
Une politique de l'hérésie On observe une sorte de constance dans votre travail : un effort de lecture politique des sciences, un intérêt pour les « hérétiques » contre les autorités du savoir... Cette constance, la revendiquez-vous ? C’est sans doute un effet d’obstination. À l’époque, j’ignorais encore que j’avais bifurqué vers la philosophie, après la fin de mes études de chimie, pour des raisons qui étaient également politiques. C’est donc plus tard que j’ai vu qu’il y avait aussi là une question politique : la notion de « discipline » est liée à la structuration des communautés scientifiques. Dans ma trajectoire, tout s’est donc un peu passé au jugé. N’y a-t-il pas toutefois un moment où cette obstination devient un projet - inciter les sciences, en particulier celles que l’on dit « dures », à la douceur, leur interdire la disqualification, aussi bien entre elles que face au citoyen ? Il y a eu pour moi deux événements importants. L’autre événement a été la rédaction de Drogues. Lesquelles ? Pas du tout.
Les putains du Diable. Procès des sorcières et construction de l’État moderne | Armelle Le Bras-Chopard – Droit & Société Armelle Le Bras-Chopard, Les putains du Diable. Procès des sorcières et construction de l’État moderne, Paris : Dalloz, 2016, 248 p. Compte rendu par Janine Mossuz-Lavau (Centre de recherches politiques de Sciences Po [CEVIPOF], CNRS). Nombre d’auteurs se sont intéressés aux sorcières mais, pour la première fois, les mauvais traitements qu’on leur a infligés sont mis en relation avec l’avènement d’un nouvel État, l’État moderne, construisant sa souveraineté et voulant pour cela remettre à leur place des femmes susceptibles de détenir trop de pouvoir. Armelle Le Bras-Chopard inscrit donc, avec rigueur et fermeté, cette histoire des sorcières, persécutées en Europe du XVe siècle à la fin du XVIIe, dans une histoire plus longue se développant jusqu’au XXe siècle. Elle nous entraîne dans les méandres de la démonologie, cette doctrine sur les démons, construite par les inquisiteurs et magistrats laïques en charge des versions écrites des procès intentés à ces femmes.
Starhawk : la lutte est belle ! - Lou et les feuilles volantes « Dédicacé à celles et ceux qui partout s'insurgent, provoquent des troubles, provoquent la paix, jardinent et combattent les incendies. », Starhawk. Seattle, 1999, sommet de l'OMC. Washington, 2000, réunion du FMI et de la Banque Mondiale. Prague, 2000, réunion du FMI et de la Banque Mondiale. « Mais plus que tout, nous devons clarifier notre vision du monde que nous voulons créer afin d'être en mesure de mobiliser les espoirs et les désirs des personnes autant que leur colère. Anarchiste, féministe, écologiste, sorcière néo-païenne, Starhawk milite et manifeste depuis les années 1960. La publication de ces chroniques par « Sorcières » en mai n'est pas une coïncidence — impossible, évidemment, de ne pas faire le lien avec les mouvements actuels et la brutalité de la répression étatique qui a suivi les attentats du 13 novembre en France : répression des manifestations pour la justice climatique lors COP 21, répression encore (et accrue) de la lutte contre la loi Travaille !
Simonæ | Expliquez-moi l’écoféminisme (TB synthèse, article) Origines et idées principales Le mot « écoféminisme » vient de la contraction des termes « écologie » et « féminisme ». Il est apparu pour la première fois en 1974 dans l’ouvrage de Françoise d’Eaubonne Le Féminisme ou la mort. Son ouvrage provoqua dérision et critiques, notamment celle d’avoir accolé deux concepts modernes qui n’avaient rien en commun. L’idée de base de l’écoféminisme est qu’il existe des relations entre exploitation de l’environnement par les humain·es et oppression des femmes par les hommes. L’idée de base de l’écoféminisme est qu’il existe des relations entre exploitation de l’environnement par les humain·es et oppression des femmes par les hommes. Deux des textes fondateurs de l’écoféminisme sont ceux de Susan Griffin, Woman and Nature (1978) et Carolyn Merchant, The Death of Nature (1980). Reclaim – revendiquer, se réapproprier – est un mot important dans les textes écoféministes. Quatre mouvements de protestation écoféministe emblématiques (1970-1990)
Mona Chollet : “La sorcière est un condensé de tout ce qui dérange chez les femmes” Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Merci, et à bientôt. S’abonner
La chasse aux sorcières n'est pas le fait du Moyen Âge... On associe souvent les sorcières à l'époque médiévale... à tort. Face cachée de la Renaissance, c'est pendant cette révolution considérée comme humaniste, rationnelle et éclairée que la chasse aux sorcières fait rage ! Comme s'il fallait "tuer la femme" pour créer "l'homme moderne"... « Les sorcières ne sont pas l'affaire du Moyen Âge mais de l'époque moderne. » Voici ce que glissait Michel Pastoureau, grand historien français des couleurs, des emblèmes et des animaux, dans une émission consacrée à la peur du loup. Des mots qui nous rappellent qu'il y a quelques semaines à peine, Mona Chollet, invitée pour son ouvrage Sorcières, la puissance invaincue des femmes aux éditions La Découverte énonçait également que ce n'est véritablement que sous la Renaissance que la chasse aux sorcières eu réellement lieu. Les sages-femmes et les guérisseuses en ligne de mire Pour comprendre pourquoi autant de femmes furent persécutées en Europe, il faut revenir à l'identité de ces « sorcières ».
Le mythe des hommes battus Dans le Guide d’autodéfense intellectuel contre le masculinisme le mythe des « hommes battus » est largement démonté et critiqué, et la violence des femmes est replacée dans un cadre d’analyse féministe. Face à l’audience médiatique des campagnes [6] masculinistes et la popularité de leurs arguments, il nous semble nécessaire de renforcer nos stratégies d’argumentation face aux défenseurs des privilèges masculins. L’argument selon lequel il existerait des hommes battus, mais dans des proportions statistiques bien inférieures au nombre de femmes victimes de violences, nous paraît insuffisant, et laisserait entendre que l’on peut parler de violences conjugales exercées par des femmes sur des hommes. Nous voulons avancer l’idée que les hommes ne sont pas, en tant que groupe social, victimes de violences dans le couple hétérosexuel, de la part des femmes, en tant que groupe social. Actualité médiatique : un tabou qui fait du bruit Deux hypothèses. Les bénéfices du mythe
Rêver l’obscur et les Chroniques altermondialistes de Starhawk Qui n’a un jour médité sur les dieux enfuis d’Hölderlin et le désenchantement du monde ? Pour y répondre en nos temps écologiques et théologiques si sombres, il n’y a pas que des dieux, enfuis, revenants ou à venir. Il y a aussi la Grande Déesse. Starhawk, sorcière néo-païenne américaine, se veut l’une de ses prêtresses. Les lecteurs francophones commencent à la découvrir. Starhawk, Rêver l’obscur. Starhawk, Chroniques altermondialistes. Starhawk est née à San Francisco en 1951. En 1982, juste après avoir combattu, avec l’ensemble de l’Alliance Abalone, la mise en marche de la centrale nucléaire de Diablo Canyon, elle écrit Dreaming the Dark. Dans Webs of Power : Notes from the Global Uprising (2002), recueil de textes écrits à chaud entre 1999 et 2001, Starhawk raconte sa participation à la préparation puis au déroulement de grandes manifestations anti-globalisation à Seattle, Washington, Gênes et Prague. Que faire, donc, de toute cette spiritualité un peu new age ?
Mona Chollet : “Parler du clitoris me semble aujourd’hui plus facile que parler des sentiments” Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Merci, et à bientôt. S’abonner