
L'engagement des jeunes aujourd'hui Un article de Jean-Claude Richez (responsable de l'Unité de la recherche, des études et de la formation de l'INJEP) paru dans le numéro 1 des "Cahiers de l'action" : "Des ressources pour l'engagement et la participation et des jeunes". Il y a dans le discours que tient notre société autour de l'engagement des jeunes un véritable paradoxe. D'un côté, le discours sur les jeunes qui ne veulent plus militer, qui ne s'engagent plus, qui refusent de prendre des responsabilités dans les associations, de l'autre, incontestablement une forte mobilisation des jeunes autour des sujets les plus variés, des JMJ au mouvement altermondialiste pour ne retenir que les deux formes les plus spectaculaires ces dernières années. Aujourd'hui, les jeunes s'engagent, mais autrement. Sondages, enquêtes d'opinions donnent tous des résultats convergents, mettant en évidence la désaffection des jeunes par rapport aux formes classiques de l'engagement et en particulier à l'engagement politique.
Les jeunes et la politique : l'engagement autrement Jeunes en politique : pourquoi s'engagent-ils ? Jeunes dans la rue lors de la manifestation parisienne du 11 janvier 2015. Photo : reussirmavie.net Chacun raconte ses "débuts" en politique, les raisons qui l'ont conduit à s'engager et celles qui le poussent aujourd'hui. Tous savent dire le sens des changements pour lesquels ils militent : une société plus libre, plus juste ou plus européenne... Et au-delà des différences de couleurs politiques, un point commun : cet engagement est pour eux un grand lieu d'apprentissage et même "une très belle école de la vie". Hélène, 22 ans, Les Républicains, Villemomble (Seine-Saint-Denis) Etudiante en affaires publiques et régulations sociales : "La valeur liberté au coeur de mon engagement" "Mes parents et mes grands-parents étaient très investis en politique. "Il y a quelque chose de grisant dans le militantisme" Après mes deux années d’études à l'Institut d'études politiques de Toulouse, j'ai fait un stage d'un an en politique. Mon engagement politique m'a énormément appris.
La croix Les jeunes ont-ils délaissé la politique L’historienne Ludivine Bantigny revient pour La Croix sur l’engagement politique des jeunes. Pour elle, ce dernier ne se traduit plus par le vote. Mais des mouvements comme Nuit debout montrent bien que certains ont une conscience politique particulièrement aiguisée. Comment expliquez-vous que les jeunes du mouvement Nuit debout ne veulent pas être affiliés à un parti politique ? Ludivine Bantigny (1) : On ne peut pas dire que les partis sont complètement absents du mouvement Nuit debout. Mais c’est vrai que pour une majorité, les partis suscitent la méfiance, car ils représentent le monopole de la politique par les dirigeants. Avec ses assemblées générales, ses commissions thématiques et ses mises en commun, Nuit debout est une forme d’auto-organisation politique qui rompt totalement avec la structure traditionnelle des partis. Plus largement, quelles sont les autres formes d’engagement politique des jeunes aujourd’hui ? L. Certains se tournent vers des associations ou des syndicats. L.
Six idées reçues sur les jeunes et la politique Les jeunes et la politique ? Chaque scrutin est l'occasion d'évoquer leur abstention, particulièrement élevée. Et puis... pas grand-chose. L'association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (Anacej), qui regroupe des communes dotées d'un conseil municipal des jeunes, a commandé une double enquête sur le vote des nouvelles générations, à l'issue des élections municipales de mars et après les élections européennes de mai. Un millier de jeunes entre 18 et 25 ans, et autant de 15-17 ans, ont répondu à un long questionnaire. Les résultats, dont l'Anacej a donné la primeur au Monde Campus, vont à l'encontre d'un bon nombre d'idées reçues, comme l'explique le politologue Michael Bruter, professeur à la London School of Economics, qui a dirigé l'étude. Idée reçue n°1 : les jeunes s'abstiennent, mais ils voteront en vieillissant « C'est une idée très répandue, et fausse : l'abstention des jeunes est générationnelle. Idée reçue n°2 : les jeunes ne s'intéressent pas à la politique.
