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VIOLENCE ET APPRENTISSAGE

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Violences en cuisine : levons le voile. Il y a d’abord les faits : un apprenti volontairement brûlé sur les bras avec une petite cuillère chauffée à blanc. Un lieu : dans l’un des plus grands restaurants parisiens, le Pré Catelan, riche de ses trois étoiles au guide Michelin. L’auteur : un chef de partie en mal de sensations. Ces actes ne datent pas : ils viennent d’avoir lieu, il y a tout juste quelques jours. Le chef, Frédéric Anton, rapidement averti des faits, n’a pas tardé à réagir. L’apprenti a quitté l’établissement, le coupable a été mis à pied immédiatement, puis évincé de la brigade. La réaction a été prompte et juste. Jusqu’à maintenant de tels actes ne sortaient pas de l’antichambre des cuisines. Si chacun reconnaît que les moeurs évoluent, ces faits récents viennent rappeler avec force qu’ils n’ont pas disparu et que leurs auteurs peuvent être jeunes et déjà riche d’un beau parcours – Vernet, George V, Park Hyatt, Lasserre – pour le chef de partie.

Franck Pinay-Rabaroust / © Kzenon – Fotolia.com. Violence en cuisine, la fin du tabou. Alors que les apprentis sont à l'honneur avec objectif top chef, l'émission de Philippe Etchebest qui prépare top chef 2015, ils font aussi l'actualité d'une autre façon. En effet, les chefs et les acteurs de la restauration ont décidé de dénoncer un tabou dans le monde de la cuisine : celui de la violence faite sur les apprentis cuisiniers. "Touche pas à mon commis ! " A travers des articles, des conférences et un manifeste, plusieurs grands chefs veulent mettre fin à une violence jugée récurrente en cuisine. Entre brûlures, coups de pieds ou même claques, les commis de cuisine sont les victimes régulières des chefs pour lesquels ils exercent.

Il faut "refuser la banalisation des petites violences ordinaires à tendance bizutage ou considérées comme des rites initiatiques", écrit le chef Gérard Cagna dans un manifeste signé par cinq des "meilleurs ouvriers de France", dont le chef des cuisines de l'Elysée, Guillaume Gomez. Actualité: violence apprentis. Salariés maltraités dans les restaurants : "Le chef m'appelait 'le chien' et aboyait pour s'adresser à moi"

Par Kocila Makdeche Mis à jour le , publié le "Ça a commencé par des insultes, puis des coups de torchon et il a fini par me frapper. " Franziska, 19 ans, suit une formation d'hôtellerie dans les cuisines d'un restaurant étoilé des beaux quartiers de Paris. Pendant six mois, elle subit les humiliations quotidiennes de son chef de partie.

Peu à peu, viennent les coups. Face à une violence qu'ils jugent récurrente dans les cuisines des restaurants, plusieurs chefs français ont décidé d'interpeller leurs pairs dans un manifeste. Franck Pinay-Rabaroust, rédacteur en chef d'Atabula, a décidé de lever le couvercle sur les mauvais traitements secrètement administrés dans les cuisines des restaurants. Pour le rédacteur en chef, cette maltraitance s'explique par le côté "très jeune et très masculin" du milieu, qui emprunte son vocabulaire à l'armée. C'était le cas du tortionnaire de Franziska. Camille*, 28 ans, n'a jamais osé aller devant la justice. Le calvaire dure cinq mois. Cauchemar en cuisine pour les commis. Europe 1Fabienne Cosnay et Eve Roger Petites violences ordinaires.

"Touche pas à mon commis! " Face à une violence qu'ils jugent récurrente dans les cuisines de restaurant, plusieurs chefs français ont décidé d'interpeller leurs pairs pour "lever l'omerta" et s'élever contre des actes "indignes de la profession". Coups de pied, coups d'ustensiles, brûlures ... Il faut "refuser la banalisation des petites violences ordinaires à tendance bizutage" ou considérées "comme des rites initiatiques", écrit le chef Gérard Cagna dans un manifeste signé par cinq "meilleurs ouvriers de France", dont le chef des cuisines de l'Elysée, Guillaume Gomez. S'il estime que ces pratiques sont le fait d'une minorité, Gérard Cagna, qui a cédé en 2005 son restaurant à ses enfants et rendu ses deux étoiles au Michelin, appelle l'"ensemble des grands chefs français à s'élever solennellement contre la violence" en rejoignant le manifeste.

Un incident au pré Catelan. "J'ai pleuré comme un gamin". Les chefs se mobilisent contre les violences en cuisine. "Touche pas à mon commis! " Face à une violence qu'ils jugent récurrente dans les cuisines de restaurant, plusieurs chefs français ont décidé d'interpeller leurs pairs pour "lever l'omerta" sur des actes "indignes de la profession". Coups de pied, coups d'ustensiles, brûlures... Il faut "refuser la banalisation des petites violences ordinaires à tendance bizutage" ou considérées "comme des rites initiatiques", écrit le chef Gérard Cagna dans un manifeste signé par cinq "meilleurs ouvriers de France", dont le chef des cuisines de l'Elysée, Guillaume Gomez.

S'il estime que ces pratiques sont le fait d'une minorité, Gérard Cagna, qui a cédé en 2005 son restaurant à ses enfants et rendu ses deux étoiles au Michelin, appelle l'ensemble des "grands chefs français à s'élever solennellement contre la violence" en rejoignant le manifeste. "Aujourd'hui, la profession a besoin d'une vraie éthique en la matière", dit-il. Un milieu "masculin, très jeune" Avec. Violence en cuisine: une conférence pour protéger les commis | www.francesoir.fr.

C'est un sujet dont on ne parle pas, ou très peu. Pourtant la violence en cuisine existe. Bizutage, coups, harcèlement sexuel, machisme, racisme, menaces sont autant de violences dont sont parfois victimes les jeunes cuisiniers. Pour lever le voile sur ce thème, le guide de restaurants "Fooding", organise ce lundi une grande conférence sur le thème des violences en cuisine, en collaboration avec le site d'information Atabula, dédié à l'univers de la gastronomie. Face à une violence qu'ils jugent (un peu trop) récurrente dans les cuisines des restaurants, plusieurs chefs français ont décidé de lever 'l'omerta" dans les locaux de Sciences Po à Paris (7e arrondissement). Parmi les intervenants, des chefs de renom (Cyril Lignac, Adeline Grattard, Grégory Marchand, Ludo Lefebvre, etc.) seront présents pour alimenter le débat sur ce sujet.

Rendez-vous dès 19 h 15, dans l'amphithéâtre Chapsal de Sciences Po (Paris, 7e arr.). Violences en cuisine. Des chefs s'insurgent et protègent leurs commis.