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Sculpture - Installation

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Samuel Yal. À première vue, c’est sans doute la finesse et la légèreté qui caractérisent le mieux les sculptures de Samuel Yal. Souvent flottantes ou suspendues, parfois fragmentées au point de laisser passer l’air, leur fragilité relève aussi bien de leur blancheur délicate que de leur méticulosité. D’emblée, les principes originels de la sculpture sont contredits, car l’œuvre ne se fait plus massive ni compacte, mais éclatée et aérienne, comme prise d’apesanteur. Utilisant le plus généralement la céramique, l’artiste donne corps à une transparence quelque peu paradoxale puisque les formes s’ébauchent tout en paraissant s’effacer. La tension entre vide et plein est ainsi au cœur de son travail, comme on le perçoit avec ces corps morcelés qui s’élèvent dans « Corpuscule » et « Dissolution II ». Samuel Yal, Corpuscule, résine époxy, nylon, 300x150x150 cm, 2013 © Samuel Yal, Corpuscule (détail), résine époxy, nylon, 300x150x150 cm, 2013 © Samuel Yal, Lux, céramique, diam. 250 cm, 2009 ©

Avènement. Membre de la Casa de Velázquez en Espagne en 2015/2016 et lauréat du Prix Georges Coulon, Samuel Yal réalise des sculptures, des installations mais aussi des films d’animation, avec une préférence pour l’utilisation de la céramique et particulièrement de la porcelaine. Son dernier film « Nœvus » diffusé et primé dans de nombreux festivals internationaux est en sélection cette année pour le César du meilleur court-métrage d’animation. Boum! Bang! , qui avait déjà consacré un article à cet artiste, revient sur l’installation « Avènement ». Réalisée pour l’Église de la Madeleine à l’occasion de sa crèche contemporaine annuelle, l’œuvre, pourtant bien accueillie par la majorité du public, a suscitée une vive polémique et a valu à l’artiste l’ire de certains intégristes en tout genre. Si les médias ont couvert la polémique il nous est apparu judicieux de revenir sur cette pièce avec le recul du regard critique. Daniel Arsham. Le silence, et pourtant le bruit. L’immobilité, et pourtant le mouvement.

Le futur, et pourtant le présent. L’Américain Daniel Arsham, natif de Cleveland mais résident new-yorkais, cultive l’art du paradoxe et de la contradiction complémentaire, et croise sculpture, dessin, performance et architecture au sein d’un travail inscrit dans l’interrogation des logiques spatiales et temporelles. Pour la neuvième fois en huit ans, le plasticien aux collaborations multiples (avec le chorégraphe Merce Cunningham, avec le très « happy » Pharrell Williams, avec le designer Hedi Slimane, avec le groupe de nu-disco Chromeo…) expose actuellement au sein de la Galerie Perrotin et, par le biais de l’exposition, « The Future is Always Now ».

Daniel Arsham, Vue de l’exposition « The Future is Always Now », Galerie Perrotin, Paris, 12 juin – 26 juillet 2014 © Photo: Claire Dorn, Courtesy Galerie Perrotin Les objets, comme les photographies de ces objets, évoquent l’absence. Jusqu’au 26 juillet 2014 Connexe. Nam June Paik. Le progrès: trop robot pour être vrai Artiste coréen, émigré aux États-Unis en 1964, Nam June Paik (né à Séoul le 20 juillet 1932 et décédé à Miami le 29 janvier 2006) étudie d’abord la musique électronique. Il travaille à Radio-Cologne avec le compositeur allemand et pionnier de la musique électroacoustique Karlheinz Stockhausen et côtoie l’avant-garde de l’époque, dont des personnalités majeures comme le compositeur et plasticien John Cage, le danseur et chorégraphe Merce Cunningham, le compositeur La Monte Young et le couple de plasticiens Christo et Jeanne-Claude. Pionnier de l’art vidéo, il introduit dès 1963 des instruments de musique et des moniteurs de télévision dans une installation.

