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Rape culture

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« Estime-toi heureux : toi, tu ne peux pas te faire violer » Discussion avec quelques amis à la terrasse d’un café, à propos d’une jeune fille qui s’est fait violer pendant une fête.

« Estime-toi heureux : toi, tu ne peux pas te faire violer »

Enfin non, elle ne s’est pas fait violer, d’après les gens qui ont assisté à la scène. Elle a chauffé le mec (normal qu’il s’attende à quelque chose), ils se sont enfermés dans les toilettes et à un moment, elle a crié « non », plusieurs fois. Personne n’a réagi. Je rage, c’est un viol, je suis catégorique. Une de mes amies réplique : « Elle l’a sucé, difficile de dire qu’elle n’était pas consentante ! J’argumente, et c’est là que ça se passe : « De toutes façons, pourquoi t’en parles ? « Il n’y a qu’à serrer les fesses » Making of Soco, 17 ans, est un lycéen de terminale. Il a lui-même subi un viol quand il était plus jeune, dans des circonstances qu’il nous a racontées, mais qu’il ne tient pas à rendre publiques. C’est un choc. Alors je me questionne, je commence à me renseigner, j’en fais un projet pour le lycée : « Le viol masculin ».

Choqué, je passe à l’infirmière. Poire le violeur : quand « séduire » devient « faire céder » Céder n’est pas consentir.Nicole Claude-Mathieu Apprendre à séduire, quelle brillante idée.

Poire le violeur : quand « séduire » devient « faire céder »

Vous vous souvenez? J’avais parlé de Poire, le nice guy, le pauvre mec qui n’avait pas confiance en lui, qui voulait séduire mais qui ne savait pas faire, qui se plantait lamentablement, et qui accumulait la frustration et la rancœur jusqu’à haïr l’objet de son désir. Ha les femmes, toutes des salopes. Veulent même pas sortir avec moi. Et puis il avait reçu des conseils, à droite, à gauche, il avait lu, il s’était dit: maintenant je n’ai plus envie d’être un loser. Poire devint Poire le player. Et puis… Voilà.

Comment un petit mec timide devient un agresseur sexuel? C’est ce que je voudrais expliquer ici. J’ai expliqué dans Poire le player comment les erreurs de Poire qui le mènent à s’enfoncer dans ses problèmes au lieu de les résoudre: pour résumer, le risque qu’il court, c’est de ne pas changer de paradigme. Il croit que quand on couche avec une fille, on lui arrache quelque chose. Le consentement? Je veux comprendre... la culture du viol. Nous vous avions parlé il y a quelques temps du slut-shaming ; continuons sur ce thème avec la culture du viol. La culture du viol décrit un environnement social et médiatique dans lequel les violences sexuelles trouvent des justifications, des excuses, sont simplement banalisées, voire acceptées.

C’est par exemple un environnement qui culpabilise les femmes quant à leurs tenues et leur apparence. Dire (ou penser) qu’une femme victime de viol qui se balade seule le soir en talons et en mini-jupe “l’a bien cherché”, c’est faire peser sur la victime la responsabilité du crime – car le viol est un crime, n’est-ce pas (ce petit rappel est important pour la suite). Remarquez l’omniprésence, dans notre société, d’éléments appartenant à la culture du viol. Le slut-shaming donc, pratiqué par les hommes et les femmes, en est un composant. L’univers des jeux vidéos est également un vecteur de la culture du viol. Et les hommes ? Vous me direz – peut être ne l’avouerez-vous pas ! Bien.