
Colère des Gilets jaunes envers les médias : les journalistes doivent-ils réagir ? LE JOUR D'APRÈS - Samedi 29 décembre, les gilets jaunes ont mené "l'acte VII" de leur mouvement jusqu'aux portes de plusieurs médias français, dont BFM TV et France Télévisions. Dans la rue, après deux mois de crise sociale, les journalistes sont encore pris pour cible par certains manifestants. Comment la profession doit-elle se positionner face à cette situation ? 30 déc. 2018 18:05 - Mathilde Roche Samedi, pour leur "Acte VII" les Gilets jaunes se sont regroupés devant des chaînes de télévision pour manifester leur mécontentement contre les médias. Ce n’est même plus de la défiance, c’est de la violence. La profession doit-elle réagir ? Il faut éviter les réactions à chaud, ni boycotter, ni batailler au cas par cas. Dans l’immédiat, il nous faut recenser tous les cas de violences qui méritent des suites judiciaires et centraliser les plaintes. Les politiques condamnent mais tiennent des propos très contestables contre nous Mathilde Roche
Les fake news, miroir grossissant de luttes d’influences Quel que soit l’angle sous lequel on les observe, c’est sur l’énigme du médium[+] NoteLes travaux de Louise Merzeau s’inscrivent dans le courant de pensée de la médiologie . [1] que ces fausses nouvelles conduisent notre regard. Corps conducteur, milieu, organe : comment les idées se propagent-elles, comment leur circulation transforme-t-elle la réalité, comment le pouvoir s’incarne-t-il dans cette puissance de propagation ? Il est utile de rappeler que tout régime de vérité implique un système de falsification en miroir Sans faire l’anamnèse des pratiques de désinformation — dont l’histoire est logiquement aussi longue que celle de l’information elle-même —, il est utile de rappeler que tout régime de vérité implique un système de falsification en miroir, qu’on peut interpréter comme l’expression simultanée de son autorité et de ses dérèglements plus ou moins intentionnels. Nos actuelles fake news ne dérogent pas à la règle.
Les premiers diffuseurs de fausses informations sont souvent des pages Facebook douteuses Derrière la circulation de fausses informations se cache bien souvent une mécanique bien huilée. Les données colligées par Le Monde au cours des derniers mois montrent, en effet, que des pages Facebook à forte audience sont responsables d’une bonne partie de la circulation de contenus mensongers sur la plate-forme. En dévoyant les mécanismes qui régissent le réseau social, elles parviennent à diffuser massivement des contenus mensongers qui seraient restés beaucoup plus confidentiels sans leur intervention. Notre travail nous a permis de recenser sur Facebook 2 865 posts qui relaient de fausses informations (vous pouvez consulter ici notre méthodologie ainsi que notre base de données). Il existe de fortes disparités d’un message à l’autre, mais le gros de notre échantillon a eu un succès limité sur la plate-forme. Des intox diffusées de manière industrielle Quel est le poids de ces partages à l’audience particulièrement importante dans la circulation de fausses informations ?
Les trucages de France 3 torpillent la définition même des médias Consternation, hier à France 3, la société des journalistes découvre une deuxième photo truquée à l’antenne. Résumé des faits. Plus on avance, plus ils sont navrants. C’est une cheffe d’édition en CDD qui a pris, en fait, cette initiative et l’a imposée aux infographistes. Toutefois, le rebondissement de hier après-midi y met fin. Le bidouillage d’image est le propre du Web.
[Etude] La fin des fake news… Mais pas celle que vous croyez ! Par Lorraine Poupon, France Télévisions, MédiaLab Tout ou presque semble avoir été dit sur les « fake news » et leur viralité. Mais elles perdurent et même prospèrent. Ce rapport de First Draft commandé par le Conseil de l’Europe revient aux racines du problème : le concept-même de fake news: trop vague, peu rigoureux et galvaudé, il désigne en vérité des réalités variées qui appellent des réponses adaptées. Car comment mettre au même niveau un titre d’article parodique du Gorafi et une vaste entreprise de manipulation de millions d’électeurs ? L’expression fake news ne possède pas de définition unique et précise. L’autre mort des fake news C’est pour cette raison que les auteurs du rapport la rejettent, purement et simplement. Il faut également différencier les acteurs à l’origine du dysfonctionnement, leur message et ceux qui le reçoivent et donc l’interprètent. Enfin, il faut bien distinguer les différentes étapes dans la chronologie de la diffusion de cette soi-disant information.
