Philosophie analytique. L'expression « philosophie analytique » désigne un mouvement philosophique qui se fonda dans un premier temps sur la nouvelle logique contemporaine, issue des travaux de Gottlob Frege et Bertrand Russell à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, pour éclairer les grandes questions philosophiques. Sa démarche s'appuie sur une analyse logique du langage cherchant à mettre en évidence les erreurs de raisonnement que celui-ci peut induire et faisant ainsi de la « clarification logique des pensées » le but de la philosophie selon le mot de Ludwig Wittgenstein dans le célèbre Tractatus logico-philosophicus[1]. La philosophie de type analytique est pratiquée majoritairement dans le monde anglophone, et de plus en plus dans les pays germanophones ; elle reste cependant assez peu présente en France et n'a jamais été dominante en Europe en général, au point qu'on oppose encore à la philosophie analytique l'expression philosophie continentale, pour qualifier l'autre grand courant.
Articles. Introduction à la philosophie analytique. PHILOSOPHIE ANALYTIQUE. Des philosophes se sont dits et se disent encore analystes, à Cambridge, Lwow, Varsovie, Vienne, Prague, Oxford, Pittsburgh, Princeton... Avec l'appellation, ils ont en commun l'idée qu'un certain type d'analyse est philosophique, voire que la philosophie est analyse. Les maîtres mots : « phrase », « proposition », « signification », soulignent aussitôt le caractère linguistique de l'entreprise. On ne la confondra donc pas avec la résolution d'un concept à l'aide de jugements analytiques, ou avec l'analyse transcendantale de Kant, ou encore avec l'analyse philosophique de Lagneau.
Traditionnellement, les philosophes ne s'accordent ni sur la nature de leurs problèmes, ni sur le genre de solutions qui leur convient, ni sur le type de preuve qui caractérise leur argumentation. Le plus clair résultat de la « révolution » analytique, comme on a appelé la réaction anglaise à quelque cinquante années d'hégélianisme, aurait été de réduire un peu et pour un temps l'ampleur du désaccord. Philosophie analytique et histoire de la philosophie: actes du colloque ... - Jean-Michel Vienne. La difficile réception de la philosophie analytique en France. La logique institutionnelle et disciplinaire Le premier de ces obstacles relève de la logique disciplinaire et institutionnelle de la philosophie ; le point de départ de cette analyse nous est fourni par Immanuel Wallerstein dans son intervention au XIVth World Congress of Sociology, qui s’est déroulé à Montréal en 1998.
Immanuel Wallertsein propose une définition à la fois très claire et très complète de ce qu’est une discipline et indique par là même les im-plications multiples d’une logique disciplinaire. Il écrit ainsi [18] Wallerstein, 1998, 1. « We divide and bound knowledge... [18] : « Nous divisons et délimitons la connaissance de trois manières différentes : comme des disciplines d’un point de vue intellectuel ; comme des structures corporatistes d’un point de vue orga-nisationnel ; comme des communautés de savants partageant certaines prémisses élé-mentaires d’un point de vue culturel. H. J. Glock, Qu'est-ce que la philosophie analytique?