Nam June Paik joue à la fois sur la manipulation des images et des sonorités qui sont totalement défigurées. Nam June Paik, L’Olympe de Gouges in La fée électronique, 1989, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris © Nam June Paik, Aunt, 1986 © Nam June Paik, Coubertin, 1988, SOMA Museum of Art © Klara Kristalova. Les personnages sculptés par l’artiste Klara Kristalova semblent tout droit sortis d’un pays imaginaire. Un pays froid, c’est certain, tant ses œuvres paraissent taillées à même la glace. Mais surtout, une terre balayée par la magie. De curieux sortilèges pourraient y avoir frappé les enfants, tantôt changés en animaux, tantôt plongés dans une torpeur à couper au couteau. Passé ce premier effet de chair de poule, on peut se demander si ces étranges créatures vivent plutôt dans l’esprit de l’artiste que sur un quelconque territoire. Klara Kristalova, The masquetatoo, 2009, Grès émaillé, encadrement, 38 x 30 x 24 cm © Courtesy Galerie Perrotin Klara Kristalova, On the top, 2012, Grès émaillé, 208 x 28 x 28 cm © Courtesy Galerie Perrotin Klara Kristalova, Deaths head mothgirl, 2010, Grès émaillé, 68 x 33 x 33 cm © Courtesy Galerie Perrotin Toutes les œuvres de Klara Kristalova semblent en effet fonctionner avec ce double sens de lecture, négatif et positif.

David Černý. Un entretien Boum! Bang! Une énergie débordante et communicative qui se répand dans tous les couloirs de la Meet Factory. On dirait que c’est lui qui éclaire les néons rouges sur son passage. L’atelier au dernier étage sent les solvants et est encombré d’impressionnantes machines. David Černý, portrait © photo: Jaroslav brabec B! David Černý: Je suis né et j’ai grandi à Prague. B! David Černý: J’ai toujours dessiné quand j’étais enfant et adolescent mais le coté « hippie » des études d’art ne m’attirait pas. David Černý, In Utero, stainless stel, height 6 meters © David Černý, London Buster, Busm hydraulics, weight 7 tons, 2012 © David Černý, Art Robbery, random pregnant victim with doughter, various materials, fiberglas, smoking guns, sounds © B! David Černý: La vie, le désir d’exprimer des choses à travers une technique maitrisée. B! David Černý: Le communisme a marqué ma vie pendant 20 ans!

David Černý, Piss, bronze, mechanic, electronic, gsm gate, figures height 210 cm © B! B! B! B! B! B! B! B! B! B! Kader Attia. À mi-chemin entre l’art politique et la réalité quotidienne, l’oeuvre de Kader Attia se fonde sur un leitmotiv dénonciateur. Vulgarisant la pratique religieuse au moyen de papier d’aluminium alimentaire, l’artiste rend compte d’un déisme désacralisé, uniformisé et aliénateur de l’individu. « Ghost » (2007) soulève la question de l’identité culturelle, et de son rapport antonymique liant force et vulnérabilité.

Dans un schéma semblable à celui de la production industrielle – inférant mécaniquement la notion de « reproduction » – Kader Attia reproduit des moulages de femmes musulmanes en position de prière. Tous les corps sont identiques par le matériau commun qui les façonne. Le papier d’aluminium unit cette pluralité d’entités fantomatiques, les fige dans un cadre spatio-temporel dépourvu de contexte. Kader Attia, Ghost, vue de l’installation © Sans signe religieux, ethnique ou politique manifeste, les formes anthropomorphiques dévoilent quelques plissés de soutane. L’année du cheval. Avant de passer entre les mains des artistes d’aujourd’hui, le cheval a traversé l’Histoire au galop en laissant derrière lui tout un troupeau d’œuvres peintes et sculptées.

Des grottes de Lascaux aux dernières créations du facétieux Maurizio Cattelan, le cheval n’a cessé d’inspirer. Logique, quand on constate que dans toutes les religions, sur tous les continents et à toutes les époques, il a été l’un des plus proches compagnons de l’homme. Simple sujet d’étude, véritable idole, jouet, légende ou esclave, il survole les siècles, non sans pertes et fracas, en passant des champs de bataille, aux contes pour enfants, sans oublier les étals du boucher. Alors, heureusement que subsiste en chacun d’entre nous une part de candeur où l’innocent cheval devient licorne ou petit poney à coiffer car à bien y regarder cette pauvre bête a payé le prix fort pour sa force et sa fidélité.

Joana Vasconcelos, Waterloo, 2011 © Joana Vasconcelos Babis Panagiotidis aka Babis Cloud, hedonIsM(y) trojaner © Mary Sibande. L’héroïne des œuvres de Mary Sibande, artiste née en Afrique du Sud au début des années 80, est une domestique noire. Son prénom, « Sophie », est celui communément donné par les bourgeois blancs en Afrique du Sud à ces femmes à leur service. Mary Sibande utilise ce personnage comme une sorte d’alter-ego qu’elle met en scène dans de grandes installations ou des photographies. Tour à tour princesse ou guerrière, Sophie est portée par l’imagination de sa créatrice, qui œuvre après œuvre, la fait voyager dans un univers de plus en plus onirique et impénétrable.

