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SOCIÉTÉ - L'ACTA pour les nuls !

INTERNET • Que l'Inde ne suive pas l'exemple chinois ! Le 6 février, Google et Facebook ont retiré du réseau indien des contenus jugés offensants. Avec 19 autres entreprises d'Internet, ils font face à la justice indienne, qui pourrait les déclarer responsables de ce qui est posté sur leurs sites. Pour cet éditorialiste, cette affaire marque un tournant inquiétant pris par le pays. Ce n'est pas seulement l'histoire d'un Indien fâché contre Google et Facebook. En Inde, c'est la liberté sur Internet qui passe en jugement. La censure grossière dont a été victime Salman Rushdie – avec l'appui des autorités – lors du Salon du livre de Jaipur à la fin de mois de janvier, a fait les titres des journaux. Au même moment pourtant, la liberté d'expression était la cible d'une autre attaque bien plus grave, mais plus discrète. Rai a écumé le web à la recherche de contenus obscènes et offensants. Il a agi "dans l'intérêt du public et en tant que personne affectée et ayant foi dans l'Inde séculaire".

« Le Consentement des connectés » : un livre pour la liberté sur Internet Couverture du livre de Rebecca MacKinnon Comment garantir un développement d’Internet qui soit compatible avec la démocratie ? Compte tenu de l’élan puissant apporté par les médias sociaux aux récentes révolutions survenues au Moyen-Orient et dans d’autres régions du monde, comment peut-on s’assurer que ces mêmes outils ne soient pas utilisés pour la censure et la surveillance pour le compte des gouvernements (souvent rendues possible par l’assistance apportée par les entreprises technologiques occidentales) ? Ces questions constituent le cadre général de la discussion conduite dans Consent of the Networked : The Worldwide Struggle For Internet Freedom, le dernier livre écrit par Rebecca MacKinnon, co-fondatrice de Global Voices, un site à l’écoute des réseau sociaux du monde entier, partenaire de Rue89. Organisé autour de cinq thématiques (Perturbations ; Contrôle 2.0 ; Les défis de la démocratie ; Les souverains du cyberespace ; Que faire ?) C’est une lutte qui nous concerne tous.

Des dizaines de milliers de manifestants européens opposés à l'ACTA La plupart du temps jeunes, portant parfois le masque blanc et noir au sourire sarcastique de Guy Fawkes --activiste britannique du 17ème siècle-- devenu l'emblème des cyberactivistes, les anti-ACTA ont défilé dans le calme dans les grandes villes européennes. En Allemagne, alors que les températures oscillaient entre -20 et 0 degrés, malgré le soleil, ils étaient 16 000 manifestants à Munich, 10 000 à Berlin, 5000 à Hambourg (nord), 4000 à Dortmund (ouest), 3000 à Francfort (centre), 3000 à Dresde (est), selon les organisateurs et la police. Avait notamment appelé à manifester dans ce pays le jeune parti contestaire des Pirates, qui a le vent en poupe en Allemagne depuis son succès en septembre dernier aux élections régionales de Berlin, où il a fait son entrée au parlement de la ville-Etat. Cette formation originaire de Scandinavie -ils ont deux députés au parlement européen pour la Suède- prône notamment la démocratie directe sur internet.

Bas les masques : qui sont les manifestants anti-Acta ? Manifestation anti-Acta à Paris, le 11 février 2012. (Emilie Brouze/Rue89) Des rangées de Guy Fawkes emmitouflés sous des écharpes et des capuches défilaient ce samedi à Paris. « C’est dur de gueuler avec un masque », lance un manifestant place de la Bastille avant de scander : « Acta, Acta, ça passera pas. » Acta (pour Anti-counterfeiting trade agreement) est le traité qui effraie les défenseurs de libertés sur Internet. Négocié en secret comme un accord commercial, le texte entend renforcer la coopération internationale dans la lutte contre la contrefaçon. Les Anonymous ont appelé à une « protestation mondiale » contre ce traité, contesté sur le fond comme la forme. Anonymous - appel à la manifestation du 11 février 2012 Avec les 22 règles des Anonymous à suivre durant une manifestation. Des jeunes, des geeks, des punks Devant les marches de l’opéra Bastille, cinq garçons en blouson noir, masque blanc et capuche, discutent en arc de cercle. « Je fais partie de la Fédération anarchiste.

L'ACTA est "déséquilibré" selon le président du Parlement européen "Je ne le trouve pas bon dans sa forme actuelle (...). Je ne crois pas qu'on va avancer avec cet accord dans sa forme actuelle", a dit le social-démocrate allemand, le jugeant "déséquilibré". "Déjà en 2010", il a déclaré avoir appelé la Commission européenne à "cesser ses cachoteries. (...) Elle ne l'a pas fait et maintenant elle récolte des critiques", a-t-il ajouté. Les consultations au parlement européen sur ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) doivent commencer le 27 février, a-t-il indiqué. Samedi, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute l'Europe, dont environ 100.000 en Allemagne, pour dénoncer les atteintes à l'internet contenues selon eux dans cet accord. Au Parlement européen, où se jouera la prochaine étape de la bataille autour d'ACTA, le sujet retient de plus en plus l'attention des eurodéputés qui doivent se prononcer sur ce texte, a priori en juin.

