Pédagogie : le numérique peut-il casser des briques ? (2) Au nom de quoi, demandais-je à la fin du billet précédent, l'école devrait-elle se priver d'une formidable ressource – le numérique - en passe de devenir la « ressource des ressources » donnant accès à toutes les autres ?
La réponse est évidemment dans la question. Pas plus que toute entreprise humaine, l'école ne peut s'en priver. Entendons-nous bien : de même qu'un musicien pourra toujours se passer d'instruments électriques, de synthétiseurs et de logiciels de traitement du son pour jouer de la musique, un enseignement pourra toujours se faire sans le moindre recours aux technologies numériques. Sans ordinateur, sans wi-fi, sans écran, sans rien de tout cela… Sous réserve que la matière enseignée le permette, un enseignement peut (et selon toute probabilité pourra toujours) être dispensé avec des cahiers, des crayons, des livres, un simple tableau. Des ordinateurs aux Tice. Dès les années 80, l'informatique a fait son apparition dans les classes.
Mais il s'agissait alors d'apprendre le fonctionnement des ordinateurs et d'acquérir des rudiments de programmation. Les cours étaient dispensés par des enseignants techniques, souvent passionnés, qui ont créé les premiers logiciels éducatifs et scolaires. Des plans d'équipement voient le jour dans les pays développés, avec plus ou moins de bonheur. Insensiblement, et surtout depuis qu'Internet s'est généralisé en même temps que les machines toujours plus puissantes et ergonomiques dans nos foyers, nous sommes passés de l'informatique aux TICE, technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement. Les outils informatiques ont alors été considérés comme des outils d'apprentissage d'autre chose : les disciplines, les habiletés, voire les compétences.
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