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La nouvelle Constitution hongroise voulue par Viktor Orban est entrée en vigueur ce dimanche. Les accents très nationalistes de ce texte, où l'appellation "République de Hongrie" disparaît au profit de la seule "Hongrie" et qui fait explicitement référence à Dieu, ne surprendront pas. Car cela fait 18 mois que le Premier ministre a entrepris de remodeler le pays à son image et de lui faire prendre une direction de plus en plus autoritaire. Il a déjà instauré des réformes très controversées de la Banque centrale, de la justice et de la loi électorale. Dénoncé par l'opposition de gauche et écologique et par de nombreux mouvements de la société civile comme "un autocrate", faisant fi des critiques de l'UE quant à la compatibilité de ces lois avec le droit communautaire et des inquiétudes de Washington sur "la démocratie" dans son pays, Viktor Orban fait front.
La Hongrie selon Viktor Orban
L'Union européenne a-t-elle trop tardé à réagir aux mesures prises en Hongrie qui remettent en question la banque centrale, les juges, l'autorité hongroise de protection des données, et le pluralisme des médias? Les menaces de la Commission qui a annoncé le lancement de trois procédures d'infraction au droit communautaire suffiront-elles à faire plier Viktor Orban , qui est venu s'expliquer ce mercredi devant le Parlement de Strasbourg ? La réaction de Sylvie Guillaume , eurodéputée socialiste française, membre de la commission parlementaire qui traite des questions de Libertés civiles, de Justice et des Affaires Intérieures.
Hongrie: "Orban devra faire plus que des ajustements techniques"
Hongrie: Viktor Orban imperator
Plusieurs millions de Hongrois ne l'ont pas su. Lundi 2 janvier au soir, dans les rues de Budapest, une manifestation hostile à Viktor Orban , le Premier ministre, a attiré plus de 70 000 personnes - un chiffre considérable, dans ce petit pays de 10 millions d'habitants, où les rassemblements politiques sont rares. Sur l'avenue Andrassy et devant l'Opéra, alors que les slogans dénonçaient la dérive autoritaire du chef du gouvernement, la télévision publique montrait des images... d'une avenue déserte, seulement peuplée d'un cordon de policiers! Une manipulation grossière mais efficace: en province, loin de la capitale, ils sont plusieurs millions de Hongrois à capter uniquement la télévision publique. Les contre-pouvoirs verrouillés l'un après l'autreHongrie: défilé monstre pro-Orban
Le coprésident des Verts Daniel Cohn-Bendit a accusé aujourd'hui le premier ministre hongrois Viktor Orban d'aller "dans la direction" des dirigeants vénézuélien Hugo Chavez et cubain Fidel Castro et de "tous les régimes totalitaires", au cours d'un débat très animé au Parlement européen. "Un renouvellement (de la Constitution) peut être dans la bonne ou la mauvaise direction. Et nous vous disons que vous allez dans la direction de MM.
Orban vers le totalitarisme (Conhn-Bendit)
Dérive autoritaire en Hongrie : que peut faire l'Europe ?
Des manifestants contre la nouvelle Constitution hongroise à Budapest, le 2 janvier 2011 (Laszlo Balogh/Reuters) Comment l’Europe doit-elle réagir face à la dérive autoritaire du pouvoir du premier ministre hongrois Viktor Orban ? Alors qu’elle est engluée dans la crise de la zone euro, l’Union européenne risque fort de n’avoir ni les moyens juridiques, ni la volonté politique de faire face à ce qui menace d’être la plus importante régression démocratique depuis la création de l’UE. Les Hongrois eux-mêmes ont massivement réagi, lundi, en manifestant par dizaines de milliers dans les rues de Budapest, contre l’entrée en vigueur, le 1er janvier, de la nouvelle Constitution ultranationaliste et conservatrice, qui risque de rendre l’alternance impossible dans ce pays d’Europe centrale. La manifestation contre la Constitution à Budapest, lundi 2 janvier 2011 L’évolution de la Hongrie pose un véritable problème au reste de l’Europe.Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et la chancelière allemande Angela Merkel, à Berlin, le 5 mai 2011 (Fabrizio Bensch/Reuters) Depuis des années, on impose aux candidats à l’entrée dans l’Union européenne une adhésion stricte à des valeurs et des institutions démocratiques. La Croatie vient encore d’avoir à « passer l’examen ». La Turquie va finir, si ce n’est déjà fait, par être dégoûtée des exigences européennes, qui ont visiblement plus pour but de l’empêcher d’être admise que de la faire évoluer.
Mais qu'attend l'Europe pour « isoler » la Hongrie ? | Chez Jean Matouk
Pour comprendre le repli nationaliste et identitaire de l’actuel gouvernement hongrois, c’est dans l’histoire du pays qu’il faut chercher, estime un expert de la littérature magyare. En particulier dans la fragilité de sa bourgeoisie et les frustrations nées des défaites militaires. Ils étaient 100 000, les manifestants qui, l’autre nuit, autour de l’Opéra, des palais gouvernementaux et sur les avenues les plus élégantes de Budapest, s’étaient réunis pour protester contre la nouvelle Constitution voulue par le Premier ministre Viktor Orbán et votée par le seul centre droit.

