Care
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Cela vous étonne-t-il que le Parti socialiste ait « emprunté » une notion comme celle de care ? Sandra Laugier : Les réflexions sur le care sont florissantes depuis pas mal d’années en France, et n’avaient pas rencontré d’écho au PS, pourtant fortement sollicité sur ce thème ! Mais ce n’est pas surprenant sur le fond, car l’importance de ces questions s’impose d’elle-même. Chacun y est confronté dans sa vie quotidienne. Qui ne se fait pas du souci car il ne sait comment ni qui va s’occuper d’un parent, de son enfant ou d’un ami ?
C'est une blague que la maire de Lille raconte elle-même: «Il paraît que Martine Aubry va interdire les brocantes à Lille! Eh, oui, elles sont “anti-care”.» La première secrétaire du PS a lancé ce concept du «care» dans le débat public au printemps.
En une petite phrase, consignée dans la tribune qu'elle consacre aux retraites et que publie Le Monde , Martine Aubry propose à son camp un nouveau concept pour redynamiser la pensée sociale et politique progressiste : la société du "soin". "N'oublions jamais qu'aucune allocation ne remplace les chaînes de soin, les solidarités familiales et amicales, l'attention du voisinage" , écrit la première secrétaire du PS. Une idée déjà exprimée dans un entretien au site Mediapart, le 2 avril : "La société du bien-être passe aussi par une évolution des rapports des individus entre eux. Il faut passer d'une société individualiste à une société du "care", selon le mot anglais que l'on pourrait traduire par "soin mutuel" : la société prend soin de vous, mais vous devez aussi prendre soin des autres et de la société." Pour la première fois, une responsable politique français introduit la notion anglo-saxonne du care dans le débat public, notion longtemps débattue outre-Atlantique.
La proposition de Martine Aubry au PS d’une société du "care", nouveau concept philosophique et politique basé sur la solidarité, n’est pas passée inaperçue dans la sphère médiatique. Repris et détaillé par Olivier Schmitt dans Le Monde, le projet de la première secrétaire du PS se fait tailler un costard par Jean-Michel Aphatie, qui décerne sur son blog un double " prix de la nunucherie " à l’endroit de la socialiste et du journaliste. Pour Bruno Roger-Petit, du Post, l’éditorialiste mérite une petite leçon d’humilité . Bruno Roger-Petit prend la défense de Martine Aubry sur Le Post Le 2 avril dernier, Martine Aubry s'exprimait sur cette société du soin qu'elle préconise, dans un entretien accordé à Mediapart: