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Dette publique, la conjuration des bonnes idées, par Laurent Cordonnier

Dette publique, la conjuration des bonnes idées, par Laurent Cordonnier
En s’accordant, lors du sommet européen du 9 décembre 2011, sur un nouveau pacte budgétaire intergouvernemental, les chefs d’Etat européens ne se sont pas seulement entendus sur une condamnation des peuples de l’Union aux fers et aux chaînes de la rigueur perpétuelle, ils ont aussi pactisé sur le renoncement à deux idées qui faisaient leur chemin : faire payer les banques, comme l’avait défendu l’Allemagne pour traiter du cas de la Grèce, et encourager la Banque centrale européenne (BCE) à racheter les titres de dette des pays attaqués, comme le souhaitait la France. Donnant-donnant : il fut convenu de ne plus embêter son voisin avec une idée qui le dérangeait. Sans doute aussi qu’en fermant à clé les issues de secours, les uns et les autres pensaient apaiser les flammes de l’incendie. Les issues se rouvriront certainement sous le souffle de l’explosion. Le plus étonnant est plutôt le refus obstiné d’envisager un rachat substantiel des titres de dettes publiques par la BCE.

Pourquoi veulent-ils casser l’école ?, par Christian Laval En septembre 2007, à peine élu président de la République, M. Nicolas Sarkozy avait exprimé dans une « Lettre aux éducateurs » son souhait d’une école avec « moins de professeurs ». Et, pour une fois, la promesse a été tenue, avec la suppression de seize mille postes d’enseignant en 2011 et 2012, ce qui devrait conduire à la destruction de quatre-vingt mille postes en cinq ans dans l’enseignement primaire et secondaire. Cette véritable saignée suscite colère et inquiétude chez les enseignants, mais aussi chez les parents d’élèves et, désormais, chez les maires, y compris ceux de l’Union pour un mouvement populaire (UMP). Même l’enseignement privé, pourtant moins touché en proportion par ces coupes dans les effectifs, se met à donner de la voix. Taille de l’article complet : 1 863 mots. Vous êtes abonné(e) ? Connectez-vous pour accéder en ligne aux articles du journal. Vous n'êtes pas abonné(e) ? Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout le site.

Extension du domaine de la régression, par Frédéric Lordon Comme dans un rêve de Naomi Klein qui rattraperait les malfaçons de sa thèse initiale, le néolibéralisme européen met un soin particulier à se conformer à la « stratégie du choc » — mais d’un choc qu’il a lui-même largement contribué à produire. On croyait déjà avoir vu du pays avec la « réponse » à la crise (financière privée) sous la forme de plans d’austérité (publique) sans précédent. Mais le prolongement du « pacte de compétitivité » nous emmène pour un autre voyage dont on ne voit même plus le terme. Jusqu’où le paradoxe de l’acharnement néolibéral en réponse à la crise néolibérale peut-il aller ?, c’est une question dont la profondeur devient insondable. Car si des épisodes d’ajustement budgétaire, dans le passé, ont pu rencontrer quelque succès, c’était à la condition impérative d’être accompagnés d’une baisse de taux d’intérêt, d’une dévaluation ou d’un environnement en croissance, toutes choses dont on est d’ores et déjà bien certain qu’elles feront défaut.

Banking's SWIFT says ready to block Iran transactions Le rêve amazonien de Henry Ford, par Greg Grandin Industrialiser la jungle, embrigader les Brésiliens Il adorait l’ordre et le pain complet, détestait les vaches et les syndicalistes. Au début du XXe siècle, l’industriel américain Henry Ford impose sa vision du monde à la construction automobile. Avec l’ambition d’étendre « rationalisation » et « standardisation » à toutes les activités humaines. En créant Fordlandia au cœur de l’Amazonie, autour d’un centre de production de caoutchouc pour ses pneumatiques, il met son rêve en pratique. par Greg Grandin, août 2011 Aperçu Quand, en 1927, Henry Ford annonça que sa compagnie avait acquis en Amazonie une concession de la taille du Connecticut pour cultiver du caoutchouc et bâtir une ville en pleine jungle, la presse américaine célébra l’événement comme la rencontre de deux forces pareillement irrésistibles. L’installation de l’homme d’affaires américain dans le nord du Brésil correspond à ce tournant de l’histoire où le temps des aventuriers bascule dans l’âge du commerce.

Partage des richesses, la question taboue, par François Ruffin «La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’ont pas de précédent dans les quarante-cinq dernières années. » D’où sont tirées ces lignes ? D’un texte de la Confédération générale du travail (CGT) ? Nullement : elles viennent d’un article de la Banque des règlements internationaux (BRI), une institution qui réunit chaque mois, à Bâle (Suisse), les banquiers centraux afin de « coordonner les politiques monétaires » et d’« édicter des règles prudentielles ». Et qui redoute le pire ? Ce constat, chiffré, est unanimement partagé. Par le gigantisme des sommes en jeu, des dizaines de milliards d’euros, ces 9,3 % devraient s’installer au cœur du débat. Des médias entre mutisme et mensonges C’est au début des années 1980 que le basculement intervient. La « flexibilité » aussi a fait plonger les salaires, en les rendant plus irréguliers.

