
Obama et la nouvelle idéologie du web social A la rédaction de ce texte, deux sommités de la sphère du Web commercial actuel, l'initiateur du Web 2.0 Tim O'Reilly et John Battelle. Ce texte décrit la transformation du Web 2.0 ou du Web collaboratif ou du Web social, comme vous déciderez de l'appeler, vers un Web au carré. C'est à dire un Web qui se développerait comme un enfant venant à la rencontre du monde réel, explosant son enveloppe première qui était le Web primordial inventé par Tim Berners Lee ou le World Wide Web. La vision était splendide, si bien qu'on se serait déjà cru projeté dans la prochaine production de Steven Spielberg ou de James Cameron. Mais ce qui a valeur d'argument de l'autre côté de l'Atlantique, parce que ce n'est au bout du compte que de l'émotion pure, ne saurait cacher chez un esprit européen ce qui en fait est un triste pied de nez à Tim Berners Lee et son projet de Web sémantique que j'ai cité dans mon article précédent sur ce blog. Toujours rien de grave. Regardons objectivement si c'est le cas.
L’avenir de la vie privée est de la maîtriser On ne le sait que trop bien, le numérique bouleverse la vie privée. A Lift, c’est également ce qu’ont essayé de nous expliquer les intervenants convoqués sur ce thème, portant un discours différents des cris d’alarmes habituels. La valeur de la vie privée est de nous permettre d’avoir une vie publique Daniel Kaplan, délégué général de la Fing, et auteur du récent Informatique, liberté, identité, explique : “il y a quelque chose qui ne marche pas. Des barrières sont en train de sauter, explique Daniel Kaplan. « Les yeux des caméras de surveillance qui nous regardent nous font désormais nous sentir en sécurité. C’est ce qu’on appelle le paradoxe de la vie privée, souligne Daniel Kaplan en montrant la baisse des requêtes sur le mot privacy dans les requêtes que nous faisons sur Google Trends et la montée du terme dans Google Actualité. « Pourrait-on regarder d’un peu plus près ce que les gens font en vrai ? « En France, nous parlons beaucoup de droit à l’oubli. LIFT France Privacy
Web Squared, transition vers le web 3.0 ou nouveau paradigme ? & Voilà maintenant près de 5 ans que l’on parle du web 2.0 (ce terme a pour la première fois été utilisé en 2004 lors du Web 2.0 Summit) et depuis le grand jeu a été de savoir quand arrivera la prochaine itération. Pour faire simple disons que le web 2 .0 était le terme utilisé dans les années 2006/2007 pour décrire un changement majeur dans les usages de l’internet (voir ma dernière définition en date). Ce dernier repose sur deux notions fondamentales: l’intelligence collective, le web comme une plateforme (pour les utilisateurs et les services). Maintenant ce terme est passé de mode et l’on emploie plus volontiers celui de médias sociaux qui sonne moins “informatique” à l’oreille. J’ai également eu l’occasion de faire un panorama des différents services associés aux médias sociaux ainsi que de donner une définition. Web 1.0 = plateforme pour les documentsWeb 2.0 = plateforme pour les individusWeb 3.0 = plateforme pour les données Web² = Web 2.0 + World Pourquoi parler du Web Squared ?
Le nouveau paysage des données personnelles: quelles conséquences sur les droits des individus ? À propos de ce document : pourquoi, pour quoi faire, comment contribuer ? Le travail "Informatique & Libertés 2.0 ?" (notez le point d’interrogation) est né au sein du programme "Identités actives" de la Fing. Ce programme s’intéresse aux manières dont les individus, se servent de leur(s) identité(s) numérique(s) pour devenir stratèges de leur propre existence. De manière transverse aux différents thèmes abordés par le programme, nous avons pressenti que l’émergence de ces pratiques, au travers par exemple des sites sociaux, des blogs ou encore des pseudonymes et avatars qui fleurissent sur les réseaux, questionnait aussi l’édifice juridique actuel autour de la protection de la vie privée. Un groupe de travail s’est réuni pour approfondir cette intuition. Nous en sommes à la fois satisfaits et insatisfaits. Nous pensons qu’elle souligne quelques transformations importantes qui doivent être prises en compte à un niveau politique autant qu’économique ou technique. Conclusion provisoire
Le Web à la puissance 2 : le Web 2.0 cinq ans plus tard | Intern On ne présente plus vraiment Tim O’Reilly et John Battelle. Tim O’Reilly, des éditions O’Reilly, est devenu l’un des gourous incontournables du web. Initiateur – et promoteur – de la notion de Web 2.0 (voir notre traduction), il demeure l’un des plus fins observateurs du changement technologique. John Battelle, journaliste, auteur de La révolution Google est quant à lui l’un des spécialistes des moteurs de recherche. Ils ont commis, à l’entrée de l’été, un texte important, essayant de définir, 5 ans après l’apparition de la notion de Web 2.0, l’émergence d’un nouveau paradigme, entre le Web 2.0 (celui des plates-formes sociales) et le Web 3.0 (le web sémantique), comme l’explique très bien Frédéric Cavazza. Il y a cinq ans, nous lancions une conférence sur une idée simple, qui est devenue un mouvement. Dans notre programme initial, nous nous demandions pourquoi certaines entreprises avaient survécu à cette bulle, tandis que d’autres avaient échoué si lamentablement. Appel à exemples !
L’intelligence artificielle embarquée, une solution pour des interfaces vocales respectueuses de la vie privée ? Critique du Web² (3/4) : Toutes les données sont devenues person La technologie nous forcera-t-elle à choisir entre la vie privée et la liberté, comme l’affirmait David Brin dans son livre Transparent Society (Wikipédia) ? Il n’y a pas ou plus, d’un côté des données personnelles et de l’autre des données qui ne disent rien des individus : un très grand nombre de données apparemment anonymes peuvent acquérir un “caractère personnel”, c’est-à-dire aider indirectement à savoir quelque chose sur un individu précis. Les champs de données permettent de plus en plus d’identifier leurs émetteurs, tant et si bien qu’on peut se demander à l’avenir si le concept de données anonymes a encore une pertinence. Si la directive européenne Inspire (Wikipédia, voir aussi le volet français) et la loi française sur la réutilisation des données publiques excluent explicitement du partage les données nominatives, force est de reconnaître que nous savons de moins en moins ce que sont des données nominatives. Peut-on réellement anonymiser des données ? Hubert Guillaud
La valeur sociale de la vie privée Souvent, la réponse aux inquiétudes concernant la confidentialité de nos données consiste à dire que « ceux qui ne transgressent pas la loi n’ont rien à se reprocher » : nous n’avons rien à craindre de la collecte massive de données. La vie privée, finalement, n’est qu’un problème de vieux cons. Qu’importe si les caméras de surveillance nous filment, si nos communications sont écoutées, si nos activités sont enregistrées, si nos déplacements sont surveillés, si nos achats sont tracés… : les bons citoyens, employés, consommateurs que nous sommes n’ont rien à se reprocher de cette surveillance généralisée qui n’a pour but que de déjouer ceux qui contournent les règles communes, ceux qui s’en prennent à notre sécurité collective. Cette position serait simple à accepter si elle n’était pas si réductrice. Le danger n’est pas la surveillance généralisée, mais l’absurde d’une société oppressive Pour le dire simplement : comment peut-on être certain de n’avoir rien à se reprocher ?
