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Frederic Lordon « Etat de décrépitude de la zone euro »

Frederic Lordon « Etat de décrépitude de la zone euro »

Conspirationnisme : la paille et la poutre Le peuple est bête et méchant, le peuple est obtus. Au mieux il pense mal, le plus souvent il délire. Son délire le plus caractéristique a un nom : conspirationnisme. Le conspirationnisme est une malédiction. Pour une pensée non complotiste des complots (quand ils existent) Il faudrait sans doute commencer par dire des complots eux-mêmes qu’ils requièrent d’éviter deux écueils symétriques, aussi faux l’un que l’autre : 1) en voir partout ; 2) n’en voir nulle part. Sans doute ne livre-t-il pas à lui seul l’intégralité de l’analyse qu’appelle la crise financière, et c’est peut-être là l’une des faiblesses notoires du conspirationnisme, même quand il pointe des faits avérés : son monoïdéisme, la chose unique qui va tout expliquer, l’idée exclusive qui rend compte intégralement, la réunion cachée qui a décidé de tout. Le conspirationnisme comme symptôme politique de la dépossession L’apprentissage de la majorité (à propos de la « loi de 1973 ») À conspirationniste, conspirationniste et demi !

Frédéric Lordon lance une charge virulente contre Thomas Piketty et son “Capital au XXI ème siècle” - NPA - Comité de l'Ariège Ce 17 avril dans “Ce Soir (ou jamais !)”, l’économiste et sociologue Frédéric Lordon a débattu avec l’auteur du “Capital au XXIe siècle” Thomas Piketty sur la nature du capitalisme et les moyens d’en sortir. Lordon est l’auteur d’une charge virulente du livre de Piketty ce mois-ci dans “Le Monde diplomatique”. Deux ans après la parution du Capital au XXIe siècle (éd. Seuil), la somme de l’économiste Thomas Piketty devenue un best seller international, on n’en a pas fini de gloser sur son contenu. L’article de Frédéric Lordon dénote dans le paysage médiatique qui a été unanime pour saluer la qualité et la teneur politique de ce livre. “On cherche en vain les luttes sociales”S’il lui reconnaît “l’énormité et la qualité du travail statistique”, Frédéric Lordon est loin d’être convaincu par l’analyse et les conclusions jugées faussement subversives de Piketty.

Lordon : « Le soulèvement ou la table rase par l'effondrement » Le 15 janvier 2011, Frédéric Lordon, économiste hors sérail microcosmique, était invité à une conférence organisée par Attac et Mediapart sur le thème : « Quel remède à la crise démocratique européenne ? » Frédéric Lordon décida de répondre à cette question « sans circonvolutions inutiles ». « Ma réponse, c’est : le soulèvement ou bien la table rase par l’effondrement financier. » La “démocratie” des marchés La démocratie représentative n’existe plus, pose Frédéric Lordon en citant le cas du référendum de 2005 et en pointant les pions Papademos et Monti avancés sans scrupules par la troïka financière (BCE, Commission européenne, FMI) au mépris de toute souveraineté populaire. La loi des marchés (ces « tiers inclus au contrat social ») règne en maître. Citant la récente dégradation de la France, Frédéric Lordon relativise l’importance d’agences de notation parfaitement « périphériques ». S’attaquer à la structure d’ensemble La reconstruction, mais avec qui ?

Ruffin, Morel, Lordon, Fakir & Co : VIVE LA BANQUEROUTE ! L’histoire comme arme Ce n’est pas comme ça Yves Calvi , animateur de C dans l’air : « Le seul enjeu de 2012 ne doit-il pas être la réduction de la dette française et les moyens proposés pour y arriver ? » Nicolas Baverez , du Point : « Oui. » Nicolas Beytout , des Échos : « Si. » Jean-Pierre Gaillard , de LCI : « Bah oui ! Philippe Dessertine , professeur de finance et de gestion, qui signe régulièrement dans Libération : « Bien sûr... Yves Calvi : « Tout le monde est d'accord ? Nicolas Baverez : « Il n'y a pas d'alternative au désendettement de l'État. » (France 5, 14 septembre 2011). Cette petite musique, nous la connaissons par cœur. La dette est à payer. L’austérité, nécessaire. Les réformes, impératives. Sur tous ces points « il ne devrait pas y avoir de débat », prévient le Cercle des économistes. Tout ce fatalisme, là réside leur habileté, se déguise en « leçon de réalisme ». « Regardons la réalité en face », répètent-ils. Tel un miroir, le réel ne renvoie plus qu’au réel. Une tradition

Le commencement de la fin Pareilles aux images aériennes du front de tsunami avançant inexorablement vers une côte japonaise dont le sort est scellé, le déploiement de la crise financière depuis trois ans donne une impression d’irrésistible fatalité, avec en prime cette sorte d’incrédulité un peu stupide de dirigeants qui croient encore pouvoir tout sauver quand tout est déjà compromis. Un choc de la magnitude de la crise dite « des subprime », crise dont on ne redira jamais assez qu’elle a été celle de la finance privée, était voué à produire, via le canal du crédit, une récession dont les conséquences sur les finances publiques s’annonçaient désastreuses. Plus encore impliquées dans la détention de titres souverains qu’elles ne l’ont été dans les titres privés hypothécaires, un choc massif dans l’un puis l’autre compartiment menace de mettre à bas tout le système des institutions financières. Quand les agences font de la politique Les Etats-Unis à leur tour dans la lessiveuse Le chaos cognitif de la finance

La Société des affects (2013), Frédéric Lordon, Sciences humaines Voilà que les sciences sociales contemporaines se prennent de passion pour les « émotions ». Mais le risque est grand que ce « tournant émotionnel » les fasse tomber dans un individualisme sentimental qui porte à son comble l’abandon des structures, des institutions et des rapports sociaux, par construction coupables de ne pas faire de place aux choses vécues. Comment articuler les affects et les désirs des hommes avec le poids de détermination des structures ? Comment penser ensemble ces deux aspects également pertinents ? Économiste devenu philosophe, Frédéric Lordon s’attache au fond par ce travail à la « réfection de nos sous-sols mentaux ». Directeur de recherche au CNRS, Frédéric Lordon est notamment l’auteur de L’Intérêt souverain (2006), J usqu’à quand ?

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