Michel Serres contre Alain Finkielkraut. Résumé Invité de l'émission Répliques, Michel Serres a defendu la modernité d'internet contre le pessimisme d'Alain Finkielkraut.
Serres est peut-être un peu trop optimiste face aux inquiétudes de son hôte dont les erreurs me paraissent relever d'une incompétence tant sociologique que culturelle. J'aurais tendance à être moins indulgent. Le match a eu lieu ce samedi 8 décembre 2012, sur France culture, dans l'émission « Répliques » ayant pour titre « L'école dans le monde qui vient ». Mais bizarrement, le débat s'est plutôt centré sur Internet et les nouvelles technologies, qui sont le cauchemar de Finkielkraut. Michel Serres a développé une intéressante théorie qui demande de prendre conscience du rapport à la mémorisation dans les ruptures que sont le passage de l'oral à l'écrit, de l'écrit rare au livre reproductible, du livre à Internet. Serres n'a pas vraiment répondu à l'inquiétude de Finkielkraut qui concerne plutôt la baisse de niveau. Voir aussi: Petite Poucette : la douteuse fable de Michel Serres.
Philippe Lévy - Sainte Marie aux mines (2007) Depuis un an, le petit livre de M.
Serres, Petite poucette[1], fait partie des essais les plus vendus en librairie et les plus relayés dans les medias, où son auteur est très régulièrement invité. Dans cet opuscule, issu d’un discours prononcé à l’Académie française, Serres porte un regard résolument optimiste sur le monde numérique et sur les nouvelles générations qui le portent – les petit(e)s poucet(te)s du titre -, promises selon l’auteur à une libération sans précédent, cognitive et politique, grâce aux vertus d’un monde numérisé et librement connecté.
M. Serres commence par souligner l’ampleur des multiples transformations de ces dernières décennies. Nous nous contenterons dans cet article de discuter le livre de M. Petite Poucette tient-elle vraiment sa tête entre ses mains ? Mais selon nous M. L’éducation se résume-t-elle à donner accès à des informations ? Et c’est pourquoi la perspective « illitchienne » de M. Julien Gautier [2]A. Petite Poucette, la génération mutante. Michel Serres, diplômé de l’Ecole navale et de Normale Sup, a visité le monde avant de l’expliquer à des générations d’étudiants.
Historien des sciences et agrégé de philosophie, ancien compagnon de Michel Foucault, avec qui il a créé le Centre universitaire expérimental de Vincennes en 1968, il a suivi René Girard aux Etats-Unis, où il enseigne toujours, à plus de 80 ans. Ce prof baroudeur, académicien pas tout à fait comme les autres, scrute les transformations du monde et des hommes de son œil bleu et bienveillant. Son sujet de prédilection : la jeune génération, qui grandit dans un monde bouleversé, en proie à des changements comparables à ceux de la fin de l’Antiquité.
La planète change, ils changent aussi, ont tout à réinventer. «Soyons indulgents avec eux, ce sont des mutants», implore Michel Serres, par ailleurs sévère sur sa génération et la suivante, qui laisseront les sociétés occidentales en friche. Vous annoncez qu’un «nouvel humain» est né.