
Des hyper-lieux de la mondialisation ? Ce n’est pas parce qu’un concept n’apparaît pas explicitement dans les programmes qu’il est interdit de l’évoquer dans sa copie de bac, et encore moins de l’étudier en classe. D’où cet article sur les hyper-lieux de la mondialisation, notion théorisée par Michel LUSSAULT, géographe et professeur à l’Ecole normale supérieure de Lyon qui trouve légitimement sa place dans notre réflexion sur la mondialisation en fonctionnement et les territoires dans la mondialisation. Dans cette interview aux Inrockuptibles, Michel LUSSAULT explique que l’intuition de ce concept a longuement mûri en réaction au livre de Marc AUGE sur les non-lieux car il ne parvenait pas à comprendre ce nouveau concept désignant un espace que l’être humain ne s’approprie pas et où il resterait anonyme (les transports en commun, les supermarchés, les aires d’autoroute, etc.). Il a donc poursuivi et documenté sa réflexion pendant plusieurs années afin d’aboutir à une contre-proposition. Pour aller plus loin WordPress:
Magali Reghezza-Zitt : « Faire de la géographie, c’est d’abord une façon de regarder le monde » Maître de conférences HDR à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm et membre du Laboratoire de géographie physique de Meudon, Magali Reghezza-Zitt revient pour nous sur son parcours, son rapport et sa manière de concevoir la géographie. L'occasion d'interroger les évolutions d'une discipline de moins en moins "disciplinée" et de plus en plus ouverte à d'autres influences scientifiques. Comment avez-vous découvert la géographie ? J’ai découvert la géographie en classe préparatoire. À l’époque, il n’y avait ni accès à internet, encore moins à google earth ou powerpoint. Par la suite, j’ai commencé des études d’histoire à l’ENS. Quels sont vos domaines et terrains de recherche ? Je suis géographe de l’environnement. Par la suite, j’ai orienté mes recherches vers l’aménagement durable des territoires à risques majeurs, avec le cas de la basse-vallée du Var. Pour vous, comment « fait-on » de la géographie et de la cartographie ? Quels textes, auteurs, ont influencé vos travaux et comment ?
Patrick Boucheron : « Faire de l’Histoire, c’est lutter contre l’arrogance du présent » [Série] A une époque de profondes mutations, le rapport au temps est chamboulé. Nous avons invité des personnalités et des anonymes de tous horizons à se confier sur ce sujet. Cette semaine, l’historien Patrick Boucheron. A 50 ans, l’historien entré au Collège de France en décembre 2015 est titulaire de la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle ». Il est l’auteur d’une thèse de doctorat d’histoire consacrée à l’urbanisme et à la politique édilitaire à Milan aux XIVe et XVe siècle (Le Pouvoir de bâtir, 1998). Ce spécialiste du Moyen Age, de la Renaissance et de l’Italie cultive son propre rapport au temps. Au quotidien, comment percevez-vous votre rapport au temps ? C’est sans doute banal, mais je trouve difficile d’être libre de mon temps : quand on ne subit pas de contrainte, on se rend esclave de quelque chose de plus puissant dont on est pleinement responsable. S’immerger quotidiennement dans des mondes disparus change-t-il votre rapport au monde ?
Cartographie. Les villes prennent le pouvoir Les mégalopoles sont les nouveaux moteurs de l’économie mondiale. De la Californie au delta de la rivière des Perles, en Chine, l’avenir s’écrit dans des pôles urbains tentaculaires. D’ici à 2025, il y aura au moins quarante de ces villes ultra-connectées dans le monde. Par-delà les frontières, elles inventent une autre forme de gouvernance et d’économie, affirme Parag Khanna, l’auteur de Connectography : Mapping The Future of Global Civilization (éd. Penguin Random House, avril 2016, non traduit en français). Dans ce livre, l’auteur, que le New York Times décrit comme “l’homme le plus connecté du monde” en raison de ses collaborations avec des universités du monde entier, décrit un futur où les frontières nationales reculeront et où les agglomérations – ainsi que les personnes – les plus connectées prendront le pouvoir. Ce constat, c’est aussi celui de l’Institut Mc Kinsey.
Le rôle de l’historien est-il de ressusciter le passé ? Il existe en France aujourd’hui au moins quatre écoles historiques différentes. Fondées sur des visions du monde différentes (historicisme-providentialisme) et des méthodes divergentes (identité-altérité), elles jettent des regards opposés sur l’histoire de France. Comme la récente période électorale l’a montré, leurs désaccords trouvent des prolongements dans les positionnements des principaux candidats à la présidence de la République non seulement en rapport avec le « roman national » mais bien plus encore sur l’avenir de la France en Europe et dans le monde. Cette absence de consensus ne résulte-t-elle pas d’une faille initiale ? Le tournant historiciste Il y a environ 200 ans, pour la première fois dans l’historiographie, s’est produite en Europe une déconnexion entre l’histoire des hommes et l’histoire des dieux. De plus la récupération de la méthode par quantité de communautés faisant la promotion de leurs propres mémoires a brouillé encore plus la mission de l’historien.
La persévérance, ça s’apprend ! – Alloprof blogue Le parcours scolaire est semé d’obstacles et de défis que les enfants doivent apprendre à surmonter pour réussir. Mais faire preuve de persévérance n’est pas toujours facile pour un jeune. En tant que parent, il existe des façons de soutenir votre enfant dans cet apprentissage. Découvrez les attitudes et comportements que les experts de la future plateforme d’Alloprof Parents suggèrent de privilégier. L’importance de la persévérance La persévérance, c’est la faculté de poursuivre son objectif malgré les difficultés, de se montrer tenace et déterminé devant les obstacles. Loin d’être innée, la persévérance est le fruit d’un apprentissage que l’enfant pourra acquérir grâce au soutien d’adultes significatifs. Un apprentissage à faire dès l’enfance En enseignant la persévérance à son enfant dès son plus jeune âge, le parent l’aidera à prendre conscience de ses talents et à déployer son plein potentiel. Pour y parvenir, le parent peut, par exemple: Cultiver la persévérance
BRICS Une vingtaine d’années plus tard, les faits lui donnent raison, car même si leurs économies possèdent des caractéristiques très différentes, ces pays des BRICS ont connu une ascension fulgurante dans l’économie mondiale. Carte des Pays des BRICS Qui sont les BRICS en 2024 ? En 2024, les BRICS se sont transformés en BRICS+ avec l’ajout de nouveaux membres. Ce nouvel ensemble représente désormais une puissance économique et géopolitique majeure. Les membres actuels, composés de nations émergentes, visent à renforcer leur influence face aux économies occidentales. Cette dynamique pourrait, par exemple, favoriser le développement de projets d’infrastructure communs ou des initiatives de dédollarisation. PIB mondial : l’ascension fulgurante des BRICS Entre 2000 et 2008, la croissance des BRICS est nettement supérieure à celles des pays développés. La place des BRICS dans l’économie globale ne cesse de croître. La croissance des BRICS vue du côté des marchés financiers À lire aussi sur notre site
Un passé à questionner plutôt qu’un récit du passé | À l'école de Clio. Histoire et didactique de l'histoire présenté par Charles Heimberg (Université de Genève) Deux prises de position publiées récemment sur le site du journal Le devoir, de Montréal, rendent compte d’un problème qui se pose en amont de toute histoire scolaire : passe-t-elle d’abord par un récit ou par une forme de problématisation ? Le caractère nuancé de ces deux textes montre bien que la réalité se situe souvent quelque part entre ces deux alternatives, tout comme l’histoire se situe elle-même entre des récits et des tableaux, selon l’expression d’Antoine Prost [1]. Source : 11 février 2016 | Chantal Rivard – Doctorante et chargée de cours au Département de didactique de l’Université de Montréal et enseignante au collège Beaubois « Je sais pas si tu vas me “craire”, mais on vit dans un pays qu’y a déjà été habité par des géants. » Ainsi commence un cours d’histoire raconté par un enseignant « fredpellerinisé ».
La stratégie de la mouche: pourquoi le terrorisme est-il efficace ? Le théâtre de la terreur Un terroriste, c’est comme une mouche qui veut détruire un magasin de porcelaine. Petite, faible, la mouche est bien incapable de déplacer ne serait-ce qu’une tasse. Alors, elle trouve un éléphant, pénètre dans son oreille, et bourdonne jusqu’à ce qu’enragé, fou de peur et de colère, ce dernier saccage la boutique. Comme son nom l’indique, la terreur est une stratégie militaire qui vise à modifier la situation politique en répandant la peur plutôt qu’en provoquant des dommages matériels. Jean-Pierre Filiu : "En Syrie, les monstres ont été réveillés et lâchés" Modifier une situation politique en recourant à la violence n’est pas chose aisée. Merci, votre inscription a bien été prise en compte. En comparaison, le terrorisme est un petit joueur. Comment alors les terroristes peuvent-ils espérer arriver à leurs fins ? Voilà pourquoi un terroriste ressemble à une mouche qui veut détruire un magasin de porcelaine. L'histoire d'homo sapiens, par Yuval Noah Harari
Schéma AMM Enseigner la géographie : pour une citoyenneté active et critique | Géographies buissonnières La géographie est inscrite dans les programmes scolaires depuis si longtemps – en fait depuis que des textes définissant les contenus à enseigner existent – que sa légitimité, même fortement dépendante de celle de l’histoire, n’est plus discutée. Cet enseignement comme d’autres apparaît comme une sorte d’ « objet naturel » dans les cursus scolaires en France. Pourtant, il semble salutaire d’interroger ce type d’évidence, de bousculer les certitudes tranquilles, de remettre en cause des formes de naturalisation de la pensée : pourquoi enseigner la géographie ? À quoi est-ce que cela sert ? Pourquoi cette discipline et ses programmes depuis environ deux siècles dans les cursus de l’enseignement primaire et secondaire en France ? Et in fine, doit-on continuer à proposer cet enseignement aux élèves et sous quelle forme ? La situation évolue vers le milieu du siècle. Vers la fin du siècle, dans un contexte de compétition coloniale, l’impératif d’une éducation géographique va s’imposer.
Comment la BD peut nous aider à comprendre le terrorisme islamiste Le fléau du terrorisme islamiste, sujet de BD? Bien sûr, on sait que la bande dessinée ne se refuse plus aucun sujet, y compris les plus difficiles, mais tout de même, peut-on traiter en «petits Mickeys» des événements comme l’attaque de Nice du 14 juillet, celles dans Paris en novembre dernier ou les autres horreurs commise par Daech? Inspirés par une actualité tristement foisonnante, de nombreux auteurs de BD n’hésitent pas à se lancer sur ce terrain difficile, dans des registres allant du réalisme quasi documentaire à la fiction la plus échevelée. La préparation minutieuse d’un attentat suicide en plein Paris. L’intérêt de Christin pour la question remonte loin: dès 1979, le célèbre album Les phalanges de l’Ordre noir signé avec Bilal mettait en scène la violence politique au service d’une cause, avec l’affrontement sanglant, longtemps après la fin de la guerre d’Espagne, entre anciens fascistes et rescapés des Brigades internationales. Le terroriste n'est pas toujours le sujet