
Une question de point de vue Je voudrais aborder ici la notion de point de vue dans les théories féministes, ou standpoint theory. J’ai déjà présenté sur ce blog plusieurs notions à la frontière entre féminisme militant et « universitaire », comme le male gaze, l’intersectionnalité ou le mansplaining. La question du point de vue permet, elle aussi, de faire le lien entre un corpus théorique féministe très fourni et complexe et des pratiques et débats militants au quotidien. Je vais d’abord expliquer les fondements théoriques de la notion de point de vue telle qu’elle est abordée par les féministes, pour aborder ensuite les enjeux militants qu’elle recouvre. La théorie : origines, justification, contenu Elsa Dorlin parle dans Sexe, genre et sexualités du développement d’un « savoir féministe » caractérisé notamment par sa pluridisciplinarité et par sa relation critique aux savoirs constitués. Les sujets de connaissance, en grande partie masculins, ont une représentation biaisée, partielle, du réel. J'aime :
Déconstructions des clichés les plus courants au sujet du féminisme. | Il y a quelques jours, j’ai été invitée par Biaise sur twitter à co-écrire une FAQ du sexisme avec tout plein de beau monde tout partout. Beaucoup ont participé, tous n’ont pas signé à la fin (parce qu’ils n’avaient pas envie ou parce qu’ils ne se sont pas manifestés), mais en tout cas, je suis fière de vous présenter cette FAQ à présent terminée. J’espère de tout cœur que cet article commun permettra de chasser un peu les idées reçues liées au féminisme ! À noter que ce texte est donc, totalement libre de droit. ** »LE féminisme »** Pour des raisons évidentes de simplicité, il est courant d’employer le terme féminisme au singulier (nous l’employons d’ailleurs parfois dans cette FAQ). **Qu’est-ce que le sexisme ? **Quelques autres FAQ au sujet du féminisme. « Oui, mais regarde, y’a plein de femmes que ça ne dérange pas. » Tout comme beaucoup de femmes s’opposaient au droit de vote des femmes, les noir-e-s n’étaient pas tou-te-s opposé-e-s à la ségrégation.
Je suis pas féministe, mais. J'aurais voulu lire King Kong Théorie quand j'avais entre 14 et 16 ans, mais je l'ai lu qu'à 36 piges. Dommage pour moi, je crois que ça aurait pu changer complètement ma vie. Je ne regrette rien, hin, mais j'ai l'impression parfois de me réveiller tardivement, et d'avoir raté quelques trucs importants. Je suis devenue féministe sur le tard. Je l'étais déjà, mais je refusais de me désigner comme telle. Sans arriver à dire pourquoi. Ha oui. C'est à ce moment là aussi que j'ai décidé de faire du dessin ma vie, mon gagne-pain. Et toute cette révolte, je me suis vite rendue compte qu'elle était pas perçue comme féminine. Mon pseudo neutre au début m'a permis, je pense, de gueuler où il fallait gueuler sans me faire trop rabrouer. Mais mon travail n'avait rien de féminin, tout comme moi, et c'est ce qui apparemment posait des tas de questions aux lecteurs, aux magazines qui parlaient de mon travail, à partir du moment où on a su que j'étais de ce sexe, CE sexe.
"Ils préfèrent croire que je suis en colère Arguments anti-féministes (2) "Tu es trop agressive, cela nuit à ton message" Agressive: se dit en particulier d’une féministe avec laquelle on est en désaccord. Étrangement, c’est l’un des arguments les plus difficiles à contrer. Pourquoi? Dans les milieux féministes en ligne, ce phénomène est connu comme le « tone argument » (argument de/du ton). [C’est] un argument utilisé dans des discussions, […] suggérant que les féministes auraient plus de succès si elles (ils) s’exprimaient sur un ton plus agréable. L’argument de ton est une forme de détournement de la conversation [derailment], ou un leurre, car le ton d’une affirmation est indépendant du contenu de l’affirmation en question, et le fait d’attirer l’attention sur le ton détourne du problème dont il est question. L’emploi de l’argument de ton empêche la (le) féministe accusé-e de développer son propre argument et vise in fine à la (le) faire taire. C’est sûrement l’un des arguments les plus entendus et les plus stéréotypés. On a vu ce stéréotype à l’œuvre pendant la campagne de 2007. AC Husson WordPress:
La solution contre les famines? Le féminisme Pour nourrir les affamés, commençons par apprendre à lire aux filles. Il y a une urgence de plus en plus vitale. En 2013, la Division de la population des Nations unies a revu ses projections démographiques à la hausse, révélant que la population pourrait augmenter encore plus vite que les prévisions précédentes ne le laissaient entendre, tout particulièrement en Afrique. Organiser la subsistance d’une planète chaude, affamée et grouillante est à la fois un jeu de statistiques et une entreprise sociale. D’un côté de l’équation, calories, réchauffement climatique et hectares de terre. De l’autre, les 7 milliards d’habitants du monde, dont on estime qu’ils atteindront 9,6 milliards d’ici 2050. Techniquement, les agriculteurs produisent aujourd’hui suffisamment de nourriture pour alimenter tout le monde. Le problème de la nourriture n’est pas linéaire. Ne pouvons-nous pas simplement cultiver davantage? Le changement climatique va aggraver les sécheresses «C’est n’importe quoi!» Lisa Palmer
What is male privilege? Before discussing “male privilege” it is first important to define what privilege means in an anti-oppression setting. Privilege, at its core, is the advantages that people benefit from based solely on their social status. It is a status that is conferred by society to certain groups, not seized by individuals, which is why it can be difficult sometimes to see one’s own privilege. In a nutshell: Privilege is: About how society accommodates you. Since social status is conferred in many different ways — everything from race to geography to class — all people are both privileged and non-privileged in certain aspects of their life. Male privilege is a set of privileges that are given to men as a class due to their institutional power in relation to women as a class. [T]rue gender equality is actually perceived as inequality. Going back to Lucy’s article, this is what she said in the paragraph directly preceding the one quoted above: Related Reading: Introductory: Clarifying Concepts:
What’s wrong with saying that things happen to men, too? Short answer: Nothing in and of itself. The problem occurs when conversations about women can’t happen on unmoderated blogs without someone showing up and saying, “but [x] happens to men, too!” (also known as a “Patriarchy Hurts Men, Too” or PHMT argument, or a “What About The Mens?” or WATM argument). When this happens, it becomes disruptive of the discussion that’s trying to happen, and has the effect (intended or otherwise) of silencing women’s voices on important issues such as rape and reproductive rights. When and why PHMT arguments become inappropriate No one is saying that discussions on men and masculinities shouldn’t go on. What it boils down to is this: Men, not women, need to be the ones creating the spaces to discuss men’s issues. Why PHMT arguments are so frustrating For those new to feminist discussion the angry reaction to PHMT arguments is most likely shocking and more than a little off-putting. Consider this comment: But let’s look at it from my perspective. Introductory: