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Etre féministe avec trois grammes

Etre féministe avec trois grammes
I myself have never been able to find out precisely what feminism is: I only know that people call me a feminist whenever I express sentiments that differentiate me from a door mat or a prostitute. ~Rebecca West Le féminisme c’est un peu le point Godwin de mes conversations en soirée. Je finis toujours par lâcher une petite considération sur les différences de genre relatives à tel ou tel phénomène. Il parait que je suis un peu « univariée » dans ma vision du monde (en 2012 j’ai décidé d’arrêter de fréquenter des gens qui utilisent des mots comme « univarié » et « intersectionnalité » après 22h). Ce qui n’est pas une mince affaire. « Ah parce que t’es féministe ? Cette phrase est en général prononcée par « un gentil garçon de gauche, très ouvert, qui sait faire cuire tout seul son riz et qui attend qu’on le congratule lorsqu’il y ajoute des oignons et de la tomate » (dixit Mademoiselle). « Ouais, Eve, elle est FEMINISTE » Mes aïeux ! The radical notion that women are people Like this:

Je ne suis pas féministe, mais… Est-ce que ça t’arrive de commencer une phrase par «Moi je suis pas féministe, mais…»? De rire de ces féministes qui sont extrémistes, insensées, à côté de la plaque? Si on te décrivait comme féministe, tu trouverais ça insultant? En fait il y a un test assez simple. Tu crois que les hommes et les femmes devraient avoir les mêmes droits et les mêmes opportunités dans la vie.Tu comprends qu’on n’y est pas encore vraiment, et que la majorité des inégalités affectent les femmes. C’est aussi simple que ça. Bien sûr je n’ai pas l’intention de te forcer à porter une étiquette. Dans la suite de cet article, je parlerai de ce qu’est le féminisme — à mon sens — et de ce qu’il n’est pas. Le féminisme c’est… Le féminisme c’est un système de valeur qui associe deux choses: une croyance morale dans l’égalité des sexes, et une analyse sociologique qui dit que, dans l’ensemble, il se trouve que les femmes sont désavantagées. C’est un peu large comme définition, mais c’est fait exprès.

Les trolls féministes S’il est un phénomène que les militants, peu importe la cause, connaissent bien, c’est l’énergumène. Pour employer un mot gentil. Sinon je parlerais de gros connard qui n’y connait rien mais vient ramener sa pseudo science. Je vous rassure, le gros connard peut être une grosse connasse. Efforçons nous donc de disséquer les différents types qui squattent les espaces féministes. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. la victime"Je ne comprends pas. 14. J'en oubliais ma conclusion. Ces trolls sont ce que des végétariens appelleraient "le cri de la carotte". Si vous faites donc partie d'une des catégories précitées, on sera peut être de bonne humeur et on vous répondra.

Pas si grave | Polyvalence mon pote Je crois que le pire dans les violences sexistes, qu’elles soient physiques ou autres, c’est qu’on tente toujours de les minimiser. De te dire qu’ailleurs c’est pire, que tu exagères… C’est d’ailleurs très parlant, puisque comme dit Christine Delphy « Quand une féministe est accusée d’exagérer, c’est qu’elle est sur la bonne voie. » S’agissant du harcèlement de rue par exemple, il m’aura fallu de longues discussions sur Internet, et en particulier sur Twitter, pour mettre le doigt sur ce que ces comportements avaient de terrible et de glaçant sous leurs dehors de drague un peu cheap. Evidemment, ça m’énervait qu’on me parle mal parce que ma jupe était trop courte, mon pantalon trop moulant, ou t-shirt trop échancré et que de surcroît j’avais l’outrecuidance de ne pas répondre aux sifflements ou invectives supposément flatteuses. Mais ce n’est pas grave, n’est-ce pas, ce ne sont que des mots… C’est donc d’actes qu’il faut parler ? Diane L’ombre de la domination Illustration par Shetty

Sois conne mais surtout tais toi, ou, je persiste et je signe De nombreux lecteurs et lectrices se sont offusqués de ma petite bafouille d'avant-hier - ca tombe bien c'était le but - en disant en substance que j'étais 1. très intolérante (scoop de l'année) 2. que c'était très vilain de traiter les femmes non féministes de connasses décérébrées. Reprécisons donc les choses. Personne n'a nié que les femmes - et les hommes - sont conditionnés. Les femmes sont éduquées à aimer les vêtements par exemple. dés l'enfance, on leur offrira des poupons à habiller, puis des poupées mannequin, dans les magasine ensuite vous aurez 4 étages de vêtements pour femmes contre un étage pour les hommes. Point coconne. demain nous aborderons le concept "la galanterie, un piège à cons" et tu te diras que vraiment tu n'es pas féministe, kikoolol, trop cool je suis une rebelle against the feminism.

Pourquoi les hommes ? Dans le discours féministe, la formule "les hommes" revient souvent pour qualifier les agents oppresseurs des femmes. Mais pourquoi "les hommes" ? Pourquoi pas "des hommes" ? Ou "certains hommes" ? Ou encore "les machos" ? La formulation "les hommes" nous attire souvent la remarque que son emploi nous place dans l'attitude que justement nous dénonçons: la généralisation. Pourtant, son utilisation se justifie pour plusieurs raisons. Premièrement, "les hommes" désigne la classe sociale des hommes, un concept qui permet l'économie d'une description par le menu de ce que nous entendons par "hommes" dans l'analyse ou l'observation des rapports femmes/hommes. D'ailleurs sans cette solidarité tacite de classe et d'individus, point d'oppression possible. Mon propos fera dire aux adeptes du simplisme que voilà enfin la preuve que les féministes haïssent les hommes ... tous des salauds !!! Alors avant le lynchage qui s'annonce, quelques précisions s'imposent.

Le web dégomme les clichés anti-féministes Un petit aperçu non exhaustif des féminismes sur le web francophone, en forme de dégommage de clichés. Les féministes sont des mal baisées Si vous en êtes encore à ce genre d’idées reçues, allez donc faire un tour sur Sexactu, éminent blog tenu par la truculente Maïa Mazaurette, où l’actualité du sexe se conjugue à des réflexions féministes souvent drôles et stimulantes. Le site Zone zéro gêne, tenu par la journaliste Gaëlle-Marie Zimmermann, se consacre avec le même humour à la sexualité de toutes et tous ; c’est aussi une mine d’infos. Voir aussi le blog d’Agnès Giard, Les 400 culs : ici encore on parle féminisme tout en baisant, ou presque. Saluons enfin la naissance récente de Sexpress, tenu par Camille, épicène ex-plume de Rue69 (aujourd’hui tenu par Renée Greusard) : questions de genre et de sexualité au menu. Les féministes sont sectaires Les féministes n’ont pas le sens de l’humour Et si, elles se déguisent, même ! Le féminisme, c’est la pensée unique Vous voulez du débat ? Autres

Militer, ce n’est pas sale « Je ne suis pas féministe, mais… » Vous l’avez déjà entendue quelque part: elle met le doigt sur une inégalité de genres flagrante, elle exprime une critique par rapport à ce qu’elle considère comme une injustice sexiste. Oui, mais elle commence par s’excuser platement, par se disculper d’une horrible tare: « je ne suis pas féministe, mais… » Je ne suis pas féministe, je suis pour l'égalité. C’est quand même drôle que pour faire une faire une remarque qui relève du féminisme, il faille préciser qu’on n’est pas féministe. Encore qu’on peut apparemment se permettre, en société, de se prononcer pour l’égalité des hommes et des femmes. Qu’a-t-on fait au féminisme? Cette distance par rapport au féminisme est assez proche de la végéphobie. Ainsi, le végane est maladif, rachitique, anormalement émotif, si c’est un homme il est efféminé, si c’est une femme elle est hystérique à outrance. La féministe, elle, souffre de problèmes sexuels, ou affectifs. Je veux bien qu’on m’insulte.

De l'art du "y'a toujours plus grave" Je pars de très loin, question sexisme. Mon entourage n'a jamais vraiment eu à coeur de considérer ce problème avec le sérieux qu'il mérite. Mon ex-petit-ami était un beau condensé de ce que l'on peut voir de mieux côté essentialisme sexiste. Moi, au milieu de tout ça, très influençable que je suis, j'ai du attendre de me prendre des claques dans la gueule pour ouvrir les yeux. Et aujourd'hui, lorsque je tente d'affirmer une position féministe en public, je ne suis que rarement déçue du niveau de négationnisme de mes interlocuteurs. La phrase qui revient le plus souvent? L’exemple qui a déchainé les foules et qui a valu à nombre de féministes (françaises, en l'occurrence) de s’en prendre plein la tronche, c’est récemment la question du mademoiselle/madame sur les formulaires administratifs. - J’en ai marre de me prendre des insultes sexistes dans la tronche tout la journée- Attends, te plains pas ! Alors oui, voilà. Ah oui, parce que le «c’est pire ailleurs» ne marche pas non plus.

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