Hollande attaque le bilan culturel du quinquennat de Sarkozy. La triple erreur de Nicolas Sarkozy. NICOLAS SARKOZY PEUT-IL REBONDIR?
Après plusieurs semaines de tirs nourris contre François Hollande et une série de vœux conçus comme autant d’occasions de montrer qu’il gouverne en multipliant les annonces, la polémique sur la perte du triple A a sonné comme un rappel à une dure réalité! Cet épisode ne change rien au fond, à savoir un rapport de forces durablement et fortement défavorable à Nicolas Sarkozy. Mais la situation se complique! Depuis les fêtes en effet, une seule information s’est imposée: la hausse record du chômage. Puis, parmi les annonces présidentielles, a pris place la perspective d’une «TVA sociale». Publicité Avant la trêve, la perspective d’une réélection du président sortant était faible.
Il eût été possible et normal de digérer rapidement cette mauvaise nouvelle, s’il n’y avait eu, par le Président lui-même, cette sacralisation. Dès lors, il ne faut pas s’étonner que cette dégradation soit revenue en boomerang à l’auteur de ce schéma. Erreur de méthode. Chercher la trace et ne laisser que du vent. Nicolas Sarkozy additionne les promesses...non financées. L'UMP en avait pris l'engagement : son futur programme ne pouvait se concevoir que sur la base de "zéro dépense".
Autrement dit, toute promesse devrait être financée par des économies équivalentes. Or, le candidat Sarkozy, qui porte les couleurs du parti actuellement majoritaire, n'en dit plus mot. Il vient de dévoiler deux promesses très coûteuses pour les finances publiques, sans rien dire sur leur financement. "Diminuer profondément les droits de mutation" Sur M6, dimanche soir, il a ainsi annoncé qu'il diviserait par deux les droits de mutation, payables lors de l'achat d'un bien immobilier.
Une exonération permanente des cotisations pour l'embauche d'un senior Nicolas Sarkozy a fait une autre proposition coûteuse, au nom de l'emploi: l'exonération totale des cotisations patronales pour tout senior (plus de 55 ans) embauché en CDD de plus de six mois ou un CDI. Quel est-il? Un coût maximum de 4,9 milliards d'euros Le coût de la mesure, alors? Boucler un programme "zéro dépense" Sarkozy a taxé les hauts revenus mais épargné les grandes fortunes. Après avoir clairement favorisé les riches en début de mandat, Nicolas Sarkozy a, sous la pression des électeurs, relayée par sa majorité, consenti à taxer les hauts revenus, à compter de 2012.
Mais les plus fortunés, aux revenus relativement faibles, en regard d'un patrimoine très important -pour faire simple, les héritiers- ne sont pas concernés outre mesure par cette taxation. En revanche, ils bénéficient à plein, de la réforme de l'ISF. Nicolas Sarkozy a donc privilégié les rentiers au détriment des entrepreneurs les plus dynamiques, qui encaissent des rémunérations importantes, qu'il déclarait initialement vouloir encourager. Moins d'ISF, moins d'impôt sur le patrimoine pour les plus aisés C'est à cette conclusion que parvient le nouvel Institut des Politiques Publiques (émanation de l'Ecole d'économie de Paris et du Crest) dans un rapport rendu public ce lundi, Fiscalité et redistribution en France 1997-2012. Taxation accrue sur les revenus www.ipp.eu/