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Affaires, scandales...

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Cahuzac : "J'ai été pris dans la spirale du mensonge, je suis dévasté par le remords" Affaire Cahuzac : François Hollande était-il "parfaitement informé" ? Partager Pierre Moscovici contre-attaque. Le ministre de l'Economie a adressé un courrier à Charles de Courson, le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac. Courrier révélé vendredi 19 juillet par Le Monde. "Votre comportement montre que, loin de chercher à établir une vérité de façon impartiale, vous tentez de donner chair à une thèse politique, développée avant même le début de votre enquête.

" Cette lettre traduit l'exaspération de la gauche à l'égard du député UDI à la tête de la commission chargée de faire la lumière sur l'action du gouvernement et des services de l'Etat dans cette affaire. Depuis plusieurs jours en effet, Charles de Courson répète à l'envi que François Hollande "savait". La formule, séduisante, fait florès dans les médias, car elle suggère une indulgence coupable du président à l'égard des agissements de l'ancien ministre du Budget. L'enregistrement audio non authentifié L'Elysée choisit de temporiser. L'enquête de Mediapart. La déflagration Cahuzac. Jérôme Cahuzac a craqué, il a fini par avouer que Médiapart avait raison, qu'il avait bien des comptes à l'étranger en Suisse et à Singapour, sur lesquels il y a autour de 600 000 euros.

Politiquement, c'est un désastre. Pour le gouvernement et le Parti socialiste, bien entendu, mais aussi pour l'ensemble de la classe politique et enfin et surtout, pour l'ensemble de la presse et des médias. Désastre pour le gouvernement, la classe politique et les médias car ils ont fait bloc autour de Cahuzac. Les socialistes l'ont défendu, l'opposition ne l'a pas attaqué, les médias ont étouffé l'affaire, ne reprenant les affirmations de Médiapart que pour les mettre en doute et passer complaisamment la parole à Cahuzac pour qu'il puisse dérouler sa défense, sans le questionner.

Le summum a été cet article dans le JDD, qui sent à plein nez le contre-feux monté par une boite de relations publiques, repris texto par des personnes qui ne méritent pas la qualité de journaliste. Cahuzac ou le symptôme du laxisme fiscal. Les politiques sont tous pourris ? Non, en revanche il y a quelque chose de pourri chez tous les fraudeurs fiscaux. La nuance est de taille. Après avoir menti avec conviction à l'assemblée et avoir menacé sur Twitter ceux relayant les "fausses informations" de Mediapart, Jerôme Cahuzac, ministre du Budget il y a encore trois semaines, avoue enfin avoir fraudé le fisc français. Je n'appréciais pas spécialement Cahuzac, mais j'espérais pour le pays qu'il soit innocent.

Mais Positivons. 1 / A la rentrée prochaine Jean-Michel Aphatie sera, peut-être (enfin ça se passerait comme ça dans un pays médiatiquement sain), envoyé à la présentation du télé-achat nocturne sur TV8 Mont-Blanc et ne plus palper un salaire à cinq chiffres pour cracher sur les journalistes qui font leur boulot, le tout sous les applaudissements. 2 / C'est l'opportunité idéale pour reparler de ce sport national du bourgeois qu'est la fraude fiscale et d'enfin y remédier. Pour sortir de l'argent, encore faut-il en avoir. Ayrault a écrit à Cahuzac pour qu'il renonce à ses indemnités d'ex-ministre. Après Cahuzac: fraude fiscale... ou évasion fiscale, tous des menteurs ? Depuis le début de la Grande Crise, en septembre 2008, on a tout entendu sur la chasse à l'impôt perdu et notamment la lutte contre la fraude fiscale. Depuis quelques heures et la déflagration Cahuzac, un autre story-telling tente de s'imposer dans l'éditocratie officielle.

Petit rappel, qui enrage. De la fraude fiscale... Le premier discours de Nicolas Sarkozy, dix longs jours après l'effondrement de la banque Lehman Brothers, comprend déjà de larges chapitres sur la moralisation du capitalisme financier (sic!) Et, notamment, la suppression des paradis fiscaux. Ce sera un leit-motiv de la suite de son quinquennat, comme un hochet agité sur toutes les tribunes internationales pour mieux divertir l'opinion. La lutte contre la fraude fiscale devenait une "priorité" d'affichage. La même équipe mélangea aussi la lutte contre la fraude qualifiée de "sociale". Sur la fraude fiscale, les estimations ne manquent pas. Les paradis sont toujours là. Mais la parade fut vite trouvée. Lire aussi: