Comprendre la crise
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La nouveauté concernerait cent mille à deux cent mille foyers, selon les estimations de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Pour eux, qui étaient jusqu'ici dispensés d'impôt sur le revenu, il s'agira désormais de payer le fisc, relève Le Parisien du lundi 6 février. En cause, une mesure glissée au beau milieu du plan de rigueur de novembre 2011 : le gel du barème de l'impôt sur le revenu pour deux années consécutives, 2012 et 2013, soit sa désindexation du taux de l'inflation. En d'autres termes, il n'y a plus d'ajustement de cet impôt à la hausse des prix, qui a pourtant atteint 2,1 % en 2011 selon le quotidien. Les familles non imposables, outre le fait de goûter pour la première fois aux joies de la feuille d' impôts , risquent ainsi de perdre les aides qui correspondaient à leur tranche - des tarifs de cantine aux réductions dans les transports .
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Comme jadis les pays dits « sous-développés », qui sont désormais « émergents » et nous rattrapent à toute vitesse, la zone euro se met sous tutelle du FMI (Le Figaro) . Incapables de se diriger eux-mêmes, les européens – attention ce n’est pas une blague – versent de l’argent (150 milliards d’euros) au FMI pour qu’il le reprête à des pays européens en difficulté ! Mais au fait, comment fonctionne cette tuyauterie ? Il s’agit de « prêts bilatéraux des pays au FMI » et, c’est magique, « de tels prêts n'impliquent aucun risque en capital pour leurs souscripteurs, car le FMI est, par construction, toujours remboursé sur ses propres crédits ». On aimerait bien savoir comment car le FMI ne peut pas faire tourner la planche à billets. S’il enregistre des pertes, il faut bien que quelqu’un paye.
Le Point : Les États sont-ils en guerre contre "les marchés" ? Emmanuel Todd : Ne soyons pas dupes de ces concepts mystificateurs, Bruxelles, les marchés, les banques, les agences de notation américaines : ces faux nez camouflent la prise du pouvoir politique, à l'échelle mondiale, par les plus riches. Sous couvert de protéger l'argent des petits épargnants, les marchés, ce sont tout simplement les plus riches jouant avec les États. Les riches ne se battent pas contre les États, ils se battent pour les contrôler encore mieux (voir "L'État prédateur", de James Galbraith). Il suffit d'observer les parcours de certains individus entre la haute administration, les firmes américaines, Bruxelles et, désormais, les gouvernements pour comprendre qu'ils y parviennent. Si une même caste contrôle les marchés et les États, l'opposition entre les uns et les autres n'a plus aucun sens.
Inside Job vostfr ..La dépression mondiale, Au travers d’enquêtes approfondies et d’entretiens avec des acteurs majeurs de la finance, des hommes politiques et des journalistes, le film retrace... ( plus ) Inside Job vostfr ..La dépression mondiale, Au travers d’enquêtes approfondies et d’entretiens avec des acteurs majeurs de la finance, des hommes politiques et des journalistes, le film retrace l’émergence d’une industrie scélérate et dévoile les relations nocives qui ont corrompu la politique, les autorités de régulation et le monde universitaire. ( moins )
Le livre V de La Politique d’Aristote décrit l’éternel cycle des oligarchies qui se transforment en aristocraties héréditaires —pour finalement être renversées par des tyrans ou se déchirer entre elles quand certaines familles décident de "mettre la multitude dans leur camp" et de réinstaurer la démocratie dont émerge à nouveau une oligarchie, suivie d’une aristocratie et ainsi de suite tout au long de l’histoire. La dette a été la force motrice de ces évolutions —seules les stratégies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé par de nouveaux leaders ("tyrans" dans le vocabulaire d’Aristote) qui obtiennent le soutien populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens ou en gardant les profits que génèrent ces biens pour l’état. Depuis la Renaissance, cependant, les banques se sont mises à soutenir les démocraties.
Voilà quelqu’un qui ne pratique pas la langue de bois… Pessimisme excessif ? Spécialiste des marchés émergents d’Europe de l’Est, du Moyen-Orient et d’Afrique dans l’industrie high-tech , le Suisse Piero San Giorgio a publié il y a quelques semaines un livre intitulé Survivre à l’effondrement économique . Ou comment se préparer au pire (qui n’est jamais certain) : extinction de la croissance, faillites bancaires, disparition des classes moyennes, guerres, famines et réductions de populations… Ames sensibles s’abstenir.
Lorsqu'on pense à l'esclavage moderne, on pense d'abord aux enfants dans certains pays du Tiers Monde qui se font exploités. En réalité, il n'en est rien. L'esclavage moderne, c'est toute la planète. Non seulement nous sommes les esclaves d'un système mais pire encore : cela se fait avec notre consentement tacite.