Mary Sibande, The Reign, 2010, Mixed media installation, 330 x 200 cm © Mary Sibande – GalleryMOMO Mary Sibande, I put a Spell on Me, 2009, Digital print on cotton rag matte paper (Edition of 10), 90 x 60 cm © Mary Sibande – GalleryMOMO Mary Sibande, I’m a Lady, 2009, Digital print on cotton rag matte paper (Edition of 10), 90 x 60 cm © Mary Sibande – GalleryMOMO Mary Sibande se destine d’abord au stylisme. Mary Sibande, I decline. Shinichi Sawada. Cette année, la Biennale de Venise en aura certainement surpris plus d’un. Son curateur Massimiliano Gioni, a ainsi opté pour une présentation d’artistes parfois « hors circuit », peu connus du public, autodidactes et n’exerçant pas l’art comme activité principale.

Parmi ces invités « inhabituels », Shinichi Sawada, jeune autiste japonais dont on pourrait inscrire les singulières sculptures dans le mouvement art brut*. Né à Shiga en 1987, Shinichi Sawada fréquente dès son adolescence un foyer spécialisé pour handicapés mentaux dans la ville de Ritto. Il travaille tout d’abord dans la boulangerie de cet établissement avant d’intégrer un atelier où, plusieurs fois par semaine, il façonne l’argile. En 2001, son professeur fait construire une cabane à l’écart pour ses élèves apprentis potiers. Et, dans ce lieu fait de planches et de tôles, Shinichi Sawada et d’autres élèves sculptent et cuisent leurs créations à l’aide d’un four à bois lui aussi rudimentaire. © Shinichi Sawada. Felix Deac. Alors que vous n’avez peut-être pas encore réussi à court-circuiter les deux heures de fil d’attente pour voir l’exposition Ron Mueck à la Fondation Cartier, Boum!

Bang! A décidé de vous faire découvrir un autre artiste porté sur les pores, les poils et la peau: Felix Deac. Ce jeune plasticien roumain, né en 1984 dans la ville de Satu Mare, semble en effet avoir choisi de se spécialiser dans la sculpture hyperréaliste et de faire migrer cette discipline vers un univers plus personnel. Par imitation de fragments de réalité, il crée ses propres créatures aux antipodes de l’anthropologie. Ridées, velues, difformes, elles semblent issues d’expérimentations et de mutations très dérangeantes. Dans l’étrange collection d’œuvres de Felix Deac, la peau est donc traitée sous des formes très variées. C’est peut-être avec l’une de ces œuvres qu’a été fabriqué « Dead Pillow », une sorte d’oreiller en tissu, oui, mais en tissus humains. Marc Quinn. Né en 1964 à Londres, Marc Quinn a débuté sa carrière comme assistant de Barry Flanagan. C’est avec ce célèbre créateur de lapins volants qu’il apprend le moulage, la sculpture et réalise ses premières créations en 1983.

Aux côtés des frères Chapman, Damien Hirst et d’autres artistes britanniques de la même génération, Marc Quinn forme les « YBA », « Young British Artists ». Une sorte de label et de collectif défendu par le collectionneur Charles Saatchi et le marchand d’art Jay Jopling créateur de la galerie londonienne White Cube. Prolifique, Marc Quinn est l’auteur de nombreuses œuvres, souvent monumentales, réalisées à partir de matières premières totalement différentes: du pain, de la cire, de la peinture, du marbre, du bronze et même du sang.

Marc Quinn, Self 2001 (refrigeration unit and canopy), 2001, Artist’s blood, stainless steel, Perspex and refrigeration equipment, 208 x 63 x 63 cm © Marc Quinn Marc Quinn, Claudia as Flora, 2011, 169 x 254,4 cm © Marc Quinn. Lionel Sabatté. Ongles, peaux mortes, moutons de poussière, béton, vernis, piécettes: rebuts du quotidien, les composantes du travail de Lionel Sabatté sont loin du noble. Né en 1975 à Toulouse et ayant grandi en Outre Mer, l’homme, que son premier diplôme, un CAPES de STAPS, destinait plus à chronométrer les foulées d’adolescents sur les pistes d’athlétisme de collèges français qu’à exposer à la FIAC. Seulement voilà. Rapidement, Lionel abandonne sa carrière d’enseignant pour intégrer les Beaux Arts de Paris, atelier Vladimir Veličković, puis Dominique Gauthier.

Si ces données biographiques font sens, c’est qu’elles dessinent en ombre une des données primordiales de l’œuvre Lionel Sabatté: sa grâce. L’homme est en effet loin du cliché de l’artiste maudit. Sensible et drôle, pétillant et profond, accessible, aimable – il n’a rien à ajouter à des productions qui parlent d’elles-mêmes. Lionel Sabatté, Le Donald Trump des profondeurs, huile sur toile, , 46×55 cm, 2012 © Vers dorés « Eh quoi ! Lucien Murat. Un entretien Boum! Bang! Renverser les valeurs d’une hiérarchie arbitraire, piétiner les tabous par le sourire cynique et enfantin, désenclaver les archétypes et l’instinct dans le réinvestissement des topos classiques… Lucien Murat, formé à la St Martins School, et basé entre Paris et Londres, procède à la déformation du réel pour mieux nous mettre au jour ses failles.

Son dessein est tentaculaire: infiltrer l’inconscient collectif, en trifouiller les rouages, procéder à une inquisition de l’indéboulonnable. Bienvenue dans l’âge Murat. Dans des créations qui s’apparentent parfois, dans leur processus de construction, aux jouets de notre enfance, l’artiste se plaît à transcender la dimension ludique pour faire place nette à une effluve entêtante, produite dans l’arrachement des clichés à eux-mêmes. . © Lucien Murat, Degree show installation © Lucien Murat, Love is in the Air, Painted MTF, 300×200 cm, 2010, Londres © Lucien Murat, La retraite sans passer par Moscou. B! B! B! B! B! B! B! B! B! B! B! B! B! Lionel Sabatté. Gunther von Hagens. Le professeur Gunther von Hagens, anatomiste allemand né en 1945 est l’inventeur de la plastination, technique qui garantie la pérennité du cadavre après la mort. Il fût à l’origine de l’exposition « Body Worlds », qui débuta en 1995, présentant des corps ou des parties de corps humains plastinés.

À partir de 2005, ce scientifique réalisa aussi de nombreuses autopsies à la télévision anglaise pour enseigner l’anatomie au public comme Anatomy For Beginners, Autopsy: Life and Death, et Autopsy: Emergency Room. La plastination se révèle être un véritable travail de sculpteur et l’exposition revendique non seulement un aspect pédagogique mais aussi artistique. Elle eu un succès hors du commun et attira des millions de spectateurs à travers le monde. . « Docteur la mort » considère son travail comme de l’art, mais nie être lui-même un artiste à part entière. . © Gunther von Hagens La fascinante exposition se déroule pour la toute première fois en 1995, au Japon. Alexandra Gestin. Daniel Buren. Tomás Saraceno. Georges Rousse. Michael Leavitt. Aganetha Dyck. Mark Jenkins. Nick Cave. Erwin Wurm. Linda Todisco. Julie Legrand. Prune Nourry.

Nancy Fouts. Andreea Talpeanu. Antony Gormley. Autobiographies. Florian Rivière. Daniel Buren. Yoram Wolberger. Arthur Hoffner et Anne Devoret. Elodie Wysocki. Nick Van Woert. Yochai Matos. Simon Nicaise. Peter Callesen. Berlinde de Bruyckere. Jim Denevan. Duane Hanson. Leo Chiachio & Daniel Giannone. Janice Gordon. Arthur Bispo do Rosário. Adriana Varejão. Claes Oldenburg. James Hopkins. Chie Aoki. Nam June Paik. Frédérique Lucien. Benoît Maire. Teresa Margolles. Hans-Peter Feldmann. Georg Baselitz. Kiki Smith.

Maurizio Cattelan. Ron Mueck. Jana Sterbak. Murielle Belin. Katharina Fritsch. Chris Jordan. Recyclart. Visions animales. Franz West. Tristan Blondeau. Robert Gober. Patricia Piccinini. Olafur Eliasson. Nathan Sawaya. Igor Mitoraj. Cady Noland. Gaëlle Cressent. Duane Hanson. Claes Oldenburg. Franz West. Daniel Dewar & Grégory Gicquel. Eduardo Chillida. Ronit Baranga. Dongwook Lee. Cyril Hatt. Vanessa Beecroft. Hans-Peter Feldmann. Gao Brothers. Maurizio Cattelan. Anish Kapoor. Gao Brothers.

Niki de Saint Phalle. Iori Tomita. Bruce Nauman. Daniel Firman. Julien Gudéa. Ron Mueck. Chad Wys. Katharina Fritsch.