
Les femmes étrangères rêvent de devenir « putes », c’est ça ? Tribune En matière de prostitution, envahissantes sont les tribunes complaisantes écrites par des intellectuels ou des artistes appelés en renfort par le bruyant lobby de la prostitution. Mais je crois qu’on peut décerner la palme de la tribune la plus inquiétante à Lilian Mathieu, sociologue et directeur de recherche au CNRS (« Avec le PS, la préférence nationale commencera-t-elle par le tapin ? »), publiée sur Rue89 ce mardi. Associer PS et FN pour défendre le système « prostitueur » : à ma connaissance, personne n’y avait encore pensé. D’archaïques privilèges masculins Quelle objectivité peut bien avoir cet auteur sur cette question, alors qu’il tente de démontrer que la proposition de loi abolitionniste, déposée par la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, s’apparente à l’idéologie du Front national ? La loi bientôt à l’Assemblée La proposition de loi pénalisant les clients a été enregistrée à l’Assemblée Jeudi. Il n’y a pas de droit à baiser
Prostitution : "Je ne suis personne. Je suis déjà morte 20 fois, 30 fois" Dans un livre coup de poing, "Elles. Les prostituées et nous" (éd. Premier Parallèle), la journaliste Sophie Bouillon, prix Albert-Londres en 2009, donne la parole à celles qui la pratiquent, à celles que la société ignore ou méprise, aux "survivantes" qui s'en sont sorties, mais aussi aux clients qui la consomment. Une enquête de longue haleine menée du Nigeria aux fourrés du bois de Boulogne, des salons au décor colonial de Genève aux bars à néons de Pigalle, qui jette une lumière crue sur le business du sexe : Quoi qu'en disent les grands défenseurs de la libéralisation sexuelle, les habitués des hôtels de luxe et des soirées libertines, la prostitution est rarement heureuse." Extraits : - Lisa : "En Suisse, ce n'est pas illégal d'être proxénète." - Laurence : "On anesthésie notre corps et notre ressenti." - Precious : "Le premier jour, j'ai eu dix clients." - Paola : "Elles font leurs affaires pour 5 euros !" - Jean-Marie : "Je refusais de voir les signes de leur trauma." Le Venusia
Puritaines? Vraiment? Par Sporenda Il est pratiquement impossible de trouver un article défendant la prostitution où ne figure pas le qualificatif de « puritaines » employé pour désigner les abolitionnistes. Bien sûr, la plupart de ceux qui lancent ce mot dans le débat n’ont pas la moindre idée de ce qu’était le puritanisme historique et semblent croire que ce mot est synonyme de répression sexuelle et de croisade contre la prostitution. Dans le contexte actuel où le vote de la loi Olivier a exacerbé ces accusations de puritanisme, il est important d’examiner la relation entre puritanisme et prostitution et en particulier de déterminer si les Puritains étaient aussi opposés à la prostitution et aussi « réprimés sexuellement » que semblent le croire les anti-abolitionnistes. En Grande-Bretagne, l’ère victorienne — qui consacre le triomphe des valeurs familiales bourgeoises en réaction aux « mœurs licencieuses » de l’aristocratie sous la Régence- est considérée comme l’ère puritaine par excellence. Et donc :
– « En tant qu’ex prostituée, je demande que les partis politiques s’engagent pour la loi sur l’achat de sexe « En tant qu’ex prostituée, je demande que les partis politiques s’engagent pour la loi sur l’achat de sexe » par CRYSTAL Je participe à la campagne « End Demand » pour inciter le gouvernement du Royaume-Uni à criminaliser l’achat de sexe et à en décriminaliser la vente—mesure connue sous le nom de « Loi sur l’achat de sexe ». Et cette loi doit être adoptée le plus rapidement possible. Quand je suis arrivée dans la prostitution, grâce à celui qui était alors mon copain, j’avais un peu plus de vingt ans. J’ai été vendue à un inconnu après l’autre. J’ai finalement réussi à échapper à mon « copain ». Quand on est dans la prostitution, ce qui est anormal paraît normal. Les prostitueurs ne me voulaient pas moi—un être humain avec des espoirs, des rêves et des sentiments, ils voulaient une poupée sexuelle vivante. La douleur était toujours présente dans la prostitution. Qu’est-ce que l’adoption de la loi sur l’achat de sexe signifierait pour moi ? traduction par Sporenda J'aime :
– « Et je suis écœurée de vous, les partisans de la prostitution ! Huschke Mau, survivante. Lettre ouverte aux partisans de la prostitution : « Vous m’écœurez » Publiée sur le blogue Vulkantänzerin (Danseuse sur un volcan) par Huschke Mau Après avoir lu une interview de la lobbyiste pro-prostitution Stephanie Klee, Huschke Mau, une femme sortie de la prostitution, en a eu assez et répondu ce qui suit : « Je suis l’une de ces prostituées volontaires si souvent vantées », écrit-elle. « Et je suis écœurée de vous, les partisans de la prostitution. » Chère Stephanie Klee, Je me réfère à l’interview qu’a publiée de toi le magazine urbain Zitty Berlin, et je tiens d’abord à te remercier parce que si je ne l’avais pas lue, je garderais encore le silence. Sais-tu, je trouve tes déclarations sur la prostitution assez remarquables. Tout d’abord, tu as négligé la question fondamentale de savoir s’il existe réellement un besoin pour la prostitution. Mais quel besoin a la société de la prostitution, Stéphanie ? La seule personne qui s’éclate dans la prostitution, c’est le prostitueur-client !
