
France | Domination Policière Mathieu Rigouste La domination policière Enquête sur un champ de bataille | Introduction novembre 2012 Depuis la fin du xxe siècle, les grandes puissances impérialistes sont entrées dans une nouvelle phase de conquêtes à l’extérieur mais aussi à l’intérieur de leurs frontières [1]. La police est un appareil d’État chargé de maintenir « l’ordre public » par la contrainte. Les rondes et la simple présence, l’occupation virile et militarisée des quartiers, les contrôles d’identité et les fouilles au corps, les chasses et les rafles, les humiliations et les insultes racistes et sexistes, les intimidations et les menaces, les coups et les blessures, les perquisitions et les passages à tabac, les techniques d’immobilisation et les brutalisations, les mutilations et les pratiques mortelles ne sont pas des dysfonctionnements ; il ne s’agit ni d’erreurs, ni de défauts de fabrication, ni de dégâts collatéraux. Personne n’écrit de nulle part. Vue d'ensemble Gennevilliers et Asnières-sur-Seine (1970)
I., 15 ans, victime d’« une bavure hors norme Interpellé à la sortie du collège, I. est ressorti de garde à vue avec un coude cassé. Son avocat ne parle pas de dérapage, mais de « violence délibérée ». Une manifestation était organisée ce dimanche 10 juin, en soutien du jeune homme, devant la mairie du 19° arrondissement parisien. Ils étaient une quinzaine, peut-être une trentaine devant la mairie du 19ème pour soutenir un jeune garçon que nous appellerons I. « Comment expliquer qu’un jeune de 15 ans entre en bon état et ressorte de garde à vue avec un coude cassé? « J’étais assis avec des amis devant le collège, j’avais une cigarette de tabac roulé à la main. « On est arrivés au commissariat, il m’a tiré dans une cellule, je me suis assis sur le banc. Ce n’est que le lendemain, après 24 heures de garde à vue que I. sera remis en liberté. Souffrant au niveau du bras, il ira consulter son médecin généraliste le lendemain de sa sortie qui lui prescrit une radio ainsi que 7 jours d’ITT. Widad Kefti
L'Etat dans la société capitaliste Introduction La LCR participe aujourd'hui de manière régulière aux élections, a des élus dans les collectivités locales et doit donner des réponses à celles et ceux qui nous demandent à quelles conditions nous sommes prêts à être dans un gouvernement ou encore comment nous voyons une autre manière de gouverner. Peut-on, sans changer cet Etat qui existe dans la société capitaliste, accumuler des réformes progressives qui permettraient de passer pacifiquement au socialisme ? En effet il serait assez facile pour les travailleurs d'enlever le pouvoir à la bourgeoisie, de l'exproprier, d'abolir la propriété privée s'ils n'avaient à combattre qu'une classe sociale extrêmement minoritaire et si celle-ci était prête à accepter de perdre ses privilèges sans se défendre par tous les moyens. Mais la classe dominante s'appuie pour maintenir sa domination sur l'Etat, c'est-à-dire la police, l'armée, la justice, les institutions politiques. 1 - D'où vient l'Etat ? 2-1: Fonction répressive Il doit donc :
Témoignage d'un sans papiers arrêté lors de la rafle d'hier à Barbès (Paris) ADDE, Gisti Rafle d’étrangers à Barbès, l’État policier toujours à l’œuvre On connaît maintenant le bilan de la gigantesque rafle qui a eu lieu le jeudi 6 juin 2013, dans le quartier de la Goutte-d’Or à Barbès (Paris) visant notamment les étrangers en situation irrégulière. Aux alentours de 15 heures, arrivés à bord de plusieurs dizaines de fourgons, les CRS se déploient en travers de plusieurs rues pour procéder au bouclage d’une zone formée par la rue de la Goutte-d’Or, la rue des Islettes, la rue Capla, la rue Charbonnière, ainsi qu’une partie du boulevard Barbès. Au final, 16 personnes ont été placées en garde à vue pour des délits mineurs et au moins 32 personnes de nationalité étrangère ont été menottées et conduites au commissariat du 18e arrondissement parce qu’elles étaient dans l’incapacité de prouver leur droit au séjour en France. Paris, le 11 juillet 2013 Signataires : De nouveaux témoignages Mis en ligne le 13 juin 2013 Mathieu Molard le 13 06 2013 Info StreetPress Violence
Une écologie décoloniale , Malcom Fer... Une colère rouge recouvre le ciel. Les vagues s’agitent, l’eau monte, les forêts tombent et les corps s’enfoncent dans ce sanguinaire gouffre marin. Les cieux tonnent encore devant ce spectacle : le monde est en pleine tempête. Lire plus Textes de Laurent Bonelli Tarnac. « On criminalise la contestation » Laurent Bonelli 12 décembre 2008 Tarnac. « On criminalise la contestation » Laurent Bonelli 12 décembre 2008 "Nous sommes dans une logique d'extension du contrôle" Laurent Bonelli "Nous sommes dans une logique d'extension du contrôle" Laurent Bonelli Demander un visa Schengen : expériences individuelles réalisé par Laurent Bonelli Demander un visa Schengen : expériences individuelles réalisé par Laurent Bonelli Savoirs autorisés et discours d'autorité : la banlieue comme problème de sécurité Par Laurent BONELLI, Yovan GILLES Savoirs autorisés et discours d'autorité : la banlieue comme problème de sécurité Par Laurent BONELLI, Yovan GILLES LOIS RÉPRESSIVES, BAVURES EN SÉRIE Une vision policière de la société Par Laurent Bonelli LOIS RÉPRESSIVES, BAVURES EN SÉRIE Une vision policière de la société Par Laurent Bonelli Le poulet nouveau est-il arrivé ? Des politiques si policières. « La France a peur ! Un ennemi « anonyme et sans visage ».
Mathieu Rigouste, La domination policière, une violence industrielle 1 Stephen Graham, Villes sous contrôle : la militarisation de l’espace urbain, La Découverte, Paris (...) 1Comment la violence policière est-elle encadrée, orientée et utilisée ? Quels en sont les objectifs et à quelles fins est-elle utilisée ? Quels mécanismes sociaux sont engendrés par celle-ci ? 2L’auteur développe sa théorie de l’industrialisation de la violence policière envers les « damnés de l’intérieur » au long de sept chapitres complémentaires. 3À travers son livre, on découvre également une vision de l’histoire de la mise à l’écart de certains quartiers et populations au cours du XXe siècle. 4Par la suite, l’auteur approfondit son analyse en décrivant la construction des liens entre action policière et sphères politique, médiatique et économique. 5Au-delà de cette relation entre production, communication et commercialisation de la coercition, l’auteur montre un autre signe de l’industrialisation de la violence policière. 2 Laurent Mucchielli, L’invention de la violence.
Permis de tuer Nous nous contenterons ici de mentionner des cas de violence extrême, essentiellement des homicides, mais ces cas extrêmes ne doivent pas faire oublier les violences et les vexations quotidiennes que constituent les contrôles au faciès ou à répétition, les fouilles humiliantes, les injures, les menaces et les différents degrés de violence physique, de la bousculade au passage à tabac. Quant à ceux, tellement nombreux, qui ne veulent pas entendre parler des crimes policiers, et qui objectent systématiquement, comme par réflexe conditionné, qu’il y a "aussi des policiers qui se font tuer", on se contentera de leur répondre que c’est exact, mais, que les assassins de policiers croupissent en prison de nombreuses années, alors qu’il est rarissime que les "bavures" policières causent à leurs auteurs ne serait-ce qu’une journée en prison. On appréciera, dans les lignes qui suivent, le prix que la justice française accorde à une vie de "jeune des banlieues". 25 juin 1997. 5 août 1997.
Des massacres oubliés de mai 1967 en Guadeloupe aux prémices de l'ordre sécuritaire moderne dans les quartiers - Basta ! C’est une commémoration méconnue : il y a 50 ans, les 26 et 27 mai 1967, la police et l’armée françaises réprimaient brutalement des manifestations ouvrières et lycéennes en Guadeloupe. Alors que Pointe-à-Pitre se révolte, les forces de l’ordre se livrent à un massacre qui fait au moins 8 morts selon les sources officielles. Des recherches approfondies démontrent qu’un modèle de contre-insurrection a été expérimenté sous l’autorité d’un préfet, Pierre Bolotte. Les 26 et 27 mai 1967, l’Etat français encadrait le massacre de révoltes populaires en Guadeloupe. Une guerre anti-subversive forgée en Indochine Entré dans le corps préfectoral en 1944, sous l’occupation nazie, Pierre Bolotte est reconduit à son poste après la Libération. Bolotte fait alors partie des cadres civils qui participent à la réflexion et à l’expérimentation de formes militaro-policières de répression et de gouvernement qui donnent naissance à la doctrine de la « guerre contre-révolutionnaire ». Appliquée à Alger
Vous avez aimé Claude Guéant ? Vous adorerez Manuel Valls Non, Manuel Valls, le nouveau ministre de l’intérieur, ne fera sans doute pas de déclaration sur l’inégalité entre les civilisations. Il ne faudrait donc pas lui faire de procès d’intention. Il faudrait se garder de toute caricature. Le problème est que Manuel Valls est sa propre caricature, même s’il s’abstiendra, du moins faut-il l’espérer, d’affirmer comme son prédécesseur qu’il y a trop de musulmans en France . C’est tout de même lui qui, se promenant sur un marché de sa bonne ville d’Evry, le 7 juin 2009, interpellait ses collaborateurs : « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques White, quelques Blancos ! Manuel Valls ne représente pas grand-chose dans son parti : il n’a récolté que 5,7 % des voix lors de la primaire d’octobre 2011. « Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste. » Pour Valls, depuis plus de trente ans, « La première est que M. En cela, M.
Elsa Dorlin, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, 1Quelles relations existent entre l’histoire de la sexualité et celle de la politique ? Comment le genre construit-il le politique et en quoi le politique construit-il le genre ? Sexisme et racisme sont-ils liés ? Dans cet essai, Elsa Dorlin s’interroge sur le processus historique qui a conduit à nouer la construction culturelle de la différence entre les sexes avec l’élaboration d’une pensée hiérarchisant les groupes humains selon leur apparence physique et la formation de l’idéologie nationale, à la veille de la révolution française. 2À partir de l’analyse de sources publiées – mémoires de médecine, traités de sciences naturelles, récits de voyage… – Elsa Dorlin reprend le dossier de l’élaboration du discours sur la construction du genre aux xviie et xviiie siècles, mais en montrant en quoi et comment celui-ci a évolué avec l’émergence d’une idéologie nationale. 4Dans cet essai, Elsa Dorlin travaille le concept de genre sans le limiter aux relations hommes/femmes.