
L'entreprise de la famille Gattaz, allergique aux impôts français? L’entreprise de la famille du président du Medef, Pierre Gattaz, Radiall, a fortement réduit ces dernières années la part de ses impôts payés en France en pratiquant l’optimisation fiscale tout en augmentant les dividendes, a affirmé mardi le journal l’Humanité dans une enquête. Entre 2010 et 2013, la part des impôts sur les bénéfices payés en France par ce fabricant de composant électroniques très présent à l’étranger, dont le capital est contrôlé à 87% par Pierre Gattaz et sa famille, est passée de 25% à 3%, indique le journal de gauche. «Le groupe ne s’est acquitté que de 202 000 euros en France, sur 6 millions d’euros d’impôts sur les bénéfices payés au total dans le monde» en 2013, écrit l’Humanité dans un article intitulé «Pacte d’irresponsabilité: Comment Pierre Gattaz rétrécit l’impôt et ramasse le pactole».
2002 - IX / Le partage de la valeur ajoutée — Sciences économiques et sociales Ce chapitre résume une étude réalisée pour le Conseil d'orientation des retraites. La part des salaires dans la valeur ajoutée s'est fortement réduite depuis le début des années 1980. Elle est inférieure de 10 points à son point culminant de 1981 (où elle atteignait 67,5 %). L'équilibre entre salaires et profits est complexe à déterminer et il n'existe pas de consensus sur les déterminants de ce partage. En % Sources: OCDE de 1965 à 1995, comptes nationaux base 1995 de 1980 à 2000, prévision OFCE de 2001 à 2010. Une histoire mouvementée de 1960 à 1980 Dans les années 1960, lors de la forte croissance d'après-guerre, (les trente glorieuses) la part des salaires semblait relativement stable. Taux de croissance annuel moyen, en % Sources: OCDE MEI Economic outlook, n° 68, décembre 2000; Dynamic Forces in Capitalist Development, Angus Maddison, 1991. Les années 1970 marquent une rupture forte; la croissance se ralentit nettement. Le partage de la valeur ajoutée avant 1970 Bibliographie :
Quand les entreprises font des profits sur la mort de leurs employés Accepteriez-vous que votre entreprise souscrive une assurance-vie à votre nom, dont elle serait l’unique bénéficiaire en cas de décès, le vôtre en l’occurrence ? C’est ce que les salariés du journal américain The Orange County Register ont vécu cette année, rapporte un article du New York Times, repris par Big Browser. Leur employeur a demandé leur accord pour souscrire une assurance-vie dont il serait le bénéficiaire. Margé les pressions managériales, les salariés, choqués par cette proposition, ont refusé que leur patron puisse faire des profits sur leur mort. Cette initiative n’est pas rare, poursuit le New York Times : des centaines d’entreprises ont déjà franchi le pas. Et touchent le bénéfice de ces assurances, même de nombreuses années après que leurs anciens salariés soient partis en retraite ou aient quitté l’entreprise. Un tiers des 1 000 plus grandes entreprises états-uniennes seraient concernées, explique la société de conseil en ressources humaines Aon Hewitt.
Citation Les riches toujours plus riches... et les pauvres, toujours plus pauvres Nous ne sommes pas tous égaux face à la crise. Jusque-là, rien de nouveau. Sauf que les inégalités de revenus s’aggravent, et dans des proportions inquiétantes. D’un côté, les plus riches voient leurs revenus augmenter… Et pendant ce temps, les plus pauvres s’appauvrissent. «Quant aux classes moyennes, elles décrochent, c’est très net», note Louis Maurin, le directeur de l’Observatoire des inégalités. Les riches, toujours plus riches… Entre 2008 et 2011, le niveau de vie des 10% les plus riches a augmenté de 3,2% (et non 7% comme indiqué précédemment par erreur), passant de 55 850 à 57 645 euros par an. Si on additionne tous les revenus des plus fortunés, il apparaît que «les 10 % les plus riches ont gagné presque 24 milliards d’euros entre 2008 et 2011, la masse de leurs revenus ayant augmenté de 336 à 360 milliards d’euros.» Le graphique ci-dessous est très explicite. Les classes moyennes décrochent Que les riches s’enrichissent année après année, ce n’est pas nouveau.
Banksters dans le monde Capitaliste ! Les grandes banques européennes, bénéficiaires de milliards d'euros de subventions « implicites » Les banques européennes bénéficient d’un « soutien » de 200 à 300 milliards d’euros par an, grâce à la garantie implicite que les États leur fournissent. L’équivalent de 1,5% du PIB européen, et près de deux fois le budget annuel de l’Union européenne. Telle est la conclusion d’une étude réalisée par l’expert financier indépendant Alexander Kloeck, à la demande des eurodéputés écologistes. Cette garantie implicite concerne principalement les banques « mixtes », qui combinent deux types d’activités au sein d’une seule entité juridique : banques de dépôts, elles gèrent l’épargne des particuliers ou des entreprises, et leur octroient des prêts ; banques d’affaires, elles interviennent sur les marchés financiers. En cas de faillite bancaire, les États sont garants « en dernier recours » des dépôts des épargnants. Réformer le secteur bancaire Lire l’étude ici (en anglais). — Photo : Yukiko Matsuoka CC.
