
Le mystère de la Terreur Recensé : Dan Edelstein, The Terror of Natural Right. Republicanism, the Cult of Nature and the French Revolution, Chicago & Londres, University of Chicago Press, 2009, 337 p., 40$. Chercheur et enseignant à l’université de Stanford, Dan Edelstein est spécialiste des Lumières et de la Révolution française. Dans ce livre, il réinterroge la Terreur à partir des idéologies en vogue au siècle des Lumières, chez les physiocrates et les philosophes. De fait, Edelstein se trouve plus en synergie avec David Bell et les théories de ce dernier sur « la guerre totale » mettant aux prises des ennemis absolus qui tentent de s’éliminer mutuellement, selon un schème conçu par Carl Schmitt (p. 262). Au lieu donc de s’appuyer sur Schmitt, Dan Edelstein remonte à l’origine du concept d’hostilité utilisé dès l’Antiquité, en vue d’analyser la Terreur jacobine. Le mystère de la Terreur dévoilé ? La tentation terroriste
La rédaction du testament de Louis XVI C'est la victime la plus célèbre de la Révolution française : le 21 janvier 1793, le roi Louis XVI, jugé coupable de trahison par la Convention nationale, est guillotiné. Avant de mourir, il laisse un testament qui sera publié le lendemain de sa mort, le 22 janvier, dans le Mercure Universel. La lettre est précédée d'une introduction rédigée par les révolutionnaires, dans laquelle le défunt roi de France est surnommé « Louis Capet » : « Paris. Aujourd'hui 21 janvier 1793, à 11 heures du matin, a été exécuté le jugement de la convention nationale, qui condamne Louis Capet à la mort ; l’exécution s’est faite sur la place de la Révolution, ci-devant Louis XV. On avait fait craindre quelques mouvements. Puis vient le texte rédigé par Louis XVI, le 25 décembre 1792 : Après avoir remis son âme à Dieu (on lui a refusé un confesseur), il écrit : Puis Louis XVI s'adresse à son fils, le dauphin, futur Louis XVII, alors âgé de sept ans (il mourra en 1795) : Avant de conclure :
Site - L'Histoire par l'image : La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789 Christian AMALVI, « Le 14 Juillet », in Pierre NORA (dir), Les Lieux de mémoire, t. 1, « La République », Paris, Gallimard, 1984, rééd. coll. « Quarto », 1996. François FURET, Mona OZOUF, « La prise de la Bastille », in François FURET, Mona OZOUF, Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988, rééd. coll. « Champs » 1992. François FURET, Denis RICHET, La Révolution française, Paris, Fayard, 1965, rééd. 1997. Jacques GODECHOT, La Prise de la Bastille, Paris, Gallimard, coll. « Les Trente Journées qui ont fait la France », 1965.
Réinventer le monde après la Révolution : Louis XVI guillotiné, place au peuple souverain Lorsque, le 21 janvier 1793, la tête du roi Louis XVI tombe, ce n’est pas seulement un « traître » qui a voulu passer à l’ennemi et un « parjure » qui a trahi ses serments constitutionnels de 1791 que la guillotine exécute, c’est aussi un principe de souveraineté. Pour sortir des tragiques guerres religieuses qui ont ensanglanté l’Europe pendant plus d’un siècle, de 1530 à 1648, les Européens ont érigé en système le pouvoir absolu du monarque, incarnant la puissance divine, pour ordonner la mécanique de la société selon les préceptes de la sagesse et de la modération contre la violence des passions individuelles ou collectives. Tuer le roi, proclamer la République, c’est dire que le pouvoir souverain doit naître d’une nouvelle légitimité, s’incarner dans de nouvelles institutions, capables à leur tour de préserver le « vivre-ensemble ». Celui qui, lors de la Révolution, aura poussé au plus loin le principe de la souveraineté populaire est sans doute Robespierre.
Le dictionnaire de l'Histoire - référendum, plébiscite, votation Dans l'Ancien Régime, avant que la Révolution n'achève l'oeuvre centralisatrice de la monarchie, les affaires quotidiennes étaient débattues dans des assemblées locales, qui réunissaient les villageois ou encore les membres d'un corps de métier. Le fruit de leurs délibérations pouvait faire l'objet d'une résolution qui était adressée au représentant du roi, le bailli ou le sénéchal, afin qu'il la mette à exécution. Bien évidemment, le représentant du roi pouvait aussi repousser la résolution. - Votations et démocratie « délibérative » : Cette forme de démocratie « délibérative » est le pendant naturel d'une administration décentralisée, à l'image de l'administration helvétique. - Référendums et démocratie « représentative » : La démocratie « représentative » est le pendant naturel d'une administration centralisée. - Du plébiscite au « référendum d'initiative citoyenne » : Voir : De la Révolution à Notre-Dame des Landes
Le Drapeau Rouge - Chants révolutionnaires - La Carmagnole Madam’ Veto avait promis (bis) De faire égorger tout Paris (bis) Mais son coup a manqué Grâce à nos canonniers. Refrain Dansons la Carmagnole Vive le son (bis) Dansons la Carmagnole Vive le son du canon ! Dansons la Carmagnole Vive le son (bis) Dansons la Carmagnole Vive le son du canon ! Ah ! ça ira, ça ira, ça ira Les aristocrat’s à la lanterne Ah ! ça ira, ça ira, ça ira Les aristocrat’s on les pendra Monsieur Veto avait promis (bis) D’être fidèle à son pays (bis) Mais il y a manqué, Ne faisons pas de quartier. Antoinette avait résolu (bis) De nous faire tomber sur le cul (bis) mais son coup a manqué, Ne faisons pas de quartier. Amis, restons unis (bis) Ne craignons pas nos ennemis (bis) S’ils viennent nous attaquer, Nous les ferons sauter. Oui, nous nous souviendrons toujours (bis) Des sans-culottes des faubourgs (bis) A leur santé buvons, Vivent ces francs lurons. (1869) Que faut-il au républicain ? Que faut-il au républicain ?
