
Revendications Gilets Jaunes Injustice fiscale : pourquoi l'impôt ne joue plus son rôle Entre 10 heures du matin et 21 heures, 10 000 grenades ont été tirées dans Paris ce samedi 1er décembre. 900 à l’heure, 15 à la minute, une grenade toutes les 4 secondes contre les mauvais Gilets jaunes. Les Gilets jaunes, il y a les bons et il y a les mauvais. Les mauvais, on les appelle des casseurs. Mais qui sont ces casseurs ? Nous en connaissons un. La France est choquée par cette explosion de violence et de vandalisme. Mais ce n’est rien à côté de la violence des riches, à côte de la violence du président des riches. Pas de masque, pas de cagoule, pas de gilet jaune, pas besoin de courir, ni de hurler, et leur violence ne date pas d’hier.
Couvrez ces classes qu’on ne saurait voir Mais, au-delà du brusque déchirement des voiles recouvrant une réalité sociale dégradée pour une masse croissante d’individus, c’est toute une représentation conceptuelle de cette réalité, installée progressivement pendant plus d’un siècle, qui se trouve mise à nu. La société moyennisée… ? Au début du XXe siècle, le sociologue Max Weber [1]diagnostiquait l’émergence d’une classe moyenne sous l’influence de la bureaucratisation et de la rationalisation des sociétés, ainsi que de la tertiairisation de l’économie qui s’annonçait. Dans son esprit, cela ne visait pas à abandonner le concept de classes sociales, car il définissait la situation de classe en fonction des capacités d’accéder à des biens ou des revenus sur le marché des biens et sur le marché du travail : le clivage le plus important restait celui qui oppose les propriétaires des moyens de production, qui ont la possibilité d’acheter de la force de travail, aux non-propriétaires. … Ou la société prolétarisée ?
Les “gilets jaunes”, ou la mort de la politique Inclassables politiquement, les “gilets jaunes” sont revendiqués par des courants opposés. Mais par leurs rejets des institutions représentatives, comme les adeptes du Brexit, ils sapent les fondements de la démocratie libérale. Au Royaume-Uni, il y a des groupes de gauche hostiles à l’austérité qui imitent les “gilets jaunes”. Tout comme il y a des groupes de droite qui haïssent les étrangers et qui se revendiquent eux aussi des “gilets jaunes”. En Irak et en Israël, des jeunes ont enfilé des “gilets jaunes” pour porter des revendications économiques qu’on assimile traditionnellement à la gauche. Populisme et crise identitaire La chaîne de télévision officielle russe Russia 24 a affirmé, contre toute évidence, que les manifestants français ont entonné la chanson traditionnelle russe Kalinka, tandis que Donald Trump a affirmé dans un de ses fameux tweets – là encore contre toute évidence – qu’à Paris des manifestants ont crié “Nous voulons Trump”. Hazem Saghieh
Opinion publique. Sept Français sur dix veulent le rétablissement de l’impôt sur la fortune Cadeau de 4 milliards d’euros aux premiers de cordée, la suppression partielle de l’impôt sur la fortune (ISF) et sa transformation en impôt sur la fortune immobilière (IFI) pourraient-elles provoquer la chute d’Emmanuel Macron ? Au diapason des gilets jaunes, sept Français sur dix, interrogés au lendemain de l’allocution présidentielle de lundi dernier, plébiscitent le retour de l’ISF, selon un sondage réalisé par l’Ifop pour l’Humanité. « Un score massif qui explique pourquoi cette revendication figure en bonne place dans le cahier de doléances des gilets jaunes, souligne le directeur du département opinion de l’Ifop, Jérôme Fourquet. Si une très large majorité des personnes interrogées souhaite un recul de l’exécutif sur cet impôt jadis payé par les plus riches, les actifs (72 %) et plus encore les 25-49 ans (74 %), les ouvriers et employés (79 % et 76 %), ainsi que les professions intermédiaires (72 %) franchissent le seuil des 70 %.
La somme des colères fait-elle un mouvement social ? 1. L’irruption (ou l’éruption !) du mouvement des Gilets jaunes s’est produite au moment où toutes les luttes sociales échouaient à modifier le cours des politiques néolibérales. En quelques semaines à peine, il a fait reculer le pouvoir qui avait auparavant facilement imposé loi travail et réforme de la SNCF sans fléchir, malgré une mobilisation syndicale importante. Le recul syndical en France est déjà ancien. D’un autre côté, des colères s’accumulent sans avoir de représentations politiques et syndicales. Emmanuel Macron en a rajouté à cette évolution en dénonçant les corps intermédiaires, les syndicats et les élus locaux, pourtant capables de transformer les colères en revendications et, dans une certaine mesure, capables de canaliser la violence. 2. Sur la première question, je ne crois pas que la polarisation de la richesse explique tout dans le cas français. En revanche, les mutations du capitalisme ont profondément transformé la nature et l’expérience des inégalités. 3. 4. 5.
