
Méchants et méchantes chez Disney (1) : Femmes fortes Dans l’univers manichéen de Disney, le bien et le mal sont facilement identifiables, généralement incarnés respectivement par le héros ou l’héroïne d’un côté, et le méchant ou la méchante de l’autre. Les enfants apprennent ainsi très rapidement ce qu’il convient d’aimer et de haïr, ce qu’il faut devenir et ce qu’il faut au contraire absolument éviter d’être. A force de visionnages et de re-visionnages, ils/elles intègrent de la sorte les normes véhiculées par le studio avec une redoutable efficacité. Or si, dans cet apprentissage, les héros/héroïnes ont une place privilégiée puisque c’est avec eux/elles que l’identification et le mimétisme fonctionnent le plus, les méchant-e-s ont également un rôle important même si uniquement négatif : ils/elles servent de repoussoir, incarnant non seulement ce dont il faut avoir peur, mais aussi ce qu’il faut mépriser et donc ne surtout pas devenir dans sa vie. Femmes fortes Le cauchemar des hommes Les usurpatrices du pouvoir masculin L’origine du mal
Les comédies romantiques américaines sur l’amitié homme/femme : redéfinition ou réaffirmation du couple et de l’Amour ? Sexfriends (No strings attached, 2011), Sexe entre amis (Friends with benefits, 2011), et Friends with kids (2012) nous racontent la même histoire : deux ami-e-s se rendent compte au fil de nombreuses péripéties qu’ils sont amoureux. Le public est content, ces films connaissent un joli succès. Tout va bien. Redéfinir les relations affectives (ça aurait pu être bien….) . . . Jusque ici, on est plutôt d’accord, il est intéressant de redéfinir dans une réflexion commune les relations affectives. L’Amour est dans la place : réaffirmation de la norme Dans une démarche politique, où l’on souhaite déconstruire et comprendre les normes qui régissent notre société, on peut trouver intéressant de brouiller les limites tellement tranchées entre l’amour et l’amitié. . On a remplacé les fleurs par des carottes, et alors ? . « Jamie, veux-tu redevenir ma meilleure amie ? . La sainte trinité Backlash : le couple cet absolu, et l’Amour avec un grand A Dangereux ces 3 films ? Fanny Gonzagues
Rebelle (2012) : mater la rousse Parce qu’il est centré sur une fille qui n’aspire pas à la vie de princesse à laquelle on veut la soumettre, le dernier film de Disney/Pixar a pu passer pour féministe aux yeux de certain-e-s critiques. Le magazine Elle le qualifie ainsi de « conte de fées moderne et féministe »[1], et Télérama va dans le même sens en se réjouissant de voir Disney persévérer dans la « veine capillaire » inaugurée par « l’insolente Raiponce »[2] (j’ai personnellement du mal à voir comment on peut qualifier Raiponce d’insolente mais passons… Cf. sur ce site l’article consacré à ce film). C’est vrai qu’il y avait a priori de bonnes raisons de se réjouir. En effet, Rebelle est le premier long métrage de Pixar à avoir un personnage féminin pour protagoniste (il était temps, après 12 longs métrages et 26 ans d’activité… Mieux vaut tard que jamais comme on dit). Mérida, l’anti-princesse Et pourtant, tout cela commençait plutôt bien. C’est à cette toute tradition que Mérida veut s’opposer. Papa cool Paul Rigouste
Méchants et méchantes chez Disney (2) : Hommes faibles Si les méchantes sont toujours des femmes fortes, les méchants sont au contraire le plus souvent des hommes faibles. Pas au sens où ils seraient moins redoutables que leurs homologues féminines, mais au sens où ils ne correspondent pas à la norme sexiste qui veut que les hommes soient virils et puissants. En effet, ils sont la plupart du temps efféminés et ne recherchent pas le combat frontal avec le héros. Comme on le verra, il existe quelques exceptions à cette règle. Une bande d’efféminés D’un point de vue purement physique, on peut d’abord remarquer que les méchants ne sont pas aussi athlétiques et virils que les héros auxquels ils sont confrontés. Prince Jean sur un trône beaucoup trop grand pour lui On retrouve la même idée chez le personnage de Scar dans Le Roi Lion. Cela renvoie à un signe caractéristique des méchants chez Disney : ils ont souvent des mains fines et des doigts longs (voire crochus). Jafar et ses mains de gonzesse Montre-moi ta moustache, je te dirai qui tu es
Raiponce (2010) : Peut-on être à la fois princesse et féministe chez Disney ? Comme La Princesse et la grenouille sorti un an plus tôt, Raiponce témoignait de la volonté de Disney de proposer des princesses plus fortes et actives que les Blanche-Neige, Cendrillon et Aurore des débuts. Mais aussi plus indépendantes que les Ariel, Belle ou Jasmine d’après la seconde vague féministe. L’idée était ainsi de parvenir à créer des personnages de princesses aussi fortes qu’ont pu l’être Mulan ou (dans une moindre mesure) Pocahontas, dont l’appartenance à une ethnicité plus « lointaine » avait pu permettre quelques audaces de la part du studio (plutôt habitué à un sexisme des plus réactionnaires). Et la première bande-annonce[1] ainsi que les images diffusées par Disney pour la promotion du film[2] semblaient effectivement pleines de promesses pour tout-e-s ceux/celles lassé-e-s des éternelles histoires de princesses secondant leurs partenaires masculins pour parvenir à accomplir leur destinée (consistant inévitablement à devenir la femme d’un homme…). « Raiponce !
Saga Twilight : violence conjugale et glorification du patriarcat Lorsqu’a eu lieu le phénomène de société « Twilight » (livres et films), nombreux l’ont violemment critiqué. Cependant, les critiques négatives ont été globalement orientées sur trois axes : la nullité (des livres, des films, des acteurs, etc.), la défense de la chasteté promue par le roman (Bella et Edward n’ont de relations sexuelles qu’à partir de leur mariage) et la redéfinition (trahison selon certains) du mythe du vampire. Si ces axes de critiques sont relativement pertinents (encore que la nullité est une notion subjective), la saga Twilight propage d’autres idées et modèles, autrement plus dangereux que la virginité avant le mariage. Nota Bene : Le site étant basé sur l’analyse de productions audiovisuelles, l’analyse sera effectuée sur les 5 films de la saga, bien que des comparaisons avec la série de romans soient occasionnellement faites. La relation entre Bella et Edward Twilight, ou une énième relecture de Cendrillon Ce rêveeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee bleu…
La Reine des Neiges ou : quand Disney avance d’un pas et recule de trois. Depuis quelques années, Disney semble attentif à ne blesser personne pour ne s’attirer les foudres d’aucun public : en témoignent des films pleins de compromis, pas aussi dégradants qu’un Blanche Neige que l’époque peut justifier mais néanmoins encore emplis de clichés nauséabonds. Par exemple, en réponse à des critiques, le nom et la profession de l’héroïne de La princesse et la grenouille ont été changés : l’héroïne s’appelait initialement Maddy, un nom qui rappelle l’esclavage, et travaillait comme femme de chambre d’une femme blanche. Globalement, le studio semble tenter de se montrer plus progressiste, ce qu’on a vu avec Il était une fois, La princesse et la grenouille, Raiponce, les Mondes de Ralph. Une histoire de sœurs ou la Womance chez Disney. Mon dieu mais que vois-je ? Non pas une mais DEUX héroïnes ?! Là, la solidarité féminine est le cœur de l’intrigue de La Reine des Neiges ; ce qui motive les actions des deux héroïnes et résout les problèmes. Le film possède non pas une…
Bromance VS Womance Après les grandes épopées amicales masculines des années 80-90 (surnommées buddy films) telles que L’arme fatale ou Men in Black, les années 00 ont vu apparaître un sous genre : la bromance (contraction de brother et de romance), à la fois descendant des buddy films et participant au genre de la comédie romantique. C’est l’histoire d’une relation très proche entre deux ou plusieurs hommes, une amitié qui reprend les codes de la relation amoureuse hétérosexuelle : monogamie et serment à vie. Encore une fois, Hollywood semble faire preuve d’un certain progressisme dans la construction de ce nouveau genre, mais détrompons-nous immédiatement, il faut désamorcer la menace homosexuelle qui pourrait peser sur des relations proches entre personne du même sexe, ainsi les héros de ces films auront souvent à prouver leur hétérosexualité et leur virilité, car elle est problématique dans ces films. En effet, ils sont gros, geeks, pas beaux, puceaux, glandeur, etc. Ensemble, oui…Mais attention !
Atlantide, l’empire perdu, retrouvé et sauvé par l’homme blanc Sorti en 2001, Atlantide, l’Empire Perdu est un film des studio Disney inspiré officiellement par l’univers de Jules Verne et beaucoup moins officiellement par l’animé Nadia, le secret de l’eau bleue, le film d’animation Le château dans le ciel des studios Ghibli et le film Stargate.1 Atlantide, l’Empire Perdu raconte l’histoire de Milo Thatch, un jeune linguiste dont le rêve est de découvrir la cité perdue d’Atlantide. Grâce au mécénat d’un excentrique millionaire, il se retrouve à la tête d’une expédition jusqu’à la cité perdue, qu’il découvre être en grand danger. Un héros moins viril que d’habitude… Milo Thatch est un intellectuel chétif, maladroit et dégingandé, tranchant par là avec la virilité triomphante que l’on retrouve généralement chez les protagonistes masculins de Disney. Paul Rigouste a montré dans son article que les méchants était souvent « représentés comme étant efféminés » et les gentils très virils. Avant j’étais maladroit et maniéré… Surtout ne touche à RIEN… Normal 0
Les nouvelles adaptations de contes de fées sont-elles vraiment féministes ? Les contes de fées mobilisent le plus souvent des schémas profondément sexistes : les personnages féminins, généralement loués pour leur beauté et leur douceur, sont passifs tandis que les personnages masculins, héroïques et intelligents sont actifs dans l’histoire. Faisant partie intégrante du patrimoine culturel occidental, les contes de fée ont souvent été adaptés de façon relativement fidèle[1] au cinéma, on peut citer La belle et la bête de Jean Cocteau en 1946, Peau d’âne de Jacques Demy en 1970, Le petit poucet de Michel Boisrond en 1972, et bien entendu les nombreux films Disney inspirés de contes de fées, tradition de la maison de production depuis Blanche-Neige et les 7 nains, leur tout premier long-métrage en 1937. Inspirés de Cendrillon et sortis respectivement en 1998 et 2004, A tout jamais d’Andy Tennant et Ella au pays enchanté de Tommy O’Haver étaient déjà des précurseurs de cette nouvelle vague de contes de fée réadaptés. Des héroïnes plus fortes et plus présentes Julie G.
Pocahontas (1995) : être femme et indienne chez Disney Pocahontas et Mulan, sortis respectivement en 1995 et 1998, sont souvent décrits comme une tentative de la part de Disney de réagir aux accusations de racisme, notamment dans Aladdin et Le Roi Lion, et de sexisme, notamment dans La Petite Sirène et La Belle et Le Bête. Tous deux des succès commerciaux, ils ont pour personnage principal une femme, et qui plus est une femme qui vient d’une autre culture de la nôtre. En ce sens, ces films sont inédits chez Disney. Ces deux films sont une tentative de la part de Disney de sortir des personnages féminins stéréotypés et de montrer des femmes fortes, qui poursuivent leur propre voie et sont indépendantes des hommes. Ils sont également une tentative de sortir des stéréotypes racistes (typiques de l’ethnocentrisme Disney) qui sont très présents dans leurs films de la fin des années 80 et du début des années 90. Essayons de voir si ça a marché. Pocahontas, beauté obligatoire Des représentations non-aphrodistes…[4] …à la représentation de Disney Annexe
Leading Men Age, But Their Love Interests Don’t Yesterday, Kristen Stewart fell out of the con-artist comedy Focus after Will Smith replaced Ben Affleck as the male lead; according to Variety, she was nagged by "the feeling that the age difference between the two would be too large a gap." For the record, Smith is a mere four years older than the 40-year-old Affleck, and if it seems a little odd that either of them would be considered a romantic partner for the 23-year-old Stewart in the first place … well, welcome to Hollywood. It seems like time and time again, male movie stars are allowed to age into their forties, fifties, and even sixties while the ages of their female love interests remain firmly on one side of the big 4-0, but is this a perception borne out of reality? To find out for sure, Vulture has analyzed the data of ten middle-aged leading men and the ages of the women they've wooed onscreen; you'll see the results in the charts below. How'd we arrive at our conclusions? Scroll down to check out our findings in-depth.
Aladdin (1992) : Disney au pays des barbares Aladdin est un des plus grand succès de Disney, et mérite donc qu’on s’y attarde assez longuement. Racisme et orientalisme: un cocktail signé Disney Le film s’ouvre sur une chanson (Arabian Nights) que Disney s’est vu obligé de modifier car la Ligue Arabo-Américaine Contre les Discriminations s’est plainte (plusieurs fois, et sur plusieurs mois) que celle-ci était raciste. Spécifiquement, les paroles qui posaient le plus problème étaient « Where they cut off you ear if they don’t like your face, It’s barbaric but hey, it’s home ». Ces paroles n’étaient pas la seule chose que La Ligue avait remarquée. Elle avait remarqué que le héros de l’histoire avait un physique étrangement européen alors que le méchant de l’histoire, et même tous les méchants de l’histoire, ont des visages arabes. Cherchez l’intrus… Aladdin est truffé de stéréotypes et de clichés sur le monde arabe, et ce dès le tout début du film. Sortir du stéréotype avec Disney On n’est pas du même monde nous deux…bin pourtant si Liam
L’esquisse du genre - Représentations de la féminité et de la masculinité dans les longs-métrages Disney (1937-2013) « Father’s hunting in the forest, mother’s cooking in the home,I must go to fetch the water till the day that I am grown [...]Then I’ll have a handsome husband and a daughter of my own,And I’ll send her to fetch the water, I’ll be cooking in the home. »« My own home » Le livre de la jungle (1967) 1 Voir notamment le site www.lecinemaestpolitique.fr. 1La sortie en 2010 du cinquantième long-métrage d’animation des studios Disney, Raiponce, a donné lieu à d’élogieuses critiques de la part de nombreux titres de presse et sites d’information en ligne. Ravi de découvrir « un disney teinté de féminisme », le Journal du Dimanche décrit sur son site une héroïne au « tempérament fougueux » et un film détournant tous les codes du conte de fée. Guillemette Odicino, journaliste à Télérama, dépeint à son tour « une princesse moderne, pas le genre à attendre tranquillement son prince charmant en chantonnant ». 30Au-delà de ces éléments communs, les marâtres se divisent en deux groupes.