
«Chez Renault, les conditions de travail vont se dégrader» Après l'annonce de 7 500 suppressions de poste chez Renault, principalement par des départs en retraite non remplacés, les syndicats tentent d'évaluer les conséquences pour les salariés du constructeur automobile. «Renault aura-t-il encore les moyens de créer de nouveaux véhicules ?», s'interroge Alain Tailleur, délégué CGT au centre de recherche du constructeur. (Photo DR) Quelles seront les conséquences des suppressions de postes pour les salariés de Renault ? Vu la pyramide des âges de Renault, les départs naturels annoncés auront lieu, mais ils ne seront pas remplacés. Renault négocie actuellement avec les syndicats une modulation des salaires et du temps de travail contre la promesse de ne pas fermer l’usine. Selon la direction, la non-fermeture d’usine est liée à la durée de l’accord, qui doit être conclu à la fin du mois et durer quatre ans. Comment les salariés vont-ils réagir ? C’est difficile à dire. Recueilli par Dominique ALBERTINI
Gestion des compétences La motivation et les compétences des salariés sont une source clé de la compétitivité de l’entreprise. Afin de développer son capital humain, le groupe mène des actions de formation qui répondent aux besoins de l’entreprise et contribuent à l’employabilité des salariés tout au long de leur vie professionnelle. L’offre du Groupe couvre tous les domaines de la formation professionnelle. Des écoles des métiers assurent dans chaque site une formation professionnelle au plus près des besoins en compétences clé. Des actions de formation plus individuelles favorisant le développement personnel ou l’acquisition de compétences linguistiques ou transversales viennent compléter le dispositif mis en place dans les écoles métiers. Au cumul, plus de 3,3 millions d’heures de formation ont été dispensées en 2012 dans les 10 principaux pays où Renault est implanté (Argentine, Brésil, Corée, Espagne, France, Inde, Maroc, Roumanie, Russie, Turquie, ce qui représente 90% des effectifs).
L'activité humaine: charge ou ressource de Réduire les risques Dossier Les conditions de travail Entretien avec Philippe Askenazy, économiste, chercheur au CNRS. Auteur de Les désordres du travail. Enquête sur le nouveau productivisme, coll. Dossier web — avril 2013 — "Trop d'entreprises continuent à considérer l'amélioration des conditions de travail comme un simple coût." Depuis une quinzaine d'années, on observe aux Etats-Unis une diminution considérable du taux d'accidents du travail et de maladies professionnelles.
La mixité dans les entreprises Nouveau suicide chez Renault malgré le plan d'urgence Renault subit un nouveau suicide d'un de ses employés. Un ingénieur du Technocentre a mis fin à ses jours mercredi. Ce centre d'ingénierie avait déjà connu, fin 2006-début 2007, les suicides de trois salariés. En octobre 2006, un ingénieur s'était jeté du cinquième étage d'un immeuble, deux autres avaient mis fin à leurs jours dans les mois suivants. Après le troisième suicide, le parquet de Versailles avaient ouvert une enquête qui s'est soldée par un classement sans suite car "l'infraction de harcèlement moral n'était pas suffisamment caractérisée". Néanmoins, la société Technologia, cabinet d'expertise agréé par le ministère du travail qui a été récemment envoyé auprès de France Telecom, a réalisé une enquête sur les conditions de travail dans l'entreprise. Renault a donc mis en place un plan d'urgence en 2007 qui, notamment, limite les horaires et forme les managers à la détection de risques psychosociaux.
Les indicateurs qui mesurent l'activité la remuneration et les autres couts liée a Renault sera-t-il le nouveau laboratoire de la réduction du coût du travail Renault a toujours été historiquement un précurseur de la politique sociale. Dès la fin des années cinquante, avec l’essor de la production automobile, l’entreprise publique donnait le « la » en faveur des salariés dans tous les domaines : rémunérations en hausse, congés plus longs, avantages en matière de prestations diverses. Ses initiatives faisaient ensuite tâche d’huile dans l’ensemble de l’économie. Avec la crise, la chute des fabrications de voitures qui dépasse 20% depuis le début de l’année, Renault va-t-il encore rester un groupe innovateur, mais dans l’autre sens cette fois, celui de la réduction des avantages acquis pour s’adapter à un monde qui change, en clair, en prenant des décisions radicalement opposées, afin de retrouver la compétitivité disparue ? Les dirigeants du groupe font un constat : les usines françaises connaissent des performances en perte de vitesse par rapport à celles qui produisent dans le reste de l’Europe ou au Maghreb.