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Elections américaines : « La désinformation a pris un rôle de premier plan »

Elections américaines : « La désinformation a pris un rôle de premier plan »
Samedi 7 novembre, après plus de trois longues journées de décompte des voix, Joe Biden a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle américaine. Sur la base des votes obtenus, les médias américains ont estimé que son avance sur le président sortant, Donald Trump, était irréversible. Le scrutin et les jours qui ont suivi ont été émaillés de nombreuses fausses informations et une partie de l’opinion américaine est encore convaincue, contre toute évidence, que le scrutin a été « volé ». Comment expliquer cet afflux de désinformation, malgré les précautions des plates-formes ? Camille François, spécialiste de la désinformation sur les réseaux sociaux, responsable de l’innovation au sein de l’entreprise Graphika et membre de l’Election integrity partnership (EIP) – groupement d’étude de la désinformation pendant l’élection présidentielle rassemblant chercheurs et experts –, a répondu à nos questions. Ces narratifs se sont ensuite agglomérés en mouvements et en mobilisations.

Au Chili, le « oui » à une nouvelle Constitution l’emporte largement Le résultat a dépassé les plus folles espérances des manifestants qui dénoncent, depuis un an déjà, les inégalités sociales au Chili. Dimanche 25 octobre, 78 % des votants se sont prononcés en faveur d’une nouvelle Constitution. Le pays va donc en finir avec le texte actuel, qui avait été adopté en 1980 sous la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990) et qui a été le premier au monde à refléter les théories néolibérales. « C’est merveilleux, je n’en reviens pas », lâche Natalia Gainza, 37 ans, encore abasourdie par cette journée historique. Comme tout son entourage, cette sociologue a voté pour la rédaction d’un nouveau texte, dans l’espoir « que les choses changent enfin : que tous les Chiliens puissent avoir accès à une éducation gratuite et de qualité, pareil pour la santé. » Au Chili, l’accès aux services comme la santé, l’éducation et les retraites dépend bien souvent du pouvoir d’achat des usagers. « Aujourd’hui, la citoyenneté et la démocratie ont gagné (…).

Le Chili se prépare à un vote historique sur sa Constitution « Apruebo » ou « Rechazo » : « j’approuve » ou « je refuse » une nouvelle Constitution. Tel est le choix que devront faire les électeurs chiliens, dimanche 25 octobre. Ce référendum est le principal acquis du mouvement social contre les inégalités qui a démarré un an plus tôt. « C’est sans conteste le scrutin le plus important depuis le référendum [sur la continuité du général Augusto Pinochet au pouvoir] de 1988 », affirme l’historien Julio Pinto, chercheur à l’université de Santiago du Chili. Munis d’un stylo-bille bleu – la couleur est obligatoire –, les Chiliens voteront donc pour ou contre un nouveau texte, et décideront aussi, en cas de victoire du « Apruebo » (extrêmement probable, selon les sondages), qui sera chargé de le rédiger. Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’Amérique latine commence à se déconfiner, malgré un nombre toujours élevé de contaminations

Le très fragile équilibre de la liberté d’expression Dans une triste lumière d’automne, la tête de la statue de Marianne érigée place de la République, à Paris, chute lourdement sur le sol. Publié au lendemain de la décapitation de Samuel Paty, ce croquis du dessinateur israélien Michel Kichka illustre la profondeur de la blessure infligée à la République, attentat après attentat, par les pourfendeurs de l’« arme de dérision massive » qu’est la caricature : depuis l’attaque meurtrière contre Charlie Hebdo, il y a plus de cinq ans, la liberté d’expression est, en France, devenue l’emblème incontesté des valeurs démocratiques. D’Emmanuel Macron à Eric Ciotti en passant par Jean-Luc Mélenchon, JoeyStarr, Sandrine Kiberlain ou Bernard Pivot, nombre de Français ont, après l’assassinat de Samuel Paty, célébré avec ferveur les vertus de ce principe philosophique. Le chef de l’Etat a promis, malgré les intimidations, de défendre coûte que coûte les caricatures.

