
Starhawk : la lutte est belle ! - Lou et les feuilles volantes « Dédicacé à celles et ceux qui partout s'insurgent, provoquent des troubles, provoquent la paix, jardinent et combattent les incendies. », Starhawk. Seattle, 1999, sommet de l'OMC. Washington, 2000, réunion du FMI et de la Banque Mondiale. Prague, 2000, réunion du FMI et de la Banque Mondiale. « Mais plus que tout, nous devons clarifier notre vision du monde que nous voulons créer afin d'être en mesure de mobiliser les espoirs et les désirs des personnes autant que leur colère. Anarchiste, féministe, écologiste, sorcière néo-païenne, Starhawk milite et manifeste depuis les années 1960. La publication de ces chroniques par « Sorcières » en mai n'est pas une coïncidence — impossible, évidemment, de ne pas faire le lien avec les mouvements actuels et la brutalité de la répression étatique qui a suivi les attentats du 13 novembre en France : répression des manifestations pour la justice climatique lors COP 21, répression encore (et accrue) de la lutte contre la loi Travaille !
Femmes, magie et politique, de Starhawk En Europe, certains connaissent Starhawk, la sorcière néopaïenne de San Francisco, pour l’avoir croisée lors des rassemblements de Seattle, de Gênes ou de Québec. Femmes, magie et politique, qu’ont publié ce printemps les Empêcheurs de penser en rond, est son premier livre traduit en français. Il date de 1982 - elle avait alors trente ans -, mais les enjeux qu’il définit, élaborés dans le contexte du reaganisme triomphant et de ce que l’on apercevait de l’évolution globale du monde à cette époque, collent parfaitement aujourd’hui. Pourquoi « sorcière » ? « La fumée des sorcières brûlées est encore dans nos narines ; elle nous intime avant tout de nous considérer comme des entités séparées, isolées, en compétition, aliénées, impuissantes et seules » Pour Starhawk, « le passé vit dans le présent », et cette histoire d’expropriation et de répression se poursuit jusqu’à aujourd’hui : « Nous pouvons lire dans nos journaux les mêmes accusations contre la fainéantise des pauvres. Mona Chollet
Le mythe des hommes battus Dans le Guide d’autodéfense intellectuel contre le masculinisme le mythe des « hommes battus » est largement démonté et critiqué, et la violence des femmes est replacée dans un cadre d’analyse féministe. Face à l’audience médiatique des campagnes [6] masculinistes et la popularité de leurs arguments, il nous semble nécessaire de renforcer nos stratégies d’argumentation face aux défenseurs des privilèges masculins. L’argument selon lequel il existerait des hommes battus, mais dans des proportions statistiques bien inférieures au nombre de femmes victimes de violences, nous paraît insuffisant, et laisserait entendre que l’on peut parler de violences conjugales exercées par des femmes sur des hommes. Nous voulons avancer l’idée que les hommes ne sont pas, en tant que groupe social, victimes de violences dans le couple hétérosexuel, de la part des femmes, en tant que groupe social. Actualité médiatique : un tabou qui fait du bruit Deux hypothèses. Les bénéfices du mythe
Petite liste de termes et insultes oppressives… Et comment mieux faire ! | Tout est son contraire Bonjour bonjour ! Aujourd’hui, pour changer, on va parler insultes et jurons oppressifs ! De nombreuses personnes sont choquées d’apprendre que certains termes communément employés sont oppressifs. Rien d’étonnant à cela : puisque nous vivons dans une société qui a toujours considéré certaines personnes comme inférieures aux autres, il est logique qu’un lien établit entre une personne et un.e opprimé.e équivaudrait à une insulte pour la personne non opprimée. Toutefois, ce n’est pas parce que des centaines de personnes utilisent ces termes chaque jour que cela ne constitue pas un manque de respect pour les personnes concernées. Vous avez le droit d’être en colère contre quelque chose ou quelqu’un, mais vous n’avez aucune excuse pour utiliser des propos insultants envers des gens qui ne vous ont rien demandé.Quoi ? ☼ Insultes et Jurons Oppressif : Putophobes : – Putain – Pute – Fil.le.s de pute – Bordel – Pétasse – Catin ☼ Non oppressif : – Bouffon.ne ! J'aime : J'aime chargement…
Il faut à tout ce monde un grand coup de fouet. Mouvements sociaux et crise politique dans l’Europe médiévale Il faut à tout ce monde endurer un grand coup de fouet. Un tel tapage s’annonce que les impies se verront jetés à bas de leurs sièges, et les humbles s’élèveront. Thomas Müntzer, 1524. Certes, après ces siècles de luttes, il est clair que l’exploitation reste présente, que c’est surtout sa forme qui a changé : le sur-travail extrait par les maîtres d’aujourd’hui, ici et là, n’est peut-être pas dans un rapport inférieur au travail total que celui que retiraient ceux d’hier. Pierre Dockès, Libération médiévale, 1979, p. 7. Introduction Une histoire des femmes et de la reproduction au cours de la « transition vers le capitalisme » doit débuter par les luttes que le prolétariat de l’Europe médiévale (petits paysans, artisans, journaliers) mena contre le pouvoir féodal sous toutes ses formes. Il faut également revenir sur les luttes sociales du Moyen Âge parce qu’elles écrivirent un nouveau chapitre dans l’histoire de l’émancipation. Le servage comme rapport de classe La lutte sur les communaux