What price the new democracy? Goldman Sachs conquers Europe - Business Analysis & Features - Business This is the most remarkable thing of all: a giant leap forward for, or perhaps even the successful culmination of, the Goldman Sachs Project. It is not just Mr Monti. The European Central Bank, another crucial player in the sovereign debt drama, is under ex-Goldman management, and the investment bank's alumni hold sway in the corridors of power in almost every European nation, as they have done in the US throughout the financial crisis. Even before the upheaval in Italy, there was no sign of Goldman Sachs living down its nickname as "the Vampire Squid", and now that its tentacles reach to the top of the eurozone, sceptical voices are raising questions over its influence. Simon Johnson, the former International Monetary Fund economist, in his book 13 Bankers, argued that Goldman Sachs and the other large banks had become so close to government in the run-up to the financial crisis that the US was effectively an oligarchy. This is The Goldman Sachs Project. Shared illusions, perhaps?

« Vulcanus », une histoire russe Maxim Kantor, encres noires pour siècle rouge Lénine, Staline, Eltsine, Poutine. Comme si près d’un siècle d’histoire russe tenait en quatre noms, qui, de surcroît, font rime... Raconter cette traversée, marquée par sept décennies de communisme et bientôt deux de postcommunisme, en soixante et onze dessins : il fallait être fou pour relever ce défi. Maxim Kantor possède cette folie qui caractérise les grands dessinateurs et peintres, russes et autres. Les lecteurs du « Monde diplomatique » le savent, puisque notre mensuel a déjà publié ses œuvres à plusieurs reprises. Dans la tour de Babel du monde multipolaire et mondialisé, la Russie peine à trouver sa place. Atlantide Naissance de la classe moyenne Sympathique, cet entrepreneur ! Le monde globalisé Cette fois, ça devrait marcher ! Lequel devrais-je croire ? Ils sont si gentils tous les deux ! Un monde multipolaire Traité de l’Atlantique nord — L’eau est bonne, Monsieur ? L’essentiel, c’est d’être au sommet ! Vous êtes abonné(e) ?

A 75 % les riches partiront ? Mais qu’ils partent donc, ils ne nous manqueront pas. Ils sont très remplaçables, leur fortune est inutile à l’économie, et elle est un trouble à l’ordre public. Ah oui : en partant, qu’ils n’oublient pas de déposer leur passeport à la porte. Les faux-semblants de la gauche serpillière Il y a suffisamment de raisons d’être affligé de la campagne du candidat « socialiste » — qui ne trouve mot à redire au traité MES [1] institutionnalisant les principes de l’« ajustement structurel », promet de renégocier le TSCG [2] avec la franchise d’un trafiquant de voitures d’occasion, fait des moulinets contre la finance avant de se rendre à Londres jurer l’innocuité de ses intentions réelles — il y a, donc, suffisamment de raisons d’affliction pour ne pas noter le moindre tressaillement du gauchomètre, dont tous les tracés étaient restés jusqu’ici absolument plats. Les « impossibilités » du mauvais vouloir À négligeable, négligeable et demi... Trickle down... ou trickle up economics ?

La Théorie Monétaire Moderne, une pensée économique alternative, enquête du Washington Post La Théorie Monétaire Moderne, une pensée économique alternative, enquête du Washington Post Air du temps. Le très conservateur Washington Post consacre un long article à la Théorie Monétaire Moderne, l’une des branches héritières du post-keynésisme, dont le représentant le plus éminent est James Galbraith, fils de l’un des économistes les plus réputés en son temps, mais surtout homme respecté par ses pairs, par ailleurs régulièrement consulté par les élus et les responsables américains. Par Dylan Matthews, Washington Post, 19 février 2012 James K. C’était en Avril 2000, et Galbraith avait été invité par le président Bill Clinton pour intervenir lors d’une conférence traitant de l’excédent budgétaire existant à l’époque. Qui plus est, son père, John Kenneth Galbraith, fut l’économiste le plus célèbre de sa génération : professeur à Harvard, auteur à succès et confident de la famille Kennedy. Cette appellation de hibou n’est pas le fait de Galbraith. Racines keynésiennes

Eloge du flou, par Gérard Mordillat Ce qui, dans le cinéma, dit le cinéma, c’est ce qui échappe à la dramaturgie, à la machinerie ; c’est l’imprévu, le vague, le flou. C’est ce que le cinéaste ne cherche pas à montrer ; ce qui déserte le cadre, le dépasse, le déborde. C’est le territoire inexploré de l’image, ce qu’elle saisit par inadvertance. Pourtant, le flou demeure un des tabous les plus puissants du cinéma. Concrètement, c’est l’exemple même de la faute professionnelle grave. Malgré cela, devant une image floue de ma fille, je suis ému. Il existe un portrait médiocre d’Arthur Rimbaud, en Abyssinie, à Harar, en 1883. Taille de l’article complet : 1 784 mots. Vous êtes abonné(e) ? Connectez-vous pour accéder en ligne aux articles du journal. Vous n'êtes pas abonné(e) ? Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout le site. Accès sans abonnement

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