Les pavillons éphémères de l'Exposition coloniale
Contexte historique Une visite à l’Exposition coloniale de 1931 Les divers documents réunis permettent de découvrir trois pavillons d’aspect monumental élevés à l’occasion de l’Exposition Coloniale de 1931. On a aujourd’hui peine à croire que ces architectures prenaient place dans l’est parisien, tout au long d’un parcours développé autour du Lac Daumesnil, à l’orée du Bois de Vincennes. Analyse des images Un gigantisme digne des Expositions Universelles La grandiloquence des reconstitutions s’inscrit dans la lignée des mises en scène proposées dans les expositions universelles et internationales organisées à Paris depuis le XIXe siècle. Interprétation La mise en scène coloniale : une idéologie L’exaltation du monde colonial avait toujours eu une large place dans les Expositions Universelles parisiennes, notamment en 1867 puis en 1900.
La violence coloniale. Enjeux d’une description et choix d’écriture
1Qu’attend-on d’une description en général et d’une description de la violence en particulier ? Qu’elle nous la donne à voir, à ressentir ? Ou alors qu’elle nous en éloigne, nous en dégoûte peut-être ? Peut-elle, au-delà, nous apprendre quelque chose et établir qu’il y a là, dans la violence telle qu’elle est décrite, quelque chose à comprendre ? 2La question de l’indécence et du voyeurisme éventuels d’une description se mêle à une réflexion sur les buts et les effets. 3Aucune de ces questions n’est propre à une discipline des sciences humaines et sociales. 4Et pourtant, il faut le suspendre et réintroduire du sens qui soit d’une autre nature et qui dépasse l’évidence de l’expérience commune. 5Consciente de la dimension très personnelle de cette analyse, je ne la masquerai pas derrière un discours globalisant. 6Avant la question de la description, il y a la question de la violence. 8Qu’en est-il pour la violence coloniale ? 25Le premier est de donner à voir.
122. "La Tonkinoise" (1906)
Depuis "La casquette du père Bugeaud", la chanson coloniale a fait son entrée dans la culture populaire, grâce à l'école en particulier. Mais au début du XXème siècle, la chanson coloniale ne célèbre plus la conquête, elle véhicule l'exotisme, l'érotisme, souvent sur un mode comique qui n'hésite pas à verser dans le racisme. "hésitant entre aventure, érotisme et racisme, coups de clairon et nostalgie, à l'heure, à l'heure exacte où la chanson, ce vieux fleuron des cultures populaires gauloises, se faisait industrie, spectacle, rêve et distraction à vocation européenne et mondiale" (J.-P. Rioux dans l'article "Chanson" du Dictionnaire de la France coloniale, Flammarion, 2007). Pour replacer cette chanson dans le contexte de l'époque, voyez cet entretien que nous avait accordé l'historien Pascal Blanchard sur la culture coloniale dans la France républicaine : La culture coloniale dans la France républlicaineenvoyé par augris Pour qu'j'finisse mon serviceAu Tonkin je suis partiAh ! Au refrain
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La propagande coloniale dans les années 1930
Contexte historique 1931, l’aboutissement d’un projet grandiose La tradition des expositions coloniales s’enracine dans la première moitié du XIXe siècle. Inclus dans les expositions universelles depuis 1855, les produits et les richesses des colonies ont également fait l’objet de manifestations particulières de nature propagandiste. Paris entretint sur ce point une rivalité avec Marseille, pionnière dans ce type d’expositions à partir de 1906. Depuis 1910, Paris avait voulu accueillir à son tour une grande manifestation coloniale. Analyse des images La Plus grande France « Le but essentiel de l’Exposition est de donner aux Français conscience de leur Empire ». Interprétation La portée du message colonial Ouvrage grandiose de la propagande coloniale dans la métropole, l’Exposition de 1931 peut être considérée comme l’un des évènements majeurs de l’entre-deux-guerres qui égala, par son prestige, l’Exposition Universelle de 1900.
La conquête de l'Algérie
Contexte historique La conquête de l'Algérie En juin 1830, la prise d'Alger décidée par Charles X est une opération de prestige conduite à des fins de politique intérieure. Héritant de cette encombrante conquête, Louis-Philippe hésite entre l'évacuation des troupes (demandée par l'Angleterre et les libéraux) et leur maintien (souhaitée par une opinion publique patriotique). Analyse des images La gloire et l'épaulette Pour le musée de Versailles, Louis-Philippe passe commande à Horace Vernet de nombreuses toiles destinées à illustrer les principales victoires de la campagne algérienne. Ces peintures suivent les règles habituelles de la représentation des batailles : tableaux pleins de bruit et de fureur, juxtaposition dense de figures, de scènes, parfois noyées dans la fumée, enchevêtrements d'armes, de combattants et de chevaux. On remarquera à l'arrière-plan droit du Combat de l'Habrah quelques dromadaires et des Africains qui portent secours aux blessés français. Interprétation
L'Exposition coloniale de 1931 à Vincennes - Jalons pour l'histoire du temps présent
A partir de la fin du XIXe siècle, la IIIe République ne cesse de multiplier les initiatives pour convaincre les Français de l'intérêt politique, économique et social de l'empire colonial. Lors de l'Exposition universelle de 1889, une cité exotique est par exemple édifiée sur le Champ-de-Mars, avec un pavillon célébrant les colonies et protectorats français. Progressivement, des manifestations spécifiques, ayant pour unique objet l'Empire colonial, sont organisées, comme par exemple à Marseille en 1906. Un "Comité national des expositions coloniales en France, aux colonies et à l'étranger" prévoit d'organiser régulièrement ce genre d'expositions. Le maréchal Lyautey, qui a construit toute sa carrière dans les différents territoires de l'Empire (Algérie, Indochine, Madagascar, Maroc), est nommé commissaire général en 1927 ; la date est fixée à 1931 et le site choisi est celui du Bois de Vincennes.
240. Alibert: "Nénufar" (1931)
Inauguration de l'exposition coloniale devant le musée permanent des Colonies. Le bas-relief extérieur du bâtiment propose sur 1130 mètres carrés, une mise en image de l'apport économique des colonies à la mère patrie. Un édifice à lire comme "une page du grand livre des colonies." Des indigènes s'affairent, repiquant le riz, transportant les noix de coco dans leurs pirogues, coupant la canne à sucre. A l'intérieur, les peintures de Pierre Ducos de la Haille ornent la salle des fêtes et ont pour thème les apports de la métropole aux colonies. On y voit par exemple un médecin soigner un Annamite ou un Père blanc libérer de ses chaînes un jeune esclave noir. Le 6 mai 1931, le président de la République Gaston Doumergue, accompagné du maréchal Lyautey et de Paul Reynaud, ministre des colonies, inaugure l'exposition coloniale de Paris, installée au bois de Vincennes. L'empire colonial français sur une peinture de propagande coloniale de Milleret (1931). * Un gigantesque luna-park. Sources: