
« Les femmes musulmanes sont une vraie chance pour le féminisme ». Entretien avec Zahra Ali Zahra Ali est engagée depuis de nombreuses années au sein de dynamiques musulmanes, féministes et antiracistes. Elle est doctorante en sociologie à l'EHESS et à l'IFPO. Elle vient de publier Féminismes islamiques où elle donne la parole à des chercheuses et militantes investies dans les mouvements du féminisme islamique (Omaima Abou-Bakr, Zainah Anwar, Margot Badran, Asma Barlas, Malika Hamidi, Saida Kada, Hanane al-Laham, Asma Lamrabet et Ziba Mir-Hosseini). Dans cet ouvrage, elle défend la nécessité de « décoloniser le féminisme » afin de le renouveler. Contretemps : La parution de ton livre paraît d'autant plus importante aujourd’hui que parler de féminisme islamique suscite en France des réactions immédiates de surprise voire d’incompréhension. Zahra Ali : L’association des deux termes « féminisme » et « islam » n’est pas évidente pour beaucoup de gens. L’association dans la pratique existait donc déjà, mais sans forcément s'inscrire dans la terminologie utilisée en Europe.
Ce que le racisme doit à la race : une perspective (dé)constructiviste - Fondation Frantz Fanon Intervention de Magali Bessone - Université de Rennes 1, EA 1270 – IUF - dans le cadre du Séminaire Migrations & Multiculturalisme Mercredi 11 décembre 2013 - Sciences Po Dans mon livre Sans distinction de race ? (Vrin, 2013), je me propose d’une part de défendre une position épistémique et ontologique sur la race (quel type de concept est le concept de race ?), d’autre part, d’en tirer une position normative sur ce que nous devrions faire avec la race. Je soutiens qu’il est indispensable de mobiliser la notion de race pour lutter contre le racisme et que pour cela il faut comprendre ce qu’est la race. I. Déconstruire la notion de race suppose que l’on s’empare de la notion et qu’on l’analyse au même titre que d’autres — ce faisant, ne risque-t-on pas de lui donner une positivité, une reconnaissance, scientifique et sociale, alors même qu’elle n’a pas de légitimité biologique et qu’elle est socialement dangereuse ? la race n’est pas un genre naturel, mais un genre social ; II.
mobile.lesoir Le port du voile islamique par les femmes musulmanes est désormais autorisé dans la Gendarmerie royale du Canada, a annoncé mardi le gouvernement canadien. « Cette addition à l’uniforme » de la police montée a été décidée récemment par le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Bob Paulson, a dit à l’AFP Scott Bardsley, porte-parole du ministère de la Sécurité publique. La décision « de permettre aux membres féminins de confession musulmane de porter le hijab, si elles le désirent », vise à encourager ces dernières « à envisager une carrière avec la Gendarmerie royale du Canada », a déclaré M. Bardsley, confirmant des informations du quotidien La Presse. Le porte-parole n’était pas en mesure de dire si des femmes portent actuellement le hijab dans la police fédérale, renvoyant l’AFP à la GRC, qui n’avait pas encore réagi. 3 sortes de hijab ont été testées Trudeau en faveur du burkini
Déconstruire la notion de race L’approche postcoloniale qui est revendiquée présente deux aspects que l’on va retrouver tout au long de l’ouvrage. D’une part, celui d’une entreprise critique qui cherche à montrer l’inertie d’une démarche coloniale dans les anciens pays colonisateurs ainsi que dans les anciens pays colonisés. D’autre part, celui d’une visée émancipatrice qui cherche à proposer des solutions pour contrer cette condition coloniale toujours en cours ainsi que le racisme qui l’accompagne. Le livre s’ouvre sur une citation de Stuart Hall, sociologue majeur de la critique postcoloniale, qui évoque le fait que son identité a toujours «reposé sur le fait d’être un migrant». Le but de l’ouvrage est alors de dégager les fondements historiques et épistémologiques de la production de la race et du racisme dans des perspectives à la fois politiques et économiques. Pour une géographie réalisée par les subalternes Une explication juridique de la domination Philosophie et race Genre féminin et production de la race
Sur le travail sexuel : une perspective féministe révolutionnaire – Période Introduction Le débat actuel sur le travail sexuel parmi les féministes a davantage tendance à échauffer les esprits qu’à les éclairer. Les accusations de mauvaise foi fusent des deux côtés, les résultats de recherches sont mobilisés pour affaiblir la position adverse, même lorsque la validité de la recherche elle-même est limitée par ses méthodes et ses champs d’application. Les prises de position des travailleuses du sexe se voient accusées de chaque côté d’être naïves ou manipulées, selon la position respective que leur parole semble renforcer. Au cours de la dernière décennie, ce débat a été largement associé aux démarches pour légiférer sur le travail du sexe à partir d’objectifs féministes. Quand on s’engage dans une bataille politique, des pressions immenses mènent à simplifier à l’extrême les termes du débat. Quand on se penche sur les discussions, on se trouve tiraillée entre des descriptions très contradictoires de la prostitution, qui toutes semblent exactes.
