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Machiavel

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Machiavel, ou les vertus du cynisme. » Les notions de fortune et de virtù chez Machiavel. « Quel est le pouvoir de la fortune dans les affaires humaines, et comment on peut lui résister.

» Les notions de fortune et de virtù chez Machiavel.

Je n'ignore pas que beaucoup ont pensé et pensent que les affaires du monde sont gouvernées par la fortune et par Dieu, que la prudence humaine est impuissante à les corriger, et que les hommes n'y ont même aucun remède ; aussi pourraient-ils juger que ce n'est pas la peine de trop s'employer, et qu'il vaut mieux se laisser gouverner par le sort. Cette opinion a été développée ces derniers temps, du fait des grands bouleversements qu'on a vus et que l'on voit chaque jour, impossibles à conjecturer par les forces de l'esprit humain. En y pensant parfois moi-même, il m'est arrivé de partager partiellement ce point de vue. Toutefois, comme il nous reste une part de liberté, je juge que s'il peut être vrai que la fortune est l'arbitre de la moitié de nos actions, elle nous en laisse cependant gouverner l'autre moitié, ou à peu près.

I. 1°) Sens antique. » Machiavel et le christianisme. Religion et politique. « Pour quelle raison, les hommes d’à présent sont-ils moins attachés à la liberté que ceux d’autrefois : pour la même raison qui fait que ceux d’aujourd’hui sont moins forts ; et c’est si je ne me trompe, la différence d’éducation fondée sur la différence de religion.

» Machiavel et le christianisme. Religion et politique.

Notre religion, en effet, nous ayant montré la vérité et le droit chemin, fait que nous estimons moins la gloire de ce monde. Les païens, au contraire, qui l'estimaient beaucoup, qui plaçaient en elle le souverain bien, mettaient dans leurs actions infiniment plus de férocité : c’est ce qu'on peut inférer de la plupart de leurs institutions, à commencer par la magnificence de leurs sacrifices comparée à l'humilité de nos cérémonies religieuses dont la pompe, plus flatteuse que grandiose n’a rien de féroce ni de gaillard. Il me paraît donc que ces principes, en rendant les peuples plus débiles, les ont disposés à être plus facilement la proie des méchants. Eléments d'élucidation. Partager : » Pourquoi les hommes ont-ils coutume de louer le passé et de blâmer le présent? Machiavel.

« Tous les hommes louent le passé et blâment le présent, et souvent sans raison.

» Pourquoi les hommes ont-ils coutume de louer le passé et de blâmer le présent? Machiavel.

Ils sont tellement férus de ce qui a existé autrefois, que non seulement ils vantent le temps qu'ils ne connaissent que par les écrivains du passé, mais, que, devenus vieux, on les entend prôner encore ce qu’ils se souviennent d'avoir vu dans leur jeunesse. Leur opinion est le plus souvent erronée, et pour diverses raisons. La première, c'est qu'on ne connaît jamais la vérité tout entière sur le passé. On cache le plus souvent les événements qui déshonoreraient un siècle; et quant à ceux qui sont faits pour l'honorer, on les amplifie, on les raconte en termes pompeux et emphatiques. La seconde raison, c’est que les hommes ne haïssent que par crainte ou par envie, deux mobiles qui meurent avec les événements passés, lesquels ne peuvent inspirer ni l’une ni l’autre.

Je répéterai donc que rien n’est plus général que l’habitude de louer le passé et de dénigrer le présent. 1) Raison intellectuelle et politique. » L’utilité de l’histoire pour l’action politique. Machiavel. « Si on considère le respect qu'on a pour l'Antiquité, et, pour me borner à un seul exemple, le prix qu'on met souvent à de simples fragments de statue antique, qu'on est jaloux d'avoir auprès de soi, pour orner sa maison, les donner en modèles à des artistes qui s'efforcent de les imiter dans leurs ouvrages; si, d'un autre côté, l'on voit les merveilleux exemples que nous présente l'histoire des royaumes et des républiques anciennes; les prodiges de sagesse et de vertu opérés par des rois, des capitaines, des citoyens, des législateurs qui se sont sacrifiés pour leur patrie; si on les voit, dis-je, plus admirés qu'imités, ou même tellement délaissés qu'il ne reste pas la moindre trace de cette antique vertu, on ne peut qu'être à la fois aussi étrangement surpris que profondément affecté.

» L’utilité de l’histoire pour l’action politique. Machiavel.

Machiavel. Avant-propos du Livre I du Discours sur la première décade de Tite-Live, Trad. E.