Le harem et l'Occident, de Fatema Mernissi The Good Body, d'Eve Ensler En interrogeant les Européens sur la vision fantasmatique qu’ils se faisaient du harem, la Marocaine Fatema Mernissi - elle-même née dans un harem bien réel - a été intriguée de constater que les fantasmes sexuels des hommes occidentaux étaient souvent peuplés de femmes muettes, passives, et qu’ils considéraient l’échange intellectuel comme un obstacle au plaisir. Dans sa propre tradition culturelle, explique-t-elle dans Le harem et l’Occident , les femmes, au contraire, sont réprimées en connaissance de cause, parce qu’on leur reconnaît la possibilité d’être des égales, et que leur intelligence suscite à la fois crainte et attirance. Au terme d’une enquête lumineuse, elle formule cette hypothèse : les Orientales subissent un enfermement spatial, alors que les Occidentales, elles, sont enfermées dans une image à laquelle on les somme de correspondre : ce qu’elle baptise le « harem de la taille 38 ». [Analyse reprise et prolongée dans Beauté fatale. Mona Chollet
“Lutter avec un cœur de femme. Situation et participation des femmes au Chiapas (1995-2015)” @Sipaz Le SIPAZ (Service international pour la paix) a organisé un événement pour fêter ses 20 ans de travail au Mexique. C’était un moment opportun pour réfléchir sur et rassembler les enseignements tirés de ces deux décennies d’accompagnement de groupes et de villages organisés qui luttent au service de la terre, du territoire, de la justice, de la paix et la vérité. Panel de présentation du livre “ Lutter avec un cœur de femme”, novembre 2015 © SIPAZ Nous pensons que les bonnes réponses comme les erreurs commises en deux décennies de cheminement peuvent servir à d’autres groupes. Des changements opérés depuis l’intérieur Pour ce livre, nous avons eu la chance d’interviewer plus de 70 femmes (re)liées d’une façon ou d’une autre à un groupe, un collectif, une coopérative, un mouvement social, une association civile ou une université. “Change ta façon de voir les choses, et les choses changeront” Lutter ensemble, hommes et femmes Des leçons tirées des bonnes expériences comme des mauvaises
Ethnocentrisme occidental et perceptions du harem 1En 1980, lors de la conférence de la National Women’s Studies Association qui s’est tenue à Bloomington, Indiana, j’ai assisté à une présentation sur « Les femmes dans l’islam » au cours de laquelle je suis intervenue vivement, depuis ma place dans le public, car les intervenantes invitées, trois femmes arabes, présentaient, selon moi un tableau idéalisé de la situation des femmes dans l’islam. Les sociétés islamiques se distinguaient peut-être même plutôt – c’est en tout cas ce que je pensais à l’époque – par le fait qu’elles plaçaient sans équivoque les femmes sous le contrôle des hommes et par le fait qu’elles accordaient aux hommes, de façon tout aussi explicite, le droit à une sexualité et le droit d’exploiter les femmes. Comme le soutenaient les intervenantes, à son avènement l’islam avait apporté un certain nombre de progrès positifs pour les femmes en Arabie. 2Mais cela se passait il y a plus de deux ans et avant que je ne vive en Amérique. 4 Ibid. (1 : 162-63).
La science-fiction féministe est le meilleur genre littéraire de tous les temps Je ne sais pas si vous êtes une fille et si vous aimez la science-fiction, mais si c'est le cas, lisez L'Autre Moitié de l'homme. Ce roman de science-fiction, écrit par la défunte Joanna Russ en 1970, se déroule dans quatre mondes habités par quatre différentes femmes partageant le même génotype et dont les noms commencent tous par la lettre J. Il y a Jeannine Dadier, qui vit en 1969 dans une Amérique qui ne s'est jamais remise de la Grande Dépression ; Joanna, toujours en 1969, mais dans une Amérique normale ; Janet Evason, une créature amazone vivant dans un monde nommé Lointemps et uniquement peuplé de femmes ; et Alice Reasoner, ou « Jael », une chef de guerre dans un futur où les hommes et les femmes s'envoient des bombes nucléaires depuis des décennies. L'Autre Moitié de l'homme est l'un des nombreux merveilleux romans de science-fiction provocateurs et non-linéaires qui ont émergé aux côtés de la seconde vague de féminisme des années 1960 et 1970. C'est son rôle. Alice B.
La pilule du féminisme – Entrez dans la matrice | Les Dégenreuses J’ai avalé la pilule du féminisme. Cette expression, on l’entend souvent de la part des féministes, ou – si vous préférez – dans la bouche de celles et ceux qui se sont rendus compte. Une métaphore bien trouvée et dans laquelle on peut lire une référence à la pilule contraceptive, cette pastille journalière pour laquelle les féministes se sont battu·e·s et ont vaincu. Mais pas seulement. Entrez dans la matrice. Le webcomic Sinfest du nippo-américain Tastuya Ishida illustre parfaitement ce processus dans sa série The Sisterhood (qui commence ici). La Sororité. La pilule rouge… – Pop. Mon Dieu. Et le sexisme, soudain, est partout. Dans la bouche du présentateur d’une éternelle émission matinale quand, à l’annonce d’une chronique sur un triolet de nouveaux talents féminins, demande immédiatement si elles sont jolies – ce sont des artistes, c’est leur voix et leur talent qui nous intéresse. Partout, en permanence. J’ai avalé la pilule du féminisme. « Let me tell you why you’re here. J'aime :