La France championne des versements de dividendes en Europe L'Hexagone est le deuxième pays au monde après les États-Unis en termes de dividendes versés au cours du deuxième trimestre, selon l'étude de Henderson Global Investors. Les entreprises françaises ont accordé 40,7 milliards de dollars à leurs actionnaires. En période de crise, la France se serait bien passé de ce trophé: championne européenne des dividendes versés aux actionnaires, au cours du deuxième trimestre, selon l'étude de Henderson Global Investors. Les rémunérations des actionnaires ont en effet augmenté de 30,3 % dans l'Hexagone pour atteindre 40,7 milliards de dollars. A elle seule l'Europe a assuré 2/5ème des versements de dividendes mondiaux au deuxième trimestre soit 153,4 milliards de dollars, en hausse de 18,2%. La France est le pays qui a versé le montant le plus important à ses actionnaires en Europe.
Benjamin Coriat «On vit dans une économie casino» «Cette étude est très impressionnante. Il faut surtout rapporter ces chiffres ébouriffants à l’économie réelle. Ainsi, l’Europe, qui a le taux de croissance le plus faible de la planète et un chômage record, est la région qui distribue à elle seule 40% des dividendes mondiaux à ses actionnaires ! Une progression de 18% par rapport au deuxième trimestre 2013 et de 58% par rapport à celui de 2009. L’Europe agonise économiquement, et la finance, elle, se porte à merveille. «Les banques s’endettent auprès de la BCE à 0,25% et, grâce à leurs placements, elles engrangent des rendements fabuleux. «Hollande et Sapin se traînent aux pieds des entreprises pour qu’elles investissent. «Une solution serait de sortir les grandes entreprises du "pacte de responsabilité" : les ressources publiques seraient mieux utilisées en étant allouées à la recherche, l’éducation ou la santé. Recueilli par Christian Losson
Géopolitique du capitalisme criminel. J-F GAYRAUD Pierre Verluise : Quelle est la part de la criminalité dans la crise financière de 2007-2008 ? Le capitalisme est désormais criminogène Jean-François Gayraud : Pour comprendre ce qui s’est produit en 2008 avec la crise des subprimes, il faut d’abord diagnostiquer le contexte global. Quel est-il ? Le capitalisme s’est profondément ré agencé à partir des années 1980, aux Etats-Unis et ailleurs, à partir d’une doxa néo libérale. Le nouveau visage du capitalisme comporte depuis des dynamiques et des vulnérabilités aux comportements criminels particulièrement fortes. P.V. : Votre approche est innovante, me semble t-il ? Dans le contexte de la mondialisation, le crime est désormais une réalité centrale et non une marge folklorique J. P.V. : Depuis la crise, la régulation a-t-elle vraiment progressé ? J. Il n’y a jamais de « crise financière » stricto sensu ; il n’y a que des crises politiques. Les modifications apportées ne relèvent pas du changement de cap. J. J. Plus
Quand les actionnaires accaparent 60% des bénéfices des entreprises L’équivalent de 60% de leurs bénéfices : c’est ce qu’ont versé à leurs actionnaires les 47 grandes entreprises françaises cotées en bourse que nous avons étudiées. Alors même que les suppressions de postes se multiplient et que l’investissement est en berne, plusieurs grands groupes hexagonaux continuent de redistribuer une proportion considérable de leurs profits aux actionnaires – y compris lorsque ces profits sont faibles voire inexistants. Notre enquête sur ce « coût du capital » révèle également que l’Etat est un actionnaire aussi gourmand que les autres. Les actionnaires nuisent-ils à la « compétitivité » de leur entreprise ? Combien coûte la rémunération du capital pour les entreprises cotées ?
Coût du capital, la question qui change tout, par Laurent Cordonnier Il serait sans doute passionnant de refaire le trajet d’ivrogne, tortueux et chaloupant, parcourant toute l’Europe, qui a finalement abouti à ramener tous nos maux à des questions de compétitivité et, de proche en proche, à des problèmes de coût du travail. Oubliés la crise des subprime, la crise de liquidité bancaire, les gigantesques dépréciations d’actifs, l’effondrement du crédit, la tétanie de la demande, la transformation des dettes privées en dettes publiques, les politiques d’austérité. Comme nous l’avait bien expliqué dès 2010 M. Ulrich Wilhelm, alors porte-parole du gouvernement allemand, « la solution pour corriger les déséquilibres [commerciaux] dans la zone euro et stabiliser les finances publiques réside dans l’augmentation de la compétitivité de l’Europe dans son entier (1) ». Quand on tient une explication, il faut savoir la défendre contre vents et marées, y compris ceux de la rigueur arithmétique. Et si l’âne se mettait à ruer ?