
Polémique sur la restitution des objets d’art africains, par Philippe Baqué (Le Monde diplomatique, août 2020) Au-delà de la crainte de voir les musées français se vider… Voilà près de trois ans que le président Emmanuel Macron s’est engagé à restituer les biens culturels africains pillés pendant la colonisation. Depuis, la promesse est prise dans un parcours d’obstacles. Tandis que les collectionneurs et musées européens freinent des quatre fers, les pays spoliés peinent à réunir les conditions nécessaires pour la réception et la conservation de ces œuvres. Ce 23 mars 2019, trois cents armes et œuvres rituelles provenant du continent africain sont mises aux enchères dans une salle de Nantes. « Vous obtiendrez un reçu pour votre achat, mais les fabricants de ces objets, eux, n’ont reçu que la mort, lance M. « Ces gens-là sont la honte de la cause qu’ils défendent, si toutefois il y a une cause à défendre », s’emporte M. Un an et demi plus tôt, le 28 novembre 2017, lors d’un discours à l’université de Ouagadougou (Burkina Faso), M. Taille de l’article complet : 3 304 mots. Philippe Baqué
La France restitue 20 têtes maories à la Nouvelle-Zélande Le 23 janvier, au Musée du quai Branly à Paris, Frédéric Mitterrand a remis officiellement à la Nouvelle-Zélande dix-neuf têtes maories conservées dans les collections des musées de France et une dans les collections de l’Université de Montpellier I. Un vote unanime. La loi n°2010-501 du 18 mai 2010 qui autorise la restitution par la France des têtes maories et relative à la gestion des collections résulte d’une initiative de la sénatrice Catherine Morin-Desailly. Il s’agissait alors de résoudre les difficultés juridiques apparues lorsque la ville de Rouen avait voulu restituer à la Nouvelle-Zélande la tête maorie conservée dans son Muséum d’histoire naturelle. La proposition de loi, déposée le 8 février 2008 a été adoptée à l'unanimité par les sénateurs le 29 juin 2009 sur le rapport de Philippe Richert, après l'intervention de Frédéric Mitterrand, au Parlement. Recenser et identifier. Un précédent.
Comment chercheurs et musées enquêtent sur l’origine des objets pillés en Afrique Le mouvement semble désormais inexorable. En mars, l’université écossaise d’Aberdeen annonçait la restitution au Nigeria d’une tête en bronze représentant un oba (roi) du royaume du Bénin, acquise en 1957. Le même mois, le Humboldt Forum, à Berlin, sous le feu des critiques, envisageait le retour des 440 bronzes qu’il détient. En avril, c’était au tour du Horniman Museum de Londres d’engager le dialogue pour le retour de 15 bronzes issus de ce même Etat précolonial situé dans le sud de l’actuel Nigeria. Pour Abuja, qui a émis des demandes de restitution depuis les années 1970, cette mobilisation tardive sonne comme une victoire. Lire aussi Restitutions d’œuvres d’art : un nid à polémiques et un dossier qui s’enlise Rétribués en objets, les membres du corps expéditionnaire les ont pour la plupart vendus à leur retour en Europe. Le rapport Savoy-Sarr, comme un détonateur Lire aussi Patrimoine africain : « Les musées occidentaux sont entrés dans l’âge de l’intranquillité » Roxana Azimi
« Le colonialisme était un projet européen, tout comme le pillage des œuvres d’art » Tribune. Après des années de pressions, l’Allemagne a annoncé en avril dernier qu’elle allait restituer au Nigeria des centaines d’objets d’art inestimables pillés à l’époque coloniale et exposés depuis dans ses musées. Communément appelés « bronzes du Bénin », ces artefacts étaient devenus un symbole des débats sur la restitution des œuvres pillées. Pourquoi cela a-t-il pris autant de temps ? D’autres pays vont-ils suivre cet exemple ? Et que vont devenir les bronzes désormais ? Les bronzes du Bénin – ou plutôt les objets du Bénin, car ils ne sont pas tous en métal ; certains sont en ivoire ou en bois – sont des objets originaires du royaume du Bénin, situé dans l’actuel Nigeria. Le Nigeria et d’autres Etats africains réclament leur restitution quasiment depuis qu’ils ont été dérobés. Une salle de musée vide de toute œuvre L’approche de l’ouverture du Forum Humboldt à Berlin, l’un des plus grands musées du monde, a également suscité des discussions. Près de 800 objets au Britsh Museum
Restitution de ses œuvres d’art à l’Afrique : un documentaire érudit et passionnant à voir sur arte.tv En 2017, Emmanuel Macron promettait la restitution d’œuvres détenues par les musées français, dérobées en Afrique durant la colonisation. L’excellent documentaire de Nora Philippe “Restituer ? L’Afrique en quête de ses chefs-d’œuvre” fait le tour de cette question pas si simple. « On pille les Nègres, sous prétexte d’apprendre aux gens à les connaître et les aimer, c’est-à-dire, en fin de compte, à former d’autres ethnographes, qui iront eux aussi les “aimer” et les piller. » Confié à son épouse dans une lettre de novembre 1931, le constat de l’écrivain Michel Leiris, « secrétaire-archiviste » de la mission Dakar-Djibouti, est lucide et désenchanté, mais surtout prophétique. Les quelque trois mille cinq cents objets du « butin » amassé par l’ethnologue Marcel Griaule et son équipe entre 1931 et 1933 ne représentent qu’une infime partie du patrimoine qui sera soustrait à l’Afrique au cours du XXe siècle. Restitution de biens culturels africains : “Le musée est d’emblée jugé coupable”
Le Quai Branly, musée polémique "Un Disneyland de l'exotisme", le musée du Quai Branly ? C'est ainsi que le qualifiait l'historienne des théories et des formes urbaines et architecturales Françoise Cholay. Dans un article sans concessions paru dans la revue Urbanisme, en septembre 2006, elle dénonçait ainsi un "gâchis économique, urbanistique et culturel" en lieu et place d'un projet qui aurait du permettre de "désapprendre l’ethnocentrisme". Ecoutez également l'émission de la grande table sur le sujet : Le musée du Quai Branly a 10 ans. Esthétique et ethnologie En 1999, après que Jacques Chirac a lancé le projet du musée du Quai Branly, un concours international d'architecture en désigne Jean Nouvel comme le maître d'oeuvre. "Le construire ne peut se faire qu'en récusant l'expression de nos actuelles contingences occidentales. Jean Nouvel envisage ainsi le jardin qui conduit au bâtiment principal comme "un bois sacré" destiné à "sacraliser le parcours du visiteur". Écouter 4 min Jean Nouvel aux Matins 53 min
The Brutish Museums by Dan Hicks review – return everything | Society books Museums are entertaining. They are educational. They are civic institutions. They are the sites of school trips, first dates, rainy days on holidays. Museums are safe, and worthy, and a little boring. The book is a vital call to action: part historical investigation, part manifesto, demanding the reader do away with the existing “brutish museums” of the title and find a new way for them to exist, not as sites of violence or trauma but as “sites of conscience”. The Brutish Museums first introduces the Benin bronzes, the plaques and other objects made by the Edo people, which were looted by British forces in 1897. At the time and after, the attack on Benin was considered “humanitarian” because of the practice of human sacrifice in the kingdom, but Hicks sets this within a wider context of British imperial attitudes of racial superiority and – perhaps most importantly – the thwarted desire to trade in lucrative raw materials that were under the control of the Benin monarchy.
La « tablette de Gilgamesh », vieille de 3 500 ans et l’une des plus anciennes œuvres littéraires, va être rendue à l’Irak Cette pièce en argile est petite mais considérée comme l’une des plus anciennes œuvres littéraires de l’humanité : la « tablette de Gilgamesh », joyau mésopotamien vieux de 3 500 ans qui avait été dérobé et emporté illégalement aux Etats-Unis, sera restituée jeudi à l’Irak, a annoncé l’Unesco lundi 20 septembre. Elle aurait été volée dans un musée irakien en 1991, alors que le pays était plongé dans la première guerre du Golfe. La précieuse pièce archéologique, sur laquelle figurent des caractères cunéiformes, aussi appelée « tablette du rêve de Gilgamesh », aurait ensuite été « introduite frauduleusement sur le marché de l’art américain en 2007 », avant d’être saisie par les autorités judiciaires du pays en 2019, selon l’Unesco. Malgré sa petite taille, la tablette a une immense valeur. Lire dans les archives du « Monde » : Gilgamesh l'immortel En juillet, 17 000 pièces, pour la plupart vieilles de quelque 4 000 ans, avaient été rendues à l’Irak par les Etats-Unis. Le Monde avec AFP
L'aliénation des collections publiques Disponible au format Acrobat (91 Koctets) Le principe d'inaliénabilité du domaine public, qui existe depuis l'Ancien Régime, s'applique en particulier aux collections des musées publics et a été consacré par la loi n° 2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux musées de France. Plusieurs articles de cette loi ont été codifiés, de sorte que ce principe figure désormais à l'article L. 451-5 du code du patrimoine : « Les biens constituant les collections des musées de France appartenant à une personne publique font partie de leur domaine public et sont, à ce titre, inaliénables. » L'article L. 451-8 du même code précise toutefois qu'« une personne publique peut transférer, à titre gratuit, la propriété de tout ou partie de ses collections à une autre personne publique si cette dernière s'engage à maintenir l'affectation à un musée de France. » En novembre 2006, le rapport sur l'économie de l'immatériel, remis par MM. Ces circonstances justifient l'analyse des règles applicables à l'étranger.
Frise du Parthénon : l’effet de crise grecque - KPMG France En 1798, le diplomate et archéologue français Louis-François-Sébastien Fauvel est en poste à Athènes. Ses bonnes relations avec l’administration ottomane lui permettent d’acheter et expédier au musée du Louvre une plaque de la frise du Parthénon tombée au sol. Après la défaite de Bonaparte en Egypte, la position française à Athènes s’affaiblit cependant rapidement. En 1801, c’est au tour de l’ambassadeur anglais, Lord Elgin, de négocier avec la puissance turque l’achat – à titre personnel – du bas-relief encore en place sur le temple et le reste des plaques tombées. En matière de restitution d’œuvres d’art, le droit international est alors encore balbutiant. En 1866, le traité de Vienne, par lequel l’Autriche cède la Vénétie à l’Italie, exige de même le rapatriement dans la Cité des Doges du patrimoine vénitien transféré dans les musées de la capitale autrichienne.