L’évolution de l’engagement politique chez les jeunes » Je vote Il y a quelques semaines, deux étudiantes de l’Université Catholique de l’Ouest Bretagne Sud, Anne Pinson et Karen Michel, nous ont fait parvenir un dossier consacré à « l’engagement politique chez les jeunes français actuellement ». Nous avons choisi de publier deux de leurs article sur ce site ! L’évolution de l’engagement politique chez les jeunes. Même si les jeunes prennent part différemment à la vie politique aujourd’hui, ils ont un rôle à jouer puisque celle‐ci compte pour un jeune sur deux en France. Les jeunes et la politique… Beaucoup d’idées reçues à ce sujet. C’est ce que démontre une double étude menée par l’association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (Anacej). Anne Muxel, sociologue au Centre d’Etudes de la vie politique française, affirme quant à elle, qu’ils sont certainement les plus critiques et les plus exigeants. administratives et une reconnaissance du vote blanc. Il faut ainsi aller outre un bon nombre d’idées reçues. Propos recueillis par Anne PINSON
Le casse-tête de l'engagement politique des jeunes L’engagement politique chez les jeunes L’engagement des jeunes qu’il soit d’ordre politique, par le vote, le militantisme, ou encore civique, au sein d’associations, d’intérêt pétitionnaire etc.… est fortement remis en cause ces dernières années. L’abstention chez les jeunes électeurs est ainsi sous les feux des projecteurs. Ils apparaissent très éloignés des structures traditionnelles du devoir civique de voter, qui lui, est toujours très prégnant et systématique chez les plus âgés de l’électorat. Il faut interroger ce phénomène, à la fois pour en mesurer l’ampleur, mais également pour en comprendre les motifs, et surtout les conséquences. Induit-il une remise en cause la légitimité des urnes ? S’interroge donc l’identité citoyenne des jeunes. En cela, le web fait évoluer les formes de l’action collective sur plusieurs aspects. Et le rapport au vote ? Il faut ainsi relever une profonde mutation du rapport au vote en France. Les jeunes vivent leur socialisation politique sous cette représentation-ci du vote.
Alternative-économique L'engagement post-it est au goût des jeunes Les jeunes ne s’intéressent plus à la politique. Cette rengaine revient lors de chaque année électorale comme 2017. Les taux de participation aux deux tours de la présidentielle et des législatives de 2017 peuvent certes le laisser penser : 20 % seulement des 18-29 ans ont voté à l’ensemble de ces scrutins et leur taux d’inscription sur les listes électorales est au plus bas. Si cette faible participation électorale des jeunes n’est pas nouvelle, le phénomène s’amplifie. Sur les quatre dernières années combinant élections législatives et présidentielles, le vote systématique, c’est-à-dire à chaque scrutin, a baissé de 32,4 % en 2002 chez les 18-24 ans à 18 % en 2017. Pendant que l’abstention systématique augmentait, quant à elle, de 13,9 % à 19,4 %. Désaffection politique et syndicale Le monde syndical est également touché par une faible présence des jeunes. En cause, notamment, l’évolution du marché du travail, avec une entrée plus tardive mais surtout une stabilisation repoussée.
La jeunesse et la politique dans le monde d'aujourd'hui, par François Honti (Le Monde diplomatique, mai 1967) Il ne se passe guère de jour sans nous apporter de nouvelles attestant le rôle capital de la jeunesse dans la politique. Qu’il s’agisse de la Chine populaire, de l’Indonésie, de l’Amérique latine ou des Pays-Bas, des groupements de jeunes apparaissent à l’avant-garde des combats politiques. Ce phénomène n’est pas nouveau : partout, à l’occasion de révolutions ou simplement de grands mouvements de masses, c’est généralement la jeunesse qui s’est trouvée en première ligne, poussée par son besoin d’absolu, son désir de changement, son courage et son dynamisme. La jeunesse est-elle le principal moteur de l’Histoire ou un instrument aux mains de meneurs habiles qui exploitent à leur profit ses qualités et ses défauts ? La jeunesse ? Dans le domaine politique - celui qui nous intéresse ici-peut-on déceler chez la jeunesse du monde un trait commun qui la distinguerait des générations précédentes ?
Les jeunes et la politique : un rapport à réinventer Anne Muxel est directrice de recherches au CEVIPOF, le Centre de recherches politiques de Sciences Po. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages portant sur le rapport des jeunes à la politique, dont le dernier, Avoir 20 ans en politique, vient de paraître aux éditions du Seuil. Vous vous intéressez de longue date au rapport des jeunes à la politique et vos travaux de recherches s’appuient sur de nombreuses enquêtes. Pourriez-vous présenter plus en détails votre démarche scientifique et préciser la méthode que vous employez ? Travaillant depuis de nombreuses années sur cette question, j’ai mobilisé des méthodes différentes. La jeunesse est ce temps particulier où l’on négocie à la fois avec tout ce dont on peut hériter, les apprentissages qui ont été transmis, dans la famille mais aussi à l’école, et avec l’expérimentation de ses premiers choix, électoraux mais aussi d’engagement et de participation à des mobilisations collectives, à des manifestations. Oui, malgré tout.
Les jeunes boudent l’engagement politique traditionnel Une étude du Crédoc dresse un panorama contrasté de l’engagement des jeunes dans la vie de la cité. S’ils sont prêts à s’investir dans le milieu associatif, ils ont abandonné l’engagement politique. Seuls 2% des jeunes de moins de 30 ans sont engagés dans un parti politique. Ils sont aussi peu nombreux à adhérer à un syndicat. Près d’un jeune sur deux a signé une pétition en ligne ou participé à une manif Si les jeunes sont désormais peu enclins à s’investir dans la vie politique conventionnelle, l’enquête révèle qu’ils privilégient des formes d’expressions protestataires, individuelles, plus ponctuelles et surtout non affiliées. Des jeunes pessimistes quant à leur capacité à changer le monde Ce désaveux pour l’action politique traditionnelle tient peut-être du fait que les moins de trente ans sont sceptiques sur leur capacité à faire évoluer la société. La moitié des jeunes prête à s’engager dans une association Le service civique plutôt bien perçu