Fake News ou pas ? 2 vidéos pour ne plus se faire avoir sur le web C’est dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias dans l’école (19-24 mars 2018) que ces deux vidéos ont été tournées par deux youtubeurs, François Lamoureux (de la chaîne Youtube « Explique-moi encore ») et Aude Favre (de la chaîne Youtube « What The Fake ») 17 500 établissements scolaires inscrits, 3,8 millions d’élèves impliquées, la Semaine de la presse et des médias, organisée par le Clemi, est l’occasion de faire le point sur les bonnes pratiques à maîtriser pour bien s’informer sur le web avec comme thème cette année « D’où vient l’info ? ». Pour l’occasion, ce sont deux youtubeurs qui vont te donner le plein de conseils et d’astuces pour ne plus se faire avoir et développer ton sens critique face au flot d’information qui circule sur les réseaux sociaux. La vidéo de François Lamoureux (chaîne Youtube « Explique-moi encore ») La vidéo de Aude Favre (chaîne Youtube « What The Fake »)
Gilets jaunes : "C'est effrayant mais certains ne croient plus les médias, même de service public" Nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes" et interrogations croissantes au sein des rédactions sur le traitement de ce mouvement social. Ce jeudi, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a d'ailleurs convié les chaînes de télévision d'information en continu pour parler notamment du temps de parole, l’équilibre des points de vue ou le choix des images. Et cette semaine, des débats ont aussi agité BFMTV, avec un séminaire prévu la semaine prochaine, et la radio franceinfo. Pendant que les réseaux sociaux, pierre angulaire de ce mouvement, restent eux quasi incontrôlables. Écouter Retour sur la réunion au CSA des chaînes d'information en continu. BFMTV se remet en question à l'occasion des "gilets jaunes". Entretien avec Thierry Fiorile, journaliste au service Culture de la radio franceinfo et président de sa Société des Journalistes. Comment les journalistes de franceinfo ont-ils réfléchi à ce mouvement social ? Cette question est récurrente à franceinfo. Quelles parades alors ?
Laurent Bigot : « Le fact-checking a une longue histoire » Laurent Bigot est journaliste et maître de conférences associé à l’École publique de journalisme de Tours (EPJT). Il est assesseur auprès de l’International Fact-Checking Network (IFCN) et achève une thèse sur le fact checking comme genre journalistique. Que vous inspirent, en tant que chercheur spécialiste de l’information, les termes de « fake news », « post vérité » ou « alternative facts » ? Laurent Bigot : La définition des termes est très importante. Car on se trompe assez largement, par exemple, lorsqu’on emploie le terme de fake news. En effet, une fake news est une imitation. La prolifération de toutes les informations destinées à tromper le public fait dire à certains et notamment aux journalistes qui ont popularisé ces expressions, qu’on serait entré dans une ère de « post vérité » et de « faits alternatifs », dans laquelle tout le monde et notamment les politiques se moqueraient de la vérité. On est habitué à la propagande et aux mensonges systématiques en dictature.
« Infox » au Brésil : comment les fausses informations ont inondé WhatsApp S’il fallait une ultime preuve que la désinformation et la propagande politique peuvent être diffusées à travers l’application WhatsApp, les élections présidentielles brésiliennes en ont offert un exemple inquiétant. Le second tour du scrutin est prévu dimanche 28 octobre et oppose Fernando Haddad (Parti des travailleurs – PT, gauche) et Jair Bolsonaro (Parti social libéral – PSL, extrême droite). Depuis des semaines, le rôle et l’influence de WhatsApp font partie des thématiques de campagne, alors que des millions de messages à teneur politique circulent dans les poches des électeurs à travers cette messagerie, propriété de Facebook depuis 2014. Nos articles, reportages et analyses à lire avant le second tour des élections au Brésil Sur Jair Bolsonaro Sur la situation politique et économique du pays « Des centaines de millions de messages » Au point où, le 18 octobre, la gauche brésilienne a demandé l’ouverture d’une enquête auprès du Tribunal supérieur électoral brésilien. Restez informés