COMPRENDRE. L'affaire Ikea en 5 questions. Espionnage : Ikea est là (aussi) Le groupe d'ameublement Ikea France "souhaite faire toute la lumière" sur les pratiques de flicage de son personnel et de clients évoquées mercredi par Le Canard enchaîné et va "entreprendre des vérifications", a indiqué, mercredi, son directeur de la communication. "On souhaite faire toute la lumière sur cette situation. On a décidé d'entreprendre toutes les vérifications qui s'imposent pour savoir ce qu'il en est exactement", a-t-il déclaré. "On désapprouve de façon claire et vigoureuse toutes ces pratiques illégales qui peuvent porter atteinte à des valeurs importantes" comme "le respect de la vie privée", a-t-il ajouté, tout en précisant que cette position n'équivaut pas à une reconnaissance des pratiques incriminées par l'hebdomadaire satirique.
De même, à la mi-journée, aucune enquête administrative n'avait encore été diligentée par le ministère de l'Intérieur sur un usage frauduleux du fichier Stic. Espionnage : quand Ikea faisait son marché dans les fichiers de police. Le géant suédois de l’ameublement Ikea n’hésitait pas à piocher, via Sûreté International, une société de sécurité française, dans plusieurs fichiers de police, dont le Stic (le Système de traitement des infractions constatées), une base de données de plusieurs dizaines de millions de noms critiquée pour ses nombreuses inexactitudes. Une série d’e-mails internes à la société que s’est procurés Le Canard enchaîné montre qu’à partir de 2003, la direction du risque de la branche française de l’enseigne suédoise a régulièrement demandé à vérifier l’appartenance de numéros de téléphone, si tel salarié ou client était « connu des services », ou si la voiture qu’il utilisait était bien « immatriculée à [son] nom ». « Risque de menace écoterroriste ?
» Petit florilège des demandes – concernant parfois plus de 200 personnes à la fois – formulées par Ikea, relevé par Le Canard [les fautes et abréviations sont d’origine, ndlr] : « Personne en embauche sur le magasin de Paris Nord. L’ancien PDG dément. Ikea: Sûreté International "n'a rien à voir avec cette affaire" La société Sûreté International, citée par le Canard Enchaîné comme ayant proposé à Ikea des informations confidentielles sur ses salariés, a assuré samedi n'avoir "rien à voir" avec cette affaire et s'est démarquée des actes prêtés à l'un de ses anciens salariés. "Les anciens dirigeants de la branche Sûreté International Conseil (restructurée en 2006 et liquidée en 2011) démentent l'intégralité des affirmations les concernant" et déclarent que "la société n'a rien à voir avec cette affaire", dans un communiqué transmis à l'AFP.
Une enquête préliminaire a été ouverte jeudi à Versailles après une plainte de l'Union départementale FO de Seine-Saint-Denis pour "utilisation frauduleuse de données personnelles". Le Canard Enchaîné et le syndicat, dans sa plainte, évoquent des courriels entre des cadres du groupe Ikea et des enquêteurs privés, l'un de ces derniers proposant notamment au groupe suédois contre rémunération des "consultations équivalentes à celles du STIC", un fichier policier.
Exclusif: Nouvelle affaire d'espionnage chez Ikea. Pas une semaine ne se passe sans que de nouvelles révélations s'accumulent sur l'espionnage illégal de salariés chez Ikea. Selon nos informations, sept organisations syndicales membres de FO ont déposé aujourd'hui un complément de plainte auprès du Parquet de Versailles pour élargir le champ d'investigation de l'enquête préliminaire ouverte le 29 février 2012.
"Un certain nombre d'éléments tend à prouver que les pratiques d'espionnage ont perduré au-delà des seuls faits connus, notamment de 2010 à 2012", estime Me Lecourt, l'avocat de FO. Selon des informations que L'Expansion a recueillies, Ikea se serait en effet livré à la surveillance de certains salariés sur son site de Franconville (Val d'Oise) entre juillet 2010 et juin 2011. Des espions infiltrés parmi les salariés A Franconville, le mode opératoire est différent des faits constatés jusque-là. Dans leur rapport, que L'Expansion s'est procuré, les "observateurs" notent tout. "Toutes ces pratiques sont inacceptables.