Pour des bibliothèques de qualité dans les prisons françaises
Le 25 octobre dernier, la médiathèque Marguerite-Duras (Paris 20e) représentée par sa directrice, Christine Péclard, accueillait une journée nationale organisée par l’Association des bibliothécaires de France (ABF) sur la situation des bibliothèques de prison. Ce sujet n’a pas manqué de réunir un public important, autour d’intervenants choisis parmi les différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre et l’animation de ces établissements : ministère de la Culture, administration pénitentiaire, bibliothécaires, associations… Ce programme était introduit par Philippe Pineau, animateur du groupe de travail « Médiathèques/Bibliothèques d’établissements pénitentiaires » mis en place par le conseil national de l’ABF en janvier 2011, et auteur d’un texte de référence sur le sujet qui a donné son intitulé à la journée : « Pour des bibliothèques de qualité dans les prisons françaises 1 ». L’accès à la culture : du droit au protocole Culture/Justice États des lieux et objectifs
«La faible présence des seniors dans les bibliothèques n’est pas une fatalité» - Yves Alix, inspecteur général des bibliothèques
Avez-vous été surpris par les résultats de votre enquête ? Oui. Ma première surprise a été de constater que les plus de 60 ans disparaissent rapidement des bibliothèques. autour de 55-64 ans,puis de 65-74 ans,et, enfin, 75 ans et plus. Je ne pensais pas que la baisse de fréquentation commençait si tôt. Dans un second temps, j’ai été surpris de voir que les professionnels n’avaient pas fait ce constat. Mais cette situation n’est pas une fatalité. Dans votre rapport, vous expliquez pourquoi il est nécessaire de distinguer entre personnes âgées et retraités actifs, d’une part, et entre personnes âgées et personnes handicapées, d’autre part. C’est effectivement une grande difficulté, qui peut freiner les initiatives. On pourrait, alors, formaliser les grands objectifs et les pratiques, qui seraient recensées, échangées, labellisées, et soutenues. Il permettrait aussi une meilleure identification des actions par les conseils généraux. Les musées ne connaissent pas du tout ce phénomène. Focus
Construire la médiathèque… avec les habitants
Pour sa 12e résidence, l’équipe de la 27e Région, ce laboratoire d’innovation public, a posé ses bagages à Lezoux en Auvergne. Pendant 3 semaines, les intervenants invités par la 27e Région ont travaillé avec les habitants pour imaginer ce que pourrait être la future médiathèque qui doit y voir le jour dans plusieurs mois. Plutôt que d’être confronté à un projet « tombé du ciel », l’idée de cette résidence était d’aller à la rencontre des habitants, des associations, des bibliothèques intercommunales bénévoles qui émaillent déjà le territoire pour comprendre avec eux comment ils pourraient s’emparer du projet, se l’approprier, y trouver une place. Le résultat de cette immersion vient d’être publié et autant le dire, il est très rafraichissant. Document : Les nouveaux usages de la médiathèque par la 27eregion. Autre exemple, celui de la « cabine de téléchargement » qui est un espace de téléchargement en accès libre dans l’espace public de documents en libre diffusion. Share and Enjoy
La collection entre offre et demande ?
« On ne parvient pas (…) à comprendre une mélodie si l’on considère au départ chacune de ses notes en soi telle qu’elle existe indépendamment de ses rapports avec les autres. (…) Il faut fonder sa réflexion sur la structure de l’ensemble pour comprendre la forme de ses différentes parties. » Norbert Elias, La société des individus, Fayard, 1991. Un débat passionné agite régulièrement les bibliothécaires, notamment ceux qui exercent en bibliothèque publique, autour des principes qui motivent les acquisitions : faut-il suivre les demandes exprimées par les usagers, ou au contraire affirmer avec force des choix culturels et éducatifs ? Il est intéressant de remarquer que cette question est particulièrement brûlante dans les pays qui, comme la France, ont d’abord conçu leurs bibliothèques comme des lieux de dépôts accumulés, sources d’une offre fondée sur le stock, et où l’abondance d’acquisitions onéreuses reste un phénomène récent. Un débat manichéen La collection comme offre Des itinéraires
à retenir : les bibliothèques françaises sont davantages des lieux de savoir et de sachants. Au contraire des usages de celles du Québec : démocratie, culture, éducation informelle; Chicago : convivialité, aides à la lecture, salles d’études et services d’aide aux devoirs ou de cours aux adultes; Toronto :Toronto, services à l’emploi, logement pour nouveaux arrivants. by carolinekermarrec Mar 20