Le Portugal a manifesté contre l’ACTA Le 11 février 2012, plus de 200 villes ont participé aux manifestations à travers le monde [en anglais] contre l’ACTA, le projet d'accord multilatéral contre la contrefaçon (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) qui vise à instaurer des standards internationaux pour la protection des droits à la propriété intellectuelle. Au Portugal, ce sont environ 300 personnes qui ont défilé dans les rues de Lisbonne, Porto, Coimbra, Viseu et Braga, répondant aux appels lancés sur Facebook. Kris Haamer a décrit [en anglais] la manifestation de Lisbonne : ‎”ACTA c'est la censure, le retour de la dictature” criait l'assistance, dont beaucoup en masques de Guy Fawkes, à la marche Anti-ACTA au centre de Lisbonne. "ACTA semble un souci marginal au Portugal. A Porto, bien qu'un millier d'internautes aient confirmé sur Facebook leur intention de participer à la manifestation, seules quelques dizaines se sont en fait rassemblés sur l'avenue Aliados Avenue, devant l'Hôtel de Ville. Manifestation à Porto.

Inde : Les sociétés d’Internet se plient aux exigences de la censure indienne [Liens en anglais] L'Inde a accompli un pas de géant… en arrière en exigeant des 20 principales sociétés d'Internet, y compris Google, Facebook, Twitter de présenter leurs plans pour filtrer les contenus “antireligieux” ou “antisociaux” des informations accessibles aux citoyens indiens. Les dirigeants politiques, y compris Sonia Gandhi, Kapil Sibal, ministre des Télécommunications et le Premier ministre indien Manmohan Singh ont porté plainte contre les entreprises du secteur Internet pour exiger l'élimination des contenus “répréhensibles”, selon le gouvernement. Les contenus “répréhensibles” sont définis comme les contenus blasphématoires et les insultes contre la religion, mais la plupart de ces contenus litigieux comprendraient également des critiques ou informations peu flatteuses sur un grand nombre de dirigeants politiques indiens, y compris Sonia Gandhi, selon le blog du Financial Times, beyondbrics. Caricature de Bryant Arnold, sur CartoonADay.com.

Pologne : Le gouvernement signera ACTA malgré la mobilisation des internautes “L'accord Acta ne change en aucun cas les lois polonaises ou les droits des utilisateurs ou les usages d'internet” : en dépit d'une mobilisation massive (en français) et des controverses autour de négociations conduites secrètement, le ministre polonais de l'administration et de la numérisation, Michal Boni, a reconnu après une rencontre avec le Premier ministre Donald Tusk que le gouvernement allait signer l'accord contre le piratage en ligne ACTA le 26 janvier, comme prévu. Dans un entretien avec une station de radio, Boni a déclaré [pl] qu'il était impossible de ne pas signer cet accord, car il était trop tard : la Pologne a rejoint le processus de négociations en 2008 et tous les autres pays européens l'ont déjà ratifié. Il a ajouté que la Pologne “devrait insérer une clause au traité, qui explique comment nous interpréterons ces articles”. Boni avait promis [polonais] une large concertation avec les Polonais durant la ratification du processus au niveau de l'Europe. Mise à jour:

POLOGNE • Contrôler Internet ? Non merci ! C'est dans le plus grand secret que le gouvernement polonais s'apprête à signer, le 26 janvier, l'Accord commercial anticontrefaçon (Acta). Une erreur inacceptable, explique un grand éditorialiste, qui encourage les représailles des hackers d'Anonymous. Quand avez-vous appris l'existence d'Acta ? Pour moi, c'est une raison suffisante pour ne pas dénoncer les hackers qui s'attaquent aux serveurs officiels. Depuis trente ans, la financiarisation dévaste de nouvelles sphères de la vie sociale. On pouvait penser que cette évolution allait accroître l'efficacité. Les partisans d'Acta évoquent le droit des créateurs à être payés, comme si il n'y avait plus aucune autre source de financement de la "propriété intellectuelle". Les défenseurs d'Acta affirment que la situation a changé avec les nouvelles technologies. La convention de l'Acta est inacceptable à plusieurs titres. Au vu des conséquences de la crise, on ne peut pas accepter cette loi.

Portugal : Une proposition de loi sur la copie privée en débat [Liens en portugais ou anglais] L'année 2012 voit l'apparition d’ une série d'acronymes destinés à mettre en place des moyens légaux pour l'application des lois de propriété intellectuelle et combattre la piraterie en ce domaine. Cela va de SOPA et PIPA qui sont des projets de loi américains contre la piraterie en ligne jusqu'à l'ACTA qui est un accord internationale anticontrefaçon. Il existe au Portugal un sigle proche de ces acronymes : le PL 118 ( projet de Loi 118/XII), qui envisage des protections supplémentaires en ce qui concerne la copie privée et le droit d'auteur. Le projet de Loi 118 présenté par le Parti Socialiste le 4 janvier 2012 au Parlement vise à créer de nouvelles taxes sur le prix de vente au public de tout type de support d'enregistrement, reproduction ou stockage, analogique ou digital. Dans la blogosphère, les réactions ne se sont pas fait attendre et sur Twitter le hashtag #PL118 est devenu une vedette. Les origines de PL 118 Comment l'argent est-il distribué ?

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