.
Dès le soir du 6 mai, chacun se souviendra qu’il y aura eu en France un séisme version électorale - de magnitude variable selon le gradient politique. Et l’électeur, au moins pour cinq ans, se rappellera le choc des egos et le nom du vainqueur, comme celui du vaincu. Mais se remémorera-t-il que le même jour, un autre ébranlement, d’un autre type, aura aussi eu lieu ? Sans fureur ni couronnes, qui plus est de l’autre côté de la terre, dans l’archipel nippon ? Une extinction potentiellement violente pour un certain monde de l’énergie… Qui se souviendra de Tomari ? Presque exactement quatorze mois après les débuts de la catastrophe de Fukushima le 11 mars 2011 (1), et pour la première fois depuis 1970, l’électricité au Japon dépendra de tout (pétrole, hydraulique, éolien, solaire…) sauf du nucléaire.
C’est cet été que le gouvernement japonais devrait faire connaître sa politique énergétique à venir. Tomari pourrait ainsi devenir le symbole marquant de la fin d’une ère. 2)
Dessin animé, musée... Le lobby nucléaire manipule les Japonais. Le secteur exerce un « contrôle social doux » sur la population, spécialement les femmes et les enfants.
Enquête. un garçon s’endort autour d’objets alimentés par une mini-centrale (Jaero). Depuis le début de l’accident nucléaire, de nombreux observateurs français ont salué le calme et le stoïcisme des Japonais, l’attribuant un peu vite à une culture extrême-orientale fantasmée. Si l’on s’en tient aux faits, de nombreux exemples montrent qu’en réalité il existe un fort contrôle social sur la population qui réduit à néant le travail des antinucléaires et rend tout débat impossible dans ce pays. Les médias japonais ne répercutent d’ailleurs pas la voix des antinucléaires alors même que le Citizen’s Nuclear Information Center (Cnic), principale ONG antinucléaire, organise tous les jours depuis le début de l’accident nucléaire de Fukushima, des conférences de presse au Club des correspondants étrangers.
Trois puissants lobbies Japan Atomic Industrial Forum (Jaif) Crise nucléaire au Japon : les réponses à vos questions. Pouquoi y a-t-il eu des explosions à la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ichi ?
Vendredi 11 mars, à 14 h 46, les réacteurs – dont seulement trois sur six étaient en activité – se sont automatiquement arrêtés au moment du puissant séisme qui a touché le Japon, conformément à la procédure d'urgence. Si la réaction nucléaire est quasiment stoppée, leur cœur continue malgré tout de dégager de grandes quantités de chaleur.
Il faut donc les refroidir. Mais les lignes électriques ont été coupées par la violente secousse et les groupes électrogènes, censés prendre le relais, ont été noyés par le tsunami. Privés d'alimentation, les circuits de refroidissement ont alors cessé de fonctionner. Dans l'enceinte de confinement qui abrite chaque réacteur, la situation s'est alors dégradée. Voir : Le scénario de la catastrophe Lire : Cinq jours de cauchemar à Fukushima Quel est l'état actuel des six réacteurs ? Les quatre premiers réacteurs de la centrale sont gravement accidentés.
Risque nucléaire en France et ailleurs. Comparaison avec Tchernobyl et d'autres accidents nucléaires. Scénario de la catastrophe. Petit lexique du nucléaire.