
Le travail, une « valeur » à réhabiliter ou à oublier ? Lors des deux dernières élections présidentielles, tous les principaux candidats — FN, PS, UMP, avec un bémol pour le Front de Gauche — se définissaient comme les représentants des travailleurs et les défenseurs d’une valeur travail supposément à réhabiliter. Plus personne n’interroge réellement le concept de travail, l’objet de la discussion étant de savoir comment en répartir les fruits. Cette idéologie du travail, véritable pilier de la modernité, est inédite dans l’Histoire des sociétés humaines. Il nous paraît désormais naturel de voir se succéder des candidats proposant leurs solutions pour réhabiliter la valeur travail, cette expression étant même devenue un véritable refrain de l’éditorialisme libéral. Le travail avant l’ère moderne : entre punition et signe d’infériorité Dans la Grèce antique, les tâches manuelles et les activités nécessaires à la subsistance matérielle basique de la communauté sont considérées comme avilissantes et réservées aux êtres inférieurs. Germinal
Le travail | Lelivrescolaire.fr ➤ David Gelb, Jiro Dreams of Sushi, 2012 Ce documentaire suit le travail de Jiro, un cuisinier japonais de 93 ans, dont le restaurant ne sert que des sushis. Précision du geste, patience et créativité du cuisinier sont autant de compétences valorisées dans son travail. Cette recherche de la perfection donne de la valeur à cet homme. Le sushi est source de satisfaction : objet quasiment précieux, esthétique, et en un sens, unique. ➤ Pierre Carles, Attention danger travail, 2003 Ce documentaire donne à voir les mutations du management et nous livre le témoignage de ceux qui refusent le travail, s’opposant à la « valeur travail ». ➤ Gérard Mordillat et Bertrand Rothé, Travail, salaire, profit, 2019 Cette série documentaire présente une série d’entretiens avec 21 chercheurs du monde entier qui interrogent les nouvelles réalités du travail contemporain.
A fond pour vivre sans un rond : cinq exemples à suivre Image: zooboing Alors que le concept de revenu universel ou « de base » fait progressivement des émules, certain(e)s décident d’aller encore plus loin et de vivre volontairement sans argent. Pourquoi ? Comment ? Réponses avec cinq parcours de vie en France comme à l’étranger. Heidemarie Schwermer, vit sans argent depuis 17 ans C’est en 1996 que cette ancienne institutrice allemande âgée aujourd’hui de 71 ans décide de se passer d’argent. Pour elle, l’argent éloigne de l’essentiel: se débarrasser du superflu permet un mode de vie plus sain et heureux. Vivre sans argent, c’est possible par Gentside Daniel Suelo, vit sans argent depuis près de 14 ans Couverture du livre de Mark Sundeen qui retrace la vie de Daniel Suelo L’américain Daniel Shellabarger vit sans argent depuis septembre 2000. Il vit de cueillette, de glanage, de dons et ne propose rien en retour. Reportage pour la BBC The American Who Quit Money To Live In A Cave from David Eckenrode on Vimeo. Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter
Anthologie complémentaire | Lelivrescolaire.fr Et les économistes s’en vont répétant aux ouvriers : travaillez, travaillez pour augmenter la fortune sociale ! […] Et, au nom de la mansuétude chrétienne, un prêtre de l’Église anglicane, le révérend Towsend, psalmodie : travaillez, travaillez nuit et jour ; en travaillant vous faites croître votre misère, et votre misère nous dispense de vous imposer le travail par la force de la loi. L’imposition légale du travail « donne trop de peine, exige trop de violence et fait trop de bruit ; la faim, au contraire, est non seulement une pression paisible, silencieuse, incessante, mais comme le mobile le plus naturel du travail et de l’industrie, elle provoque aussi les efforts les plus puissants. » Travaillez, travaillez, prolétaires, pour agrandir la fortune sociale et vos misères individuelles ; travaillez, travaillez, pour que devenant plus pauvres vous ayez plus de raison de travailler et d’être misérables. Paul Lafargue, Le droit à la paresse, 1880, Éditions La Découverte, 2010.
The wastefulness of automation Chris Dillow observes that "one function of the welfare state is to ensure that capital gets a big supply of labour, by making eligibity for unemployment benefit conditional upon seeking work." And despite noting that when jobs are scarce, paying some to "lie fallow" so others can work might be a good thing, he concludes that "this is certainly not in the interests of capitalists, who want a large labour supply - a desire which is buttressed by the morality of reciprocal altruism and the work ethic." (emphasis mine). Basic Income, therefore, is not going to happen because capitalist interests, claiming the moral high ground, will ensure that it never gains political traction. But what if capitalists DON'T want a large labour supply? What if automation means that what capitalists really want is a very small, highly skilled workforce to control the robots that do all the work? I don't think I am dreaming this. This creates an interesting problem. But it wouldn't actually be like that.
La condition ouvrière - Simone Weil La condition ouvrière n'est pas un ouvrage publié du vivant de Simone Weil mais il constitue un recueil de textes variés qui ont tous pour objet la condition ouvrière et qui ont été écrits pendant ou après l'expérience à l'usine de Simone Weil. Nous trouvons ainsi plusieurs lettres à ses proches, comme son ancienne élève du Puy-en-Velay Simone Gibert, ou à ses camarades militants — Boris Souvarine et Nicolas Lazarévitch notamment — qui racontent son travail à l'usine et les difficultés qu'elle rencontre. Nous trouvons également le Journal d'usine qu'elle a tenu pendant cette année où elle recense les tâches effectuées et ses impressions au fil des jours. Le texte « expérience de la vie d'usine » constitue un de ces articles. Ce texte s'inscrit dans le contexte de son expérience de la vie ouvrière qui l'a profondément marquée. Dans une première partie du texte, elle analyse les causes de la servitude du travail ouvrier.
The Politics of Getting a Life Work in a capitalist society is a conflicted and contradictory phenomenon, never more so than in hard times. We simultaneously work not enough and too much; a labor famine for some means feast for others. The United States has allegedly been in economic “recovery” for over two years, and yet 15 million people cannot find work, or cannot find as much work as they say they would like. At the same time, up to two thirds of workers report in surveys that they would like to work fewer hours than they do now, even if doing so would require a loss of income. The pain of unemployment is well-documented, but the pain of the employed only occasionally sees the light, whether it’s Amazon warehouse employees working at a breakneck pace insweltering heat, or Foxconn workers risking injury and death to build hip electronics for Apple. When work is scarce, political horizons tend to narrow, as critiques of the quality of work give way to the desperate search for work of any kind. Workers Against Work
Does Work Really Work? L. Susan Brown Taken from Kick It Over 35 PO Box 5811, Station A, Toronto, Ontario, Canada M5W 1P2 One of the first questions people often ask when they are introduced to one another in our society is "what do you do?" Those who do work (and they are becoming less numerous as our economies slowly disintegrate) are something - they are teachers, nurses, doctors, factory workers, machinists, dental assistants, coaches, librarians, secretaries, bus drivers and so on. In our society, then, work is defined as the act by which an employee contracts out her or his labour power as property in the person to an employer for fair monetary compensation. What is a slave? Carole Pateman points out the implications of the employment contract in her book The Sexual Contract: Capacities or labour power cannot be used without the worker using his will, his understanding and experience, to put them into effect. It doesn't have to be this way. What would a better way of work look like? L. Footnotes