QAnon, « Stop the steal »… d’où viennent les symboles et slogans brandis par les émeutiers du Capitole ? Tatouages, drapeaux, tee-shirts… Les émeutiers favorables à Donald Trump ayant envahi le Capitole à Washington, DC, mercredi 6 janvier, ont accompagné leur action d’une iconographie bien précise. Après un meeting, ces supporteurs de l’actuel président américain – qui doit céder la place au vainqueur du scrutin présidentiel de novembre 2020, Joe Biden, dont la victoire vient d’être certifiée – ont pris d’assaut le siège du Congrès américain, à Washington. Les symboles arborés par nombre d’entres eux sont largement utilisés depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux, dont certains favoris des partisans de Donald Trump, comme 8chan, Parler, Facebook, etc. De nombreux symboles du mouvement QAnon Sur cette photographie de l’agence Associated Press, on peut voir un émeutier portant, à l’intérieur du Capitole, un tee-shirt sur lequel on peut lire la phrase « Trust the plan », (« faites confiance au plan »). Le groupe d’extrême droite Three Percenters Le drapeau Thin Blue Line Newsletter Jouer

En Hongrie, la radio indépendante Klubradio privée d’antenne Dimanche 14 février au soir, les Hongrois ne pourront plus capter les ondes de Klubradio. La première station de radio indépendante de Hongrie va cesser d’émettre après avoir été déboutée de son appel pour garder sa licence. Le responsable de cette radio, au contenu souvent critique du gouvernement souverainiste de Viktor Orban, a dénoncé « une décision honteuse et lâche » du tribunal municipal de Budapest. « Nous déposerons un ultime recours auprès de la Cour suprême », a déclaré Andras Arato, promettant de continuer le travail sur Internet et invitant les auditeurs à « soutenir [la radio] ». « Dans une dictature, il n’y a pas de place pour les voix libres », a réagi, amer, un des présentateurs, Janos Desi, dénonçant une nouvelle atteinte à la liberté de la presse dans ce pays de l’Union européenne (UE). Il l’a toutefois autorisée à se porter candidate sur la même fréquence desservant principalement les auditeurs de la capitale, Budapest. Le Monde avec AFP

Les moines birmans en retrait du mouvement de désobéissance civile En Birmanie, les moines bouddhistes sont censés être apolitiques. Ils ne peuvent voter et doivent prêcher la réconciliation, la concorde et la paix, pas défiler avec des pancartes aux côtés de manifestants. Tout cela n’avait pas empêché des milliers d’entre eux, durant les journées de protestation contre la junte en 2007, de marcher en tête des cortèges anti-régime. Un mouvement qui reste dans l’histoire sous le nom de « révolution safran », pour la couleur des robes de certains bonzes. Il semble bien que les moines, dans leur ensemble, soient aujourd’hui beaucoup moins impliqués dans le mouvement de désobéissance civile qui est en train de paralyser le pays, à la suite du coup d’Etat militaire du 1er février. Certes, des groupes de bhikkhus (moines) ont bien été vus dans les manifestations de Rangoun, brandissant des pancartes où était écrit : « Les moines ne veulent pas d’une dictature militaire ! Article réservé à nos abonnés Lire aussi Manifestations monstres en Birmanie

La civilité de l’oppression Andrew Arato, Jean Cohen, Civil Society and Political Theory, Cambridge, MIT Press, 1992. Geneviève Azam, « Économie sociale, tiers secteur, économie solidaire : quelles frontières ? », Revue du MAUSS, n° 1, 2003, p. 151-161. Aleksandr Bikbov, Grammatika poriadka. Istoricheskaia sociologia poniatij, kotorye meniaiut nashe real’nost, Moscou, Vyshaia Shkola Ekonomiki, 2014. Loïc Blondiaux, Yves Sintomer, « L’impératif délibératif », Politix, n° 57, 2002, p. 17-35. Luc Boltanski, Laurent Thévenot, De la justification. Thierry Brugvin, « La gouvernance par la société civile : une privatisation de la démocratie ? Graham Burchell, « Peculiar Interests : Civil Society and governing “the System of Natural Liberty” », in Graham Burchell, Colin Gordon, Peter Miller (dir.), The Foucault Effect. Alain Chatriot, La Démocratie sociale à la française. Dominique Colas, Le Glaive et le fléau. Dominique Colas, Dictionnaire de la pensée politique, Paris, Larousse, 1997. Angela M.