L’objectivation sexuelle des femmes : un puissant outil du patriarcat – Introduction Partie 2 : le regard masculin ou male gaze Partie 3 : les violences sexuelles, des actes d’objectivation extrêmes et dissociant Je vais commencer une nouvelle série d’articles sur l’objectivation sexuelle des femmes, ce que c’est, comment cela se manifeste et quelles en sont les conséquences sur la vie des femmes. Dans cette introduction, je vais donner quelques concepts clés, faire un historique de cette notion, et résumer ce que l’on sait sur l’objectivation sexuelle. Dans les articles suivant, je vais détailler certains aspects particuliers de cette objectivation. Définition et histoire d’un concept développé en philosophie La notion d’objectivation sexuelle est une notion centrale du féminisme contemporain. Emmanuel Kant Le premier à avoir introduit cette notion est le philosophe Emmanuel Kant3,4. Le concept d’objectivation sexuelle a ensuite été repris par les féministes anti-pornographie Catharine MacKinnon et Andrea Dworkin3. Andrea Dworkin Catharine Mackinnon Martha Nussbaum Conclusion
L’envers du X | CRUMB Tribune libre | Texte signé par Isabelle Sorente, ancienne élève de l’école Polytechnique, romancière et auteur de théâtre. Elle a, entre autres, publié “180 jours” (JC Lattès, 2013), “Transformations d’une femme” (Grasset, 2009), “Le Coeur de l’ogre” (JC Lattès, 2003), “La Prière de septembre” (JC Lattès, 2002), “L” (JC Lattès, 2001) et “Hard Copy” (Actes Sud, 2001) et a co-fondé la revue Ravages avec Frédéric Joignot et Georges Marbeck. Notes en fin de page. “Aussi dérangeant que cela puisse être, derrière chaque vagin, chaque bouche à pipe, chaque anus, derrière chaque trou rempli de foutre, de doigts, de poings, de centaines de bites d’affilée, se cache un être humain“. Les témoignages non officiels des coulisses de l’industrie du sexe sont rares. Un être humain, un corps qui, souvent, saigne entre les scènes. Ne pas y penser, c’était mon cas avant. “Mais c’était avant. En vérité, qui sont vraiment ces hommes et ces femmes que le spectateur consomme à longueur de vidéo ? Backstage.