« Votre gouvernement me fait honte » : le scénariste des « Vieux Fourneaux » refuse la médaille des Arts et Lettres Wilfrid Lupano, scénariste de la BD à succès « Les Vieux Fourneaux », a publié lundi soir sur Facebook une lettre ouverte au ministre de la Culture, où il explique pourquoi il n’est pas question pour lui de recevoir la médaille de Chevalier des Arts et Lettres de la part d’un représentant du gouvernement actuel. « Je vous remercie de cette délicate attention, mais j’ai bien peur de devoir refuser cet “honneur”, écrit-il. Déjà, spontanément, je n’ai jamais été très excité par les médailles. Pierre Desproges disait “les décorations, c’est la libido des vieux”. La suite après la publicité LIRE AUSSI > « Les Vieux Fourneaux » : trois croulants en tête de gondole Comme l’humoriste Blanche Gardin qui, début avril, avait décliné la même proposition pour des raisons politiques, Wilfrid Lupano détaille dans sa lettre tous les désaccords avec la politique menée par le gouvernement depuis deux ans. Monsieur le ministre, Déjà, spontanément, je n’ai jamais été très excité par les médailles.
Élysée. Macron veut faire payer la collectivité à la place du CAC 40 C’était le discours de la Saint-Sylvestre avant l’heure. Emmanuel Macron, dans son allocution à la nation hier soir, pour reprendre la main dans la crise des gilets jaunes, a voulu se re-présidentialiser, lui qui est si malmené, subissant la litanie des « Macron démission » dans les cortèges et barrages qui émaillent le pays depuis bientôt un mois. Il s’est d’abord appesanti sur les violences dans le pays, qu’il veut distinguer de la colère profonde du pays. « Quand la violence se déchaîne, la liberté cesse », assène l’ex-étudiant en philosophie. Cette colère profonde, il la ressent « comme juste à bien des égards ». Pas à la hauteur des attentes Un « tournant social » du quinquennat ? Emmanuel Macron, qui a sermonné les ministres qui voulaient revenir sur la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), s’est montré hier soir intraitable sur cette question. Le président de la République, acculé comme jamais, a consenti quelques gestes. Les maires appelés à la rescousse
Éléments sur le mouvement social des Gilets jaunes Aussi, il est difficile de dresser pour l’instant un cadre d’analyse du mouvement des Gilets jaunes qui soit théoriquement satisfaisant et, stratégiquement, pouvant servir à définir une attitude et une orientation à son égard. On peut, a priori, convenir du contexte dans lequel ce mouvement a fait irruption. C’est celui d’une crise du capitalisme mondial de type structurel, systémique, c’est-à-dire mêlant de manière indissociable les facteurs économiques, sociaux, écologiques et politiques, tant au niveau mondial qu’aux différents échelons nationaux et continentaux. Le bilan de cette crise se résume en quelques mots qui traduisent autant de drames et de dangers : explosion des inégalités, de la précarité, du chômage, des dégradations écologiques, et restriction des droits sociaux et des services publics pour laisser le champ libre à la marchandisations des humains et de la nature. Au-delà de ce contexte bien repéré aujourd’hui, comment comprendre le mouvement des Gilets jaunes ? 1. 2.
La grogne gronde aux quatre coins du monde Hong Kong, Santiago, Bagdad, Alger, Khartoum, ou désormais Sirjan et d'autres villes en Iran, partout dans le monde, les habitants descendent dans la rue, souvent depuis plusieurs mois, pour protester. Chaque Etat a ses problèmes et les revendications dans les cortèges peuvent différer, mais tous les pays qui affrontent ce mécontentement populaire de longue durée sont traversés par la même hostilité à l’égard de leurs dirigeants. Globalement, les manifestations qui éclatent aujourd’hui dans le monde sont de deux ordres : des mouvements socio-économiques et des mouvements politiques pour changer le pouvoir en place. Et très souvent, en Europe, en Afrique, en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie, le détonateur qui a mis le feu aux poudres et qui a entraîné des millions de citoyennes et de citoyens dans les rues est l’annonce de mesures qui touchent directement la vie quotidienne des gens, à commencer par des hausses de prix. Écouter 1 min Le Moyen-Orient et l’Afrique bousculés aussi