Le journalisme, « vaccin contre la désinformation », est entravé dans quelque 130 pays, selon RSF A l’heure où la crise sanitaire est une entrave supplémentaire à la couverture de l’actualité, Reporters sans frontières (RSF) s’alarme. « Principal vaccin contre la désinformation », l’exercice du journalisme est « totalement ou partiellement bloqué » dans plus de 130 pays, alerte RSF mardi 20 avril. D’après son classement annuel mondial de la liberté de la presse, 73 % des 180 pays évalués par l’ONG se trouvent dans des situations jugées « très graves », « difficiles », ou « problématiques » pour la profession. Si cette part de territoires peints en noir, rouge ou orange sur la carte du monde reste stable sur un an, seuls 12 pays sur 180, soit 7 %, contre 8 % en 2020, affichent une « bonne situation ». Une « zone blanche » qui n’a « jamais » été « aussi réduite depuis 2013 », d’après RSF. Répression exacerbée avec le Covid-19 « Décret anti-“fake news” » Lire aussi Une « loi coronavirus » assure à Viktor Orban des pouvoirs quasi illimités en Hongrie Le Brésil en zone rouge Le Monde avec AFP

Création du premier syndicat CGT parisien pour la défense des livreurs en deux-roues Le premier syndicat des « entreprises de livraison à deux-roues de Paris » a été créé samedi 26 juin afin de défendre les travailleurs indépendants des plates-formes et de les doter d’un « pouvoir d’action », a annoncé l’un de ses représentants à l’Agence France-Presse. Ce syndicat, affilié à la Confédération générale du travail (CGT), a vocation à « regrouper les livreurs de différentes plates-formes pour être représentatif et faire entendre [leur] voix », a déclaré Mandjou Karaboue, élu samedi secrétaire général, et lui-même livreur à deux-roues. « Plus que des revendications, nous aurons désormais un pouvoir d’action pour faire appliquer le droit », a-t-il poursuivi. Parmi les actions prioritaires de cette structure, M. Karaboue a cité « la prise en compte des accidents du travail, quotidien des livreurs en deux-roues », et « la lutte contre le racisme qui peut être subi de la part de certains clients ». Le Monde avec AFP Réutiliser ce contenu

« L’état d’urgence permanent subvertit en profondeur l’Etat de droit » Dans La Démocratie en état d’urgence. Quand l’exception devient permanente (Seuil, 224 pages, 19,90 euros), la juriste Stéphanie Hennette-Vauchez, professeure de droit public à l’université de Nanterre et directrice du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux (Credof), estime que, depuis 2015, les états d’urgence liés au terrorisme, puis à la crise sanitaire, ont, en France, durablement « dilué » les frontières entre la démocratie et l’autoritarisme. Votre ouvrage est très critique sur les états d’urgence liés au terrorisme et à la crise sanitaire que la France a connus depuis 2015. Est-ce à dire que vous contestez le principe même d’un état d’exception ? Je ne remets pas en cause la légitimité du recours, en temps de crise, à un régime d’exception : je critique la pratique, dans la France contemporaine, des états d’urgence à répétition.

« Xinjiang Police Files » : révélations sur la machine répressive chinoise contre les Ouïgours « Si les élèves n’écoutent pas les consignes, les policiers armés peuvent effectuer des tirs de semonce. Si les élèves ne cèdent pas à la dissuasion, s’ils continuent de faire monter la tension, tentent de s’échapper ou de s’emparer des armes des agents, ceux-ci les tueront. » Ainsi va la discipline dans un « centre de formation professionnelle » réservé aux minorités musulmanes, à Shufu, dans la « région autonome ouïgoure » du Xinjiang, en Chine. Datée de 2018, cette « instruction pour éliminer toute perturbation et tentative d’évasion pendant les cours » est extraite d’un lot piraté de quelque 100 000 documents de police, dont une grande part est consacrée à la « transformation éducative » (jiaoyu zhuanhua) des Ouïgours – soit leur enfermement de masse à visée de « rééducation », au sens du Parti communiste chinois (PCC).

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