Les féministes pro-sexe veulent faire taire les survivantes de la prostitution | Remember, resist, do not comply Rachel Moran, survivante de la prostitution et militante abolitionniste, a prononcé une allocution lors du FemiFest 2014. Le 9 septembre dernier, elle a partagé le texte de cette allocution sur sa page Facebook. La vidéo de l’allocution de Rachel Moran au FemiFest 2014 est disponible sur Vimeo : FemiFest 2014_ Rachel Moran: « Abolishing Prostitution – A Call for Action » Le site Ressources Prostitution a fait une traduction française de cette allocution. « Voici le texte de mon allocution à la conférence FemiFest 2014, pour toute personne intéressée: J’aimerais tout d’abord vous parler un peu de ce que le féminisme radical signifie pour moi dans le cadre de mon travail de militante abolitionniste, et aussi au sens affectif, à titre de survivante de l’industrie du sexe. Rachel Moran Je suis fatiguée de l’ignorance des femmes qui ne comprennent pas cela, mais peut-on s’étonner vraiment que la plupart de ces femmes sont, comme je l’ai dit, jeunes, blanches et privilégiées? Rachel Moran
Les «ex» de l’industrie du sexe cherchent du travail Elle avait deux vies, elle en a maintenant une toute nouvelle. Entre 18 et 24 ans, Sophie* se prostituait la nuit et se taisait le jour. Après six mois de rencontres quotidiennes, une cure de désintoxication et beaucoup de volonté, la jeune femme a aujourd’hui repris le chemin des études. Pour marquer son changement de peau, elle a accroché les sous-vêtements qu’elle utilisait au creux de ses heures de prostitution. « Même si je les lave, ils ne seront jamais propres », a-t-elle inscrit. Elle assure qu’elle ne les reportera plus jamais. Cette Montréalaise, qui préfère taire son vrai nom, a achevé un programme d’accès à l’emploi de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). Sophie, aujourd’hui âgée de 25 ans, s’y est présentée avec deux objectifs auxquels ne pas déroger : arrêter de « faire ça » et cesser de mentir. « La première fois que j’ai pu être honnête et percer mes propres mystères, c’était ici dans ce bureau », dit-elle. Un success story ? * Nom fictif
Prostitution, hypocrisie et lobbying, par Patric Jean Deux camps s'opposent... Périodiquement ressurgit le débat sur la prostitution. Conférences, émissions, soirées thématiques, et un film documentaire prenant le parti de la légalisation de ce qu'ils appellent le plus vieux "métier" du monde. La majorité des personnes prostituées sont plutôt issues de milieux défavorisés, et beaucoup ont connu un parcours semé de violences et de maltraitances de tous ordres. Pour le reste, deux camps se font face. Celui de l'économie du proxénétisme tente d'influencer le monde politique pour rendre légal le commerce de la prostitution. Face à cela, des associations "abolitionnistes" se mobilisent, non contre les personnes prostituées (elles demandent d'ailleurs l'abolition de la loi sur le racolage qui criminalise celles-ci) mais dans l'exigence que la prostitution soit considérée comme une violence et non comme un "métier". La relation sexuelle a quelque chose de particulier. Autre argument, les femmes se prostitueraient dans le mariage. Enfin, l'argent.
“Les hommes ne veulent pas voir ce qui se cache derrière la prostitution” Interview de Richard Poulin par Irene Hernández Velasco pour El Mundo.es, publiée initialement le 2 janvier 2017 sur El Mundo. Richard Poulin arrive à l’interview avec un badge sur le revers de sa veste qui montre clairement quels sont ses principes: “Aucune femme ne naît pour être pute”, un slogan qui reprend le titre du livre écrit par la colombienne Sonia Sánchez, une survivante de la prostitution. Parce que ce Canadien, professeur émérite de l’UFR de sociologie et d’anthropologie à l’Université d’Ottawa et auteur de nombreux livres et études sur la prostitution et la traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, est considéré comme un des plus grands spécialistes mondiaux dans ce domaine. Photo : JAVIER BARBANCHO Les études faites en Espagne montrent à quel point les appels à normaliser la prostitution comme si c’était un travail comme un autre sont de plus en plus forts. Je pense que c’est monstrueux. Oui. Il y a plusieurs niveaux de réponse. Oui. Traduction : TRADFEM
John Stoltenberg : Sexualité masculine — ce qui rend sexy la possession d’autrui. | Scènes de l'avis quotidien John Stoltenberg : Sexualité masculine — ce qui rend sexy la possession d’autrui. Il semble que les hommes, en général, préfèrent utiliser leur raison à justifier les préjugés qu’ils ont assimilés sans trop savoir comment, plutôt qu’à les déraciner. – Mary Wollstonecraft, Défense des droits de la femme[1] Je soupçonne que si Mary Wollstonecraft vivait encore, elle trouverait ses propres mots écrits en 1792 d’une déconcertante actualité. J’appelle ce préjugé l’érotisme de possession. Nous avons beaucoup d’indices indirects de l’existence de cet érotisme. En anglais, comme dans beaucoup d’autres langues, le verbe posséder signifie à la fois « être propriétaire de » et « baiser », et cette coïncidence sémantique n’est visiblement pas un hasard. Le genre est une fiction sociale, mais il résonne émotionnellement et physiquement à l’intérieur de nos corps et de nos cerveaux humains. D’une part, l’érotisme de possession imprègne la loi patriarcale. Traduction : Tradfem [2] Catharine A. WordPress: