
Le numérique à l’école (fin) L’école devrait être le lieu de l’apprentissage du travail personnel, de l’utilisation de technique de travail et de recherches dont, justement, nos élèves n’ont pas l’habitude, non le lieu de l’apprentissage d’un usage informatique généralisé. Pour trouver des informations sur Internet, il faut tout d’abord que je sache chercher ces informations, puis que je sache les sélectionner en fonction de leur qualité et non de leur simple présence sur la première page affichée… Il faut donc que je possède déjà un certain nombre de réflexes de recherche et de connaissances (acquis biologiquement) avant même d’opérer une recherche numérique. Ne serait-il pas plus pertinent d’empêcher tout travail par le biais de l’informatique à l’école, plutôt que de le généraliser ? L’école doit faire le distinguo entre une discipline, des connaissances et des compétences, d’une part, et les outils utilisés, d’autre part.
Michel Serres : « l’avenir s’annonce bien » Propos recueillis par Isabelle Spaak | 08 Janv. 2013, 15h45 | MAJ : 09 Janv. 2013, 16h06 Pour donner corps à la génération née avec la révolution numérique, le philosophe Michel Serres a imaginé dans son nouveau livre une jeune femme baptisée « Petite Poucette », en référence aux deux pouces qu’elle utilise pour écrire des messages sur son téléphone portable. Elle a une trentaine d’années, et dirigera le monde de demain. Un monde qui, d’après l’académicien de 82 ans, donne toutes les raisons d’espérer… Malgré la crise et les chiffres du chômage, vous affichez un optimisme jubilatoire… Mais vous savez, il y a aussi de bonnes nouvelles ! Il suffit de consulter n’importe quel livre d’histoire pour constater qu’une crise de ce genre débouche automatiquement sur une guerre. Et cette fois, ce ne fut pas le cas. Quel est ce nouveau monde que vous évoquez ? Depuis quarante ans, j’enseigne dans la Silicon Valley, aux Etats-Unis. C’est une femme, évidemment. Trop d’informations ? Suis-je optimiste ?
Actualités du numérique - Retour sur.... La 2ème journée du numérique à l'École Numérique à l'École : les continuités éducatives et territoriales En décembre 2013, la première Journée du numérique à l'École avait permis de réunir tous les acteurs participant au service public du numérique éducatif : État, collectivités territoriales, Caisse des dépôts et consignations. L'objet de cette rencontre avait été de se concerter sur la mise en œuvre de la gouvernance partagée dans les territoires. Depuis, fort de la réussite de cette journée, le comité des partenaires du numérique pour l'éducation réunissant les associations d'élus, les ministères, la Caisse des dépôts et consignations, a vu le jour et se réunit régulièrement pour unir les réflexions sur les grands thèmes du numérique pour l'éducation et partager les analyses et problématiques. La deuxième Journée du numérique à l'École s'est inscrite dans cette dynamique et avait pour thème « Les continuités éducatives et territoriales ». Les tables rondes de la journée Conclusion de la journée Compte-rendu de la journée
Michel Serres : " La société préfère son argent à ses enfants " Peut-on sortir des fractures numériques cognitives ? Les foyers à faibles revenus disposent d'équipements numériques parfois plus nombreux que ceux des foyers les plus favorisés. Ce fait est conforté par des travaux de recherche comme ceux du projet ANR INEDUC (2012 - 2015) et s'accompagne de l'identification d'une fracture cognitive importante. En d'autres termes, il est temps que l'école se préoccupe de cette inégalité qui se développe en dépassant les plans d'équipement pour passer à une échelle autre, celle de la prise en compte réelle des inégalités que génère actuellement l'usage du numérique et en particulier celles qui la concernent au premier plan, celles de l'apprentissage, les inégalités cognitives et plus largement culturelles. Mais avant d'aller plus loin, il faut aussi se demander si cette question que l'on pose à l'école à propos du numérique on l'a posée avant le numérique de façon aussi explicite. Le livre et l'écrit imprimé ont potentiellement permis d'accéder aux savoirs mais ils n'ont pas permis d'apprendre à lire.
Michel Serres, l'utopiste-réaliste Michel Serres, le philosophe utopiste-réaliste Pourquoi avoir titré votre dernier essai Petite Poucette ? En référence à cette jeunesse qui écrit autrement et qui envoie des SMS (1) avec les deux pouces, plus rapidement que je ne saurai jamais le faire avec mes doigts gourds ! J’ai baptisé, avec infiniment de tendresse, cette fille et ce garçon : Petite Poucette et Petit Poucet. Vous les présentez même comme des nouveaux humains ? Il ou elle n’habite plus à la campagne – en 1900, la majorité des humains travaillait la terre et vivait aux champs. Cette génération a-t-elle des leçons à tirer d’autrefois ? Nous avons toujours des leçons à tirer d’autrefois ! Dans ces nouveaux cadres, avec le téléphone cellulaire, Internet, le GPS, quelles connaissances les enseignants doivent-ils posséder ? Ils doivent, plus que tout, savoir à qui ils s’adressent : « Qui est la personne que je veux enseigner ? Comment parfaitement le connaître ? Totalement ! Vous en voulez également aux médias… Michel Serres
La Commission européenne veut développer l’école connectée Les experts de la Commission européenne livrent un rapport envisageant la situation de l’école face aux nouvelles technologies et leur apprentissage. Les défis restent nombreux. Une cinquantaine d’experts réunis, 22 pays représentés, la Commission européenne a investi d’importants moyens pour saisir les enjeux de l’école de demain. Le rapport qu’elle rend public ces jours-ci insiste particulièrement sur un de ces enjeux : le digital. Pour le dire autrement, comment apprendre aux futurs citoyens de l’UE les nouvelles technologies et les médias qui en découlent ? Et comment s’adapter à cette nouvelle manière de communiquer ? Les professeurs à la source du changement Un des premiers domaines à travailler pour les experts à l’origine du rapport reste la formation des enseignants. L’insurmontable challenge : mettre les élèves au centre Le rapport voit aussi plus loin.
« La campagne est en complet décalage avec ce que l'on vit » Le philosophe Michel Serres est le dernier invité de notre série de témoins de la présidentielle. Il explique, ici, en quoi cette campagne est très en décalage par rapport aux grandes évolutions de nos sociétés. Interview. PROPOS RECUEILLIS PAR ERWAN GUÉHO > erwan.gueho@nordeclair.fr Qui est cette Petite Poucette dont vous avez fait le titre de votre nouveau livre (1) ? >> Cette Petite Poucette, ce serait, disons, ma petite fille ou mes étudiants actuels. À quand faites-vous remonter le grand virage de notre société ? Et tout cela est lié aux nouvelles technologies ? Quelles sont les conséquences de la révolution numérique sur notre société ? Quelle en est la conséquence sur la politique ? Avez-vous le sentiment que la campagne présidentielle est à la hauteur de ces changements ? Nord Éclair
Un défi pour le monde de l'enseignement : la diffusion d’une culture numérique Une idée (fausse) circule depuis (trop) longtemps à propos des technologies du numérique à l’école qu’il convient de défaire : selon certains, elles devraient nécessairement permettre à l’élève d’obtenir de meilleurs résultats et d’avoir plus de compétences. Cette conception, on a tendance à l’oublier, est en prise avec nos modes de raisonnement et de production intellectuelle qui sont eux-mêmes assujettis à la rationalité capitaliste. Comme la formation aux usages des technologies passe par un nécessaire investissement des établissements de l’enseignement et, par extension, des pouvoirs publics, on fantasme l’idée d’un retour sur investissement. Quelque part, on se met même à l’espérer. Mais à tort. En effet, en quoi un outil – aussi intelligent soit-il – pourrait-il améliorer les compétences intellectuelles des individus ? Un contexte de rupture technique et intellectuelle La lecture, l’écriture, l’accession au savoir n’étaient plus l’apanage d’une élite.
Michel Serres : bienvenue à l'homme nouveau Le Point : Enfant d'Internet et du téléphone mobile, Petite Poucette - le surnom que vous donnez à la nouvelle génération - vit dans un monde radicalement différent de celui qu'ont connu ses grands-parents. Appartient-elle encore à la famille d'"homo sapiens" ou assistons-nous à la naissance d'un nouvel humain ? Michel Serres : Nouvel humain, n'exagérons pas ! C'est peut-être pour cela qu'ils se marient moins... Bien entendu ! Diderot ne se posait pas cette question quand il écrivait à Sophie Volland. La formule est un peu sévère ! L'optimisme n'exclut pas la lucidité. Je ne vais pas me lamenter parce que les relations entre élèves et professeurs ne sont pas les mêmes qu'il y a quarante ans ! Connaît-on un domaine parce qu'on a lu une fiche Wikipédia ? Savez-vous qu'il y a un peu moins d'erreurs dans Wikipédia que dans l'Encyclopædia Universalis ? Certes, mais ne cédez-vous pas à l'illusion du monde en réseau dans lequel chacun croit pouvoir être romancier, professeur... ou journaliste ?
« Comment le numérique bouleverse la pédagogie » : François Germinet (UCP) Président de l’université Cergy-Pontoise (UCP), François Germinet préside le Comité numérique de la Conférence des présidents d'université et a, à ce titre, largement participé à l’organisation en 2015 de son colloque intitulé Université 3.0 : nouveaux enjeux, nouvelles échelles à l’ère du numérique. Le cabinet de conseils spécialisé dans l'enseignement supérieur HEADway et Learn Assembly, l’« université des entrepreneurs et des professionnels du web », sont allés à sa rencontre. Il répond d'abord à nos questions sur le digital et la pédagogie, l'arrivée de nouvelles technologies, la classe inversée. Puis sur les MOOCs, ces fameux cours en ligne gratuits et ouverts à tous, et comment ils peuvent plus particulièrement être utiles aux entreprises. Share and Enjoy Signaler ce contenu comme inapproprié Cette entrée a été publiée dans MOOC, Orientation, Pédagogie, Universités.