
(20+) Aux Etats-Unis, une enquête dénonce les conditions de travail cauchemardesques au sein d'Amazon L’enquête est accablante. Dans un long article publié dans le New York Times, des journalistes américains dénoncent les conditions de travail au sein d’Amazon, au moyen de nombreux témoignages, notamment d’anciens employés. Les auteurs dépeignent les «Amazoniens», à tous les échelons, comme une main-d’œuvre soumise à un rythme de travail effréné, et asservie aux contraintes d’une évaluation perpétuelle. Ils racontent les semaines de 80 heures, les e-mails envoyés à minuit passé et suivis de SMS ordonnant d’y répondre. Ils décrivent le calvaire de cette employée à qui on a suggéré de trouver un poste moins exigeant au sein de l’entreprise, car la maternité entraverait de toute façon sa carrière à long terme. Des «Amazoniens» aux «Amabots» Pour Jodi Kantor et David Streitfeld, auteurs de l’article, Amazon interprète le terme «employé» au sens littéral. Un «darwinisme réfléchi» Le sévère article du New York Times n’est pas resté longtemps sans réponse. La réponse cinglante de Jeff Bezos
Une employée d'Amazon raconte «la peur organisée» Amélie (1), 30 ans, a travaillé quelques semaines au sein de la plateforme d’Amazon à Montélimar (Drôme). Alors que des grèves pour des hausses de salaires se poursuivent en Allemagne, nous avons décidé de publier son témoignage, saisissant, sur les conditions de travail au sein du numéro 1 mondial de la vente en ligne. «Les agences d’intérim de Montélimar recrutent en fin d’année des hordes de salariés sur les quatre postes de travail de la plateforme Amazon, implantée il y a trois ans. Vous pouvez y être admis comme "eacher", pour réceptionner les marchandises et les enregistrer informatiquement; "stower", pour les ranger dans les kilomètres d’étagères de l’entrepôt; "picker", pour arpenter les allées et rassembler les produits commandés; ou "packer", pour les emballer avant expédition. «C’est en tant que pickeuse que j’ai découvert l’univers d’Amazon. «Il est temps de picker» «"Les salariés qui sont aujourd’hui embauchés en CDI ont commencé comme vous, en intérim.
« Chez Amazon, les conditions de travail sont dignes du XIXe siècle » Auteur d'« En Amazonie, infiltré dans le meilleur des mondes », Jean-Baptiste Malet décrit le fonctionnement du géant du commerce en ligne. En Allemagne, les salariés de trois sites sont en grève. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Propos recueillis par Elvire Camus La plateforme de vente en ligne Amazon réalise 70 % de son chiffre d'affaires pendant la période des fêtes de fin d'année, selon le syndicat allemand Verdi. L'année dernière, Jean-Baptiste Malet a fait partie des 1 200 salariés embauchés pour travailler au sein de l'entrepôt de Montélimar. Pourquoi avoir choisi Noël pour votre infiltration dans un entrepôt d'Amazon ? Jean-Baptiste Malet : Tout simplement parce que j'avais de grandes chances d'être recruté. A quel point la période de Noël est-elle importante pour Amazon ? Amazon réalise 70 % de son chiffre d'affaires à Noël. Quel est l'objectif de votre livre ? Pour beaucoup, Amazon est quelque chose de très virtuel. Chacun à sa propre image d'Internet.
"Les salariés dAmazon ? Des poulets de batterie" Pourquoi avoir choisi le mode de linfiltration pour enquêter sur Amazon ? Quand je suis dans une ville, je cherche les librairies indépendantes. De plus en plus ferment. Je me suis demandé qui les remplaçait. Pouvez-vous décrire les conditions de travail ? Je travaillais en horaires de nuit, de 21 h 30 à 4 h 50 avec deux pauses de 20 minutes. Dans un entrepôt grand comme quatre terrains de foot, on parcourt plus de vingt kilomètres par nuit. Les méthodes de management sont aussi très contestables Oui, absolument. Amazon cultive sans complexe le stakhanovisme et demande aux travailleurs dapplaudir les top-performers, les leaders. Comment expliquez-vous la passivité des syndicats et des salariés ? Amazon est extrêmement hostile aux syndicats en France. Chaque nouvelle implantation dentrepôt en France est saluée par les politiques A court terme, Amazon crée des emplois dans des petites villes frappées par le chômage. * En Amazonie.
Faits divers | Chalon : Amazon recrute « à l’américaine Après l’annonce en grande pompe de l’installation au mois de mai dernier, Amazon a prévu de débuter ses activités à Chalon dès demain. Photo archives Christophe Roulliaud Tous les deux en recherche d’emploi, Pascal et Richard*, se seraient bien vus intégrer la nouvelle équipe constituée par Amazon pour son installation chalonnaise. Mais les deux hommes sont ressortis un peu amer des phases de prérecrutement organisé par le géant américain de la vente en ligne. Le lancement de la plateforme demain se fera sans eux. Les candidats, par session de 20, ont aussi eu droit à un petit film de présentation d’Amazon et des méthodes de travail « à l’américaine » de la société. « Ils expliquaient par exemple que là-bas fallait se tutoyer », se souvient Pascal. Un test de logique Après la vidéo, les candidats ont dû « plancher » sur un questionnaire de logique. Cette note, c’est 7/10 et la correction se fait immédiatement. Deux candidats frustrés * Les prénoms des candidats ont été modifiés.
Amazon : un rapport alarmant sur les conditions de travail à Montélimar Exclusif. Basé sur 256 témoignages, un rapport d’expertise dévoile une situation “critique” à l’entrepôt Amazon de Montélimar, et offre un éclairage inédit sur les conditions de travail chez le e-commerçant. © William Beaucardet/Amazon Recevoir les alertes Amazon C’est un document au contenu explosif pour Amazon. Cette expertise fait suite à des alertes du médecin du travail et de la Carsat (La Caisse d'Assurance Retraite et de la Santé au Travail), adressées en 2017 au CHSCT et à la direction de la plate-forme. >> À lire aussi - Mise à l'épreuve, pression, évaluation... le management implacable d'Amazon “Une situation très préoccupante” Syndex souligne un climat de tension sur le site de Montélimar, et des rapports souvent envenimés entre salariés et managers. >> À lire aussi - Un "jeu" pour dénoncer ses collègues à l'entrepôt Amazon de Lille “Un système qui ne pardonne pas la médiocrité” Une augmentation de 2,2% a été actée
Comment Amazon a réinventé la pénibilité au travail En 2013, une plongée En Amazonie par Jean-Baptiste Malet levait le voile sur la réalité des entrepôts Amazon : cadences extrêmes, obsession de la productivité, fouilles au corps… Cette fois, l’enquête du New York Times révèle que la loi de la jungle «amazonienne» n'épargne pas les « cols blancs ». Le quotidien américain a recueilli une centaine de témoignages auprès d’anciens et d’actuels salariés d’Amazon: semaines de 80 heures, qui se prolongent le soir et les week-end, des réunions où tout le monde se tire dans les pattes et d’où chacun est déjà sorti en pleurs ; le risque en tombant malade ou enceinte de se faire écarter en un rien de temps. Délation, menaces, une gestion brutale et une pression phénoménale exercée sur les cadres. Après l'émotion suscitée sur la toile et la reprise par les médias du monde entier, le boss Jeff Bezos se devait de réagir. La dictature du dépassement de soi
Présentation livre Enquête : les inquiétantes conditions de travail chez Amazon France Un rapport de 217 pages présente une situation sociale particulièrement préoccupante. Émanant d’une demande du Comité d’hygiène, de sécurité (CHSCT), il brosse un tableau qui confirme d’autres enquêtes et témoignages sur les conditions de travail dans l’entreprise. ActuaLitté, CC BY SA 2.0 Pour y parvenir, 256 salariés ont été entendus, tous travaillant dans l’entrepôt logistique de Montélimar. Au cours de l’année passée, la multiplication de troubles musculo-squelettiques observée avait inquiété les médecins. Au menu, rien de très brillant : l’enquête menée par Syndex fait état de 74 % des employés qui ressentent des douleurs physiques qu’ils associent à leur job. 70 % évoquent le stress au travail, quand un tiers des salariés, et 71 % des cadres parlent d’insomnies. Et par-dessus tout, revient cette fameuse question de pauses pipi, les employés pointant le « contrôle des interruptions pour aller aux toilettes ». « La sécurité et la santé de nos collaborateurs sont nos priorités.
Le calvaire des employés des entrepôts Amazon - 2 décembre 2013 "Qu'est-ce c'est que ce travail?, soupire Adam Littler. Ce jeune homme de 23 ans s'est fait embaucher en tant que "picker" dans l'entrepôt Amazon de Swansea au Royaume-Uni. Et pour la BBC, il a filmé en caméra cachée son quotidien. On le savait, les conditions de travail chez Amazon ont déjà fait l'objet de critiques, que ce soit Au Royaume-Uni ou en France. >> Lire: Le phénomène Anti-Amazon prend de l'ampleur en Europe. Mais là, le reportage permet aux téléspectateurs de se plonger dans le calvaire des petites mains du géant de la vente sur internet, qui subissent une pression accrue lors des fêtes de fin d'année. Adam Littler, en tant que "picker", parcours les immenses allées de l'entrepôt pour récupérer les articles commandés sur Internet et préparer les commandes. Le bruit incessant de l'objet le rend dingue au bout de quelques semaines. Jusqu'à 18 kilomètres dans la journée Les cadences sont infernales.