Hypervoix (2/2) : les enjeux de la voix au-delà de la voix L’enjeu des assistants vocaux ne se limite pas à leur seule conception sonore et vocale, comme nous le rappelions dans la première partie de ce dossier. A l’occasion de la journée d’étude Hypervoix qui avait lieu le 15 avril à Paris, retour sur les autres enjeux de conception que posent les assistants vocaux en élargissant le champ des questions et des critiques. Assistants vocaux : quelles voix pour le design ? Anthony Masure (@anthonymasure), maître de conférences et chercheur en design, co-organisateur de cette journée d’étude, a introduit la matinée (voir sa présentation) en dressant le bilan d’une précédente journée d’étude, intitulée Vox Machines (dont nous avions rendu compte). Pour Anthony Masure, une conception critique des assistants vocaux nécessite d’interroger les limites des systèmes proposés actuellement. Derrière l’aspect ludique de ces appareils, la question de la voix n’est pas sans impacts et enjeux. Promesses et illusions des interfaces vocales Hubert Guillaud
Vox Machines (2/2) : À qui les interfaces vocales s’adaptent-elles ? Suite de notre retour sur la journée d’étude Vox Machines, qui interroge la place des interfaces vocales dans nos vies et nos relations à ces machines ! Vie privée et interface vocale : de la boîte noire à la boîte blanche ? Estelle Hary (@EstelleHary) est cofondatrice du studio Design Friction et designer au Linc, le laboratoire d’innovation numérique de la CNIL (qui a d’ailleurs réalisé un très riche dossier sur la question des assistants vocaux). Après nous avoir fait un rappel historique du rôle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés et des grands principes de régulation qui encadre son action, Estelle Hary précise que la voix est plus qu’une donnée personnelle, c’est une donnée biométrique, c’est-à-dire qu’elle permet de reconnaître un individu. La régulation des données personnelles est un triptyque au croisement de questions juridiques, techniques et de design. Dans cet environnement, les assistants personnels ne sont pas des objets nouveaux. Hubert Guillaud
Quand la technologie devient l’architecte de notre intimité « Combien de fois par jour vérifiez-vous votre e-mail ? Dès votre réveil ? Avant de vous coucher ? Une douzaine de fois entre les deux ? Si vous êtes comme beaucoup d’entre-nous, le clignotant rouge de votre BlackBerry est la première chose que vous voyez chaque matin – vous avez un message ! – et la dernière lumière à disparaître quand vous vous endormez », rappelle Jessica Bennett pour Newsweek. On ne présente plus l’ethnographe et psychologue Sherry Turkle directrice du département sur la technologie et l’autonomie du MIT et auteur de nombreux livres dont La vie à l’écran sur l’identité à l’heure de l’internet (1995), ou La simulation et son malaise (2009). Image : Sherry Turkle photographiée par Jean-Baptiste Labrune en mars 2009. Notre attention et nos sentiments entrent en conflit avec les machines Certes, la technologie, malgré ses défauts, rend la vie plus facile. « Mais pouvons-nous vraiment changer nos habitudes ? Des exemples dramatiques font-ils pathologie ?
Quand Whisper laissait les données personnelles de ses utilisateurs sans protection - NewZilla.NET Selon le Washington Post, cette application mobile qui a connu son heure de gloire au mi-temps des années 2010 a laissé pendant plusieurs années les données de 900 millions de comptes, dont beaucoup appartenant à des utilisateurs mineurs, en accès libre, sans mot de passe. Aujourd’hui tombée dans un oubli relatif, l’application Whisper (“Chuchoter”, “Murmurer” en français), fut l’une des étoiles filantes de l’ère numérique. Cette application, très prisée du public adolescent, permettait de publier des messages de manière anonyme. Des messages pouvant aller de la déclaration d’amour secrète aux vengeances personnelles les plus mesquines et parfois les plus cruelles. Cette application a connu son heure de gloire au mi-temps des années 2010. Seulement voilà, il y a un “hic” et de taille… Des informations allant de l’âge à la localisation en passant par le pseudonyme ou encore l’orientation sexuelle renseignés sur l’application. Vous avez aimé cette information?
« Alexa, passe-moi le sel ! » : comment les enceintes connectées s’incrustent peu à peu dans nos foyers Il y a à peine une décennie, l’idée de dialoguer avec nos objets du quotidien relevait encore de la science-fiction. Vous pouviez éventuellement balancer quelques noms d’oiseaux à votre imprimante dysfonctionnelle, mais elle ne vous répondait pas. Aujourd’hui, comme si vous viviez dans un épisode de la série Black Mirror, une enceinte connectée pourra très bien vous raconter une blague comme « Monsieur et madame Chette ont une fille… » – oui, c’est ça : « Barbie » – ou vous rappeler d’aller chercher vos enfants à l’école. Inspirés par l’ordinateur de bord de la série Star Trek, les premiers modèles de ces smart speakers (« enceintes intelligentes ») ont été lancés par Amazon en 2014 aux Etats-Unis, avant d’arriver en France en juin 2018. Alors qu’il fallait frotter la lampe pour convoquer le génie des contes, c’est en prononçant un mot de passe que l’on réveille aujourd’hui le génie de l’enceinte.