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Marc Halévy

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Programme pour un paradigme nouveau. Un monde de réseaux noétiques. Je pense que l'heure est venue de dépasser la notion de "communauté" au moyen de celle de "réseau".

Un monde de réseaux noétiques

L'histoire sociale humaine est passée, successivement, de l'idée de communauté à celle de société puis, aujourd'hui, à celle de réseau. Sur la notion d'Ordre. Trois ères spirituelles. Sur vieux fond d'animisme (qui prit de très nombreuses formes, un peu partout) et dans sa continuité métaphysique, les quatre traditions spirituelles et religieuses encore actuellement vécues (hellénisme, judaïsme, védantisme, taoïsme) sont nées au 6ème siècle avant l'ère vulgaire.

Trois ères spirituelles

Un cycle paradigmatique plus tard naissent les traditions secondes (toujours syncrétistes), comme le pharisaïsme (zoroastrisme et lévitisme), le christianisme (hellénisme et pharisaïsme) ou le ch'an chinois (taoïsme et bouddhisme). Le quotidien de la Sagesse. Pour définir cette Sagesse au quotidien, il faut poser quelques jalons : La vie humaine fait partie intégrante de la vie biosphérique qui, elle-même, fait partie intégrante de la Vie cosmique.

Le quotidien de la Sagesse

La Vie est une et indivisible. La Vie possède et développe sa propre rationalité : rien ne vit sans une bonne raison de vivre. Tout vit parce que la Vie a une bonne raison. Le Tout au-delà des parties. Dans l'univers physique, les principes de cohérence et d'interdépendance sont fondamentaux : rien n'y existerait si tout le reste n'existait pas aussi, tant dans l'espace que dans le temps.

Le Tout au-delà des parties.

Dans sa "Monadologie", Leibniz parle du principe "de la raison suffisante, en vertu duquel nous considérons qu'aucun fait ne saurait se trouver (…) existant (…), sans qu'il y ait une raison suffisante pourquoi il en soit ainsi et non autrement". Tout se tient, autrement dit. On pourrait encore, dans le même sens, citer Lao-Tseu ou Héraclite d'Ephèse, Zénon de Kition ou Pierre Teilhard de Chardin.

L'indispensable mutation culturelle. Les cinq grands axes du changement comportemental qu'exige le nouveau paradigme sont : frugalité, noéticité, réticularité, utilité et spiritualité.

L'indispensable mutation culturelle

Ces cinq vertus sont les réponses (et sont des défis) aux cinq grandes ruptures que nous vivons aujourd'hui et qui sont la cause de la chaotisation du monde humain et de son écosystème (les nombreuses "crises" passées, présentes et à venir, dont la pandémie actuelle). Voyons-les systématiquement. La frugalité n'est ni une religion, ni une idéologie : elle est un état d'esprit ! Le défi de la Noéticité : intelligence, connaissance et génie humains en vedette. La réponse à la rupture sur les activités. La révolution numérique, on l'a vu, a déplacé copieusement le centre de gravité des activités manuelles et intellectuelles de l'humanité. Selon diverses études, en Europe, vers 2035, 40% des emplois aujourd'hui assumés par des humains, seront assumés par des machines numériques. Le défi de la Réticularité : vivent les réseaux !

Marc Halévy. La chaotisation inter-paradigmatique. Comme tous les 550 ans, en moyenne, nous vivons une bifurcation paradigmatique c'est-à-dire le déclin et la fin du paradigme "d'avant" et la montée progressive en puissance du paradigme "d'après".

La chaotisation inter-paradigmatique

Le paradigme "d'avant" avait nom de "modernité" et était né à la Renaissance sur les ruines de la "féodalité". Son déclin s'est accéléré à partir de la "Grande Guerre" de 14-18, immonde boucherie inutile qui enclencha le nihilisme du 20ème siècle et entama la mise à mort du mythe du "Progrès". Comme toujours, à peu près à la même époque, un nouveau paradigme embryonnaire commença de germer avec la libération féminine, avec les révolutions scientifiques relativiste et quantique, avec la remise en cause des canons esthétiques (musique sérielle ou dodécaphonique, peinture cubiste ou abstraite, …), etc … Tout paradigme, lorsqu'il atteint un certaine puissance, engendre lui-même des institutions de pouvoir. Se libérer des esclavages et idolâtries. Qu'est-ce qu'un esclavage ?

Se libérer des esclavages et idolâtries

Une contrainte forte ou une servitude "volontaire" que l'on s'impose pour des raisons souvent obscures, mais toujours extérieures à soi. Un esclavage, au sens personnel et philosophique comme entendu ici, est donc lié à une croyance nocive en un "tu dois ! ". Car il faut bien comprendre la nocivité qui se cache derrière toutes ces servitudes volontaires que l'on s'impose. Il ne s'agit pas d'une discipline ou ascèse constructives et positives. Les servitudes volontaires sont à l'inverse de cela : elles sont destructives et négatives. Complexite et evolution. La Genèse ... autrement. Il faut combattre la vision créationniste que l'on donne du livre biblique de la Genèse !

La Genèse ... autrement

Il n'y a nullement création (surtout pas ex nihilo puisque le Ciel et la Terre préexistent et que la Terre est déjà quadratiquement préstructurée en Ténèbre et Abîme, et en Souffle et Eau). La première émanation : la "Lumière", viendra après comme déclencheur de toute la suite. Le premier chapitre du livre de la Genèse est un récit quasi darwinien de l'émergence du monde.

Le nom de Dieu n'y apparaît nullement ; on y parle des Elohim : des Puissances qui sont des émanations et nullement des créateurs. Tous les verbes sont conjugués sur le mode inaccompli et sont donc prédictifs et nullement créatifs. Le G.:A.: de l'U.: et l'Esprit cosmique. L'Idée de Divinité Il faut prendre du recul par rapport à l'idée dualiste d'un Dieu (mono)théiste qui serait un Dieu personnel, extérieur à l'univers et d'une tout autre nature que lui, entretenant avec lui des relations variables selon les diverses Traditions concernées.

Le G.:A.: de l'U.: et l'Esprit cosmique

Ce recul permet de sortir d'une aporie persistante : le monde est imparfait et Dieu serait parfait. Comment un tel Dieu pourrait-il créer ou autoriser une telle aberrante imperfection ? Hegel. L'aventure philosophique de Hegel commence par la prise de conscience profonde de l'identité du sujet et de l'objet, de l'en-soi et du pour-soi.

Hegel