Fyèr, péyi, libèté… Comment le créole est devenu “la” langue antillaise «Défendu de parler créole et de cracher par terre !» Voilà comment, jusque dans les années 1960, les petits Antillais pouvaient se voir rappelés à l’ordre… «Le créole a de tout temps été parlé à l’école, précise le poète guadeloupéen contemporain Hector Poullet. Dans la cour par les élèves, dans la salle des professeurs par les enseignants eux-mêmes, mais il était interdit dans les salles de classe.» Aujourd’hui, les linguistes regroupent sous l’appellation «créoles» toutes les langues hybrides nées du processus colonial, qu’elles soient «de base lexicale» française, anglaise, espagnole ou autres. Le «baragouin», un langage mêlé permettant la communication entre les différentes communautés EN IMAGES De Joséphine de Beauharnais à Aimé Césaire : ils ont marqué l’histoire des Antilles A l’origine, les colonies du Nouveau Monde avaient des airs de tour de Babel, où régnait la plus grande cacophonie linguistique. Une importation massive d’esclaves aux langues africaines très diverses
Guillaume Leroy: En Suisse, les enfants de père inconnu sont placés sous curatelle et la mère n’a pas l’autorité parentale Quelques précisions importantes à propos du premier texte de loi (modification du Code civil du 1er janvier 2013 relative à la Protection de l’adulte, droit des personnes et droit de la filiation) qui est un texte dangereux. Pourquoi ? Parce que cette modification de loi donne tout pouvoir à l’état pour mettre des personnes sous tutelle, les placer et les interner (placement à des fins d’assistance - art. 428, etc.) de force, tout en restant flou sur les conditions justifiant ces mesures (par exemple, l’incapacité de discernement qui peut être tout et n’importe quoi, les pathologies psychiques également). Donner un si grand pouvoir avec des notions floues, c’est ouvrir la porte à tous les abus. D’autant plus que peu avant l’entrée en vigueur de cette loi, les autorités suisses ont engagé un grand nombre de psychiatres et de psychologues dans les tribunaux. Les lois d’application (LaCC) de cette modification de loi contiennent d’ailleurs des pratiques dictatoriales très claires : III.
«Il n’existe pas 2 sexes (mâle et femelle) mais 48» Berlin, 19 août 2009, Championnats du monde, finale du 800 mètres «dames» : la Sud-Africaine Caster Semenya, 18 ans, accomplit un véritable exploit en courant la finale du 800 mètres féminin en 1 minute 55 secondes 45 centièmes. Sa victoire est de courte durée. À peine la course finie, le staff des équipes rivales et les journalistes sportifs accusent la championne d’être un homme. Les épaules de Caster Semenya sont trop larges, son bassin trop étroit, sa poitrine trop plate, ses maxillaires trop carrées… «trop», «trop», «trop»… pour être considérée comme une «authentique femme». Le commentateur Mondenard déclare même sur Europe 1 «onze athlètes avaient une culotte et une seule avait un bermuda» (1). Aurait-il fallu que Caster porte du maquillage ? L’accès aux toilettes pour dames lui est interdit (alors qu’elle urine avec une vulve). Pour Eric Macé, l’ambiguité sexuelle ne devrait plus être classée dans la catégorie des maladies. Photo © Reuters
Y a-t-il un alpha dans la meute? - Le Temps Ayant passé treize étés à observer une meute sur l’île d’Ellesmere, au Canada, le zoologiste états-unien L. David Mech fait, en 1999, une déclaration dont le ton penaud cache des implications fracassantes pour le petit monde des experts en loups. «On s’est trompés», dit-il, en gros, dans un article intitulé «Alpha Status, Dominance, and Division of Labor in Wolf Packs», publié dans le Canadian Journal of Zoology: les individus alpha, censés dominer le groupe à l’issue d’un processus de compétition, n’existent pas. Pas comme on le croyait, dans tous les cas. Flash-back: on est en 1947. Une histoire de famille Le hic? Re-flash-back. Babouins et management Viennent ensuite les études en captivité: c’est en observant les babouins du zoo de Londres que le zoologiste Solly Zuckermann a élaboré la théorie de la dominance, à la fin des années 1920. Aujourd’hui, les primatologues (et les «loupologues», si on ose) savent que la théorie classique de la dominance est périmée.