Comment enseigner la Terreur Jean-Clément Martin revient sur la notion de Terreur pendant la Révolution, une « fake news » de la mémoire collective française. Historiens et Géographes invite régulièrement un historien spécialiste d'une problématique pour la traiter, de façon simple, afin que chaque enseignant puisse la réintroduire dans ses cours. Il s'agit, à l'aide d'exemples clairs, de faire une mise au point historiographique et épistémologique sur des notions d'histoire que l'on retrouve dans les programmes du secondaire. Pour traiter la notion de Terreur pendant la Révolution, nous avons invité Jean-Clément Martin, auteur de Les échos de la Terreur, vérités d'un mensonge d'État (1794-2001) paru en septembre 2018 chez Belin. * La version originale de cette interview a été publiée par l'Association des Professeurs d'Histoire-Géographe (APHG) sous le titre « Historiens du monde ». APHG : Vous venez de publier chez Belin Les échos de la Terreur, vérités d'un mensonge d'État (1794-2001).
Création de la Légion d'honneur - Histoire analysée en images et œuvres d’art Associer le faste du cérémonial à la destinée tragique des soldats de l’Empire, invalides ou défunts, obéit à la nature propagandiste du régime napoléonien. On verra combien l’hommage rendu à sa « vieille garde » par l’Empereur, lors de ses adieux au château de Fontainebleau, insistera encore sur l’enracinement du régime dans les couches populaires. A cet égard, il faut noter que la première distribution de croix de la Légion d’honneur avait été fixée au samedi 14 juillet, pour marquer le lien avec la Révolution. Elle fut reportée au lendemain, jour férié, pour permettre au peuple d’y assister. Toute la légende napoléonienne est ici résumée : l’ordre de la Légion d’honneur, ordre de mérite et non de chevalerie, consacre l’honneur des combattants de l’Empire et non la naissance ou le rang d’une classe aristocratique dont la vocation militaire avait cessé, dès avant la Révolution, de fonder la légitimité.
Citoyen-ne-s ! Un escape game sur la Révolution Pourquoi créer un escape game ? Rappelons d’abord ce qu’est un escape game : un escape game, ou jeu d’évasion en français, consiste classiquement en l’enfermement d’un petit groupe de personnes dans une pièce, dans laquelle sont cachés indices et énigmes qu’il faudra résoudre pour pouvoir sortir, ceci dans un temps limité. La transposition dans un contexte pédagogique, à des fins d’apprentissage, est qualifiée de serious escape game. Pour en savoir plus sur les escape game en contexte scolaire, consulter l’excellent et très complet site : Ce jeu à visée pédagogique a été créé par un binôme professeure-stagiaire et tutrice en établissement. Pour qui ? Les trois derniers jours de l’année scolaire, les élèves de seconde après le conseil de classe, sont regroupés en fonction de leurs choix d’orientations. Le scénario L’idée de départ était de construire un jeu sur la place des femmes dans la Révolution française. Le lieu de l’escape game La vidéo C.
Histoire . Les “fake news” déjà à l’origine de la Révolution française Nous vivons à l’ère de la postvérité. La fabuleuse indifférence qu’affiche le futur président Donald Trump envers des informations vérifiables, voire ce qu’il a lui-même déclaré, est le reflet de cette situation, que son attitude ne fait qu’aggraver. Le vaste réseau inextricable d’agrégateurs et de sites d’“information” qui diffusent des nouvelles douteuses joue un rôle tout aussi important. Car ces rumeurs sont, ensuite, amplifiées par les réseaux sociaux. Ce phénomène n’est “nouveau” que dans la mesure où il est pire que par le passé, mais ses racines remontent loin dans l’Histoire, jusqu’à la France du XVIIIe siècle. Des ministres décrits comme incompétents et obsédés Dans une série de livres qui ont fait date, l’historien Robert Darnton a reconstitué l’atmosphère de ce qu’il a appelé le “monde des écrivaillons parisiens”, peuplé de besogneux et de plumitifs, qui, en butte au mépris des institutions sociales et politiques du Paris du XVIIIe siècle, ne rêvaient que de les saper.