
Comment l'Empire ottoman fut dépecé, par Henry Laurens (Le Monde diplomatique, avril 2003) En 1914, les provinces arabes de l’Empire ottoman se trouvaient sous l’influence collective et multiforme des puissances européennes, auxquelles s’ajoutaient les Etats-Unis. Les Jeunes-Turcs, au pouvoir depuis 1908, cherchaient à se débarrasser de ces ingérences permanentes, mais au prix d’un centralisme autoritaire qui suscitait l’émergence d’un mouvement autonomiste arabe prêt à chercher des appuis chez les Européens. La France était la puissance dominante en « Syrie naturelle », grâce à ses investissements économiques et à son rayonnement scolaire et culturel. En entrant en guerre en novembre 1914, les Ottomans entendaient s’affranchir des dominations étrangères et liquider les autonomismes locaux. Mais le djihad menace l’Afrique du Nord française (et une partie de l’Afrique noire) et l’Inde britannique. L’échec sanglant des Dardanelles n’en remet pas en cause le principe. Un certain nombre d’esprits romantiques du Caire, dont le plus célèbre sera T. Un face-à-face franco-britannique
Les provinces arabes de l'Empire ottoman à la fin du XIXe siècle (1/13) : Jeu d’influences vers 1880 Qui était le capitaine de Torcy ? Quelles étaient ses relations avec le sultan Abdülhamid II ? Quel regard sur Midhat Pacha ? Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire contemporaine du monde arabe », poursuit son cours pluri-annuel consacré aux provinces arabes de l'Empire ottoman à la fin du XIXe en interrogeant le temps long, la genèse des décisions et des mouvements politiques, avec l’idée d’arriver à la crise de 1914. "l’Orient et l’Occident ne sont pas séparés, ils vivent en interaction". Et c’est bien cette interaction qui est au cœur de ses interrogations encore dans cette nouvelle série que nous débutons aujourd'hui. Dans son prochain ouvrage, intitulé, Les crises d'Orient, qui va paraître chez Fayard le 13 février 2017, Henry Laurens note en introduction : "En 2016, on n’a jamais autant parlé d’un Empire ottoman pourtant disparu il y a près d’un siècle" (p.11). L’historien évoque "la charge mémorielle que comprend cette question d’Orient.
La défaite turque en 1918 et la chute de l’Empire ottoman Mais dans le contexte de la victoire alliée et après la révélation des horreurs du génocide arménien, cette position ne rencontre guère d'écho. L'heure est au démantèlement de l'empire honni – et au partage des territoires libérés. Dans ce but, Français et Britanniques, qui rêvent depuis longtemps d'accroître leur influence au Proche-Orient, ont signé en secret, en 1916, les accords Sykes-Picot. Ces derniers prévoient le partage des territoires orientaux ottomans entre les deux puissances, une fois le conflit terminé. Le sort de ces provinces mettra toutefois du temps à être réglé. En juin 1919, Le Miroir se pose la question : « Que va-t-il advenir de l'Empire ottoman ? « La Turquie ayant pris position, en 1914, contre l'Entente, il apparut que son sort devait être aussi réglé : c'est-à-dire qu'elle avait mérité d'être rayée de la carte.
L’Empire ottoman dans ses marges - Ép. 2/4 - Le dernier siècle de l’Empire ottoman Avec nos partenaires, nous traitons vos données pour les finalités suivantes : le fonctionnement du site, la mesure d'audience et web analyse, la personnalisation, la publicité et le ciblage, les publicités et contenus personnalisés, la mesure de performance des publicités et du contenu, le développement de produit, l'activation des fonctionnalités des réseaux sociaux. Vos préférences seront conservées pendant une durée de 6 mois. Les séries au service d’une influence stratégique : le cas turc. – La Revue d'Histoire Militaire Les séries sont couramment marquées par la situation géopolitique et la politique internationale de leur pays de création. C’est le cas des séries turques qui connaissent un succès international depuis le début des années 2010. En 2013, elles secondent les séries américaines à 32 % des succès d’audience, et la valeur de leurs exportations s’élève à 300 millions de dollars cette même année[1]. Des Balkans à l’Amérique latine, leur succès est indéniable. Cet engouement peut s’expliquer par le fait que leur casting met en avant des femmes plus émancipées et l’image d’un Orient plus pro-actif. Le succès des séries turques est aussi le résultat d’une volonté politique d’exporter vers l’international un modèle turc, permettant au pays de conquérir la place de puissance régionale incontournable. De la réhabilitation cinématographique de personnages historiques de l’Empire ottoman Ainsi, de nombreuses séries turques prennent pour cadre l’Empire ottoman. Bibliographie J’aime ça : J’aime chargement…
Entretien avec Stéphane Malsagne pour introduire la question contemporaine au programme de l’agrégation et du Capès d’histoire 2017 : « Le Moyen-Orient de 1876 à 1980 » Pouvez vous revenir sur les empires/pays qui composent cet espace ? L’expression Moyen-Orient n’existe pas encore en 1876. Elle est inventée pour la première fois en 1902 sous la plume de l’amiral américain et stratège Alfred Mahan dans un texte sur le Golfe persique donné à la National Review de Londres pour évoquer un espace situé entre un Proche-Orient (Near East) et un Extrême-Orient (Far East) et s’étendant de manière mal définie entre les Indes et le Proche-Orient (Suez). Au début de la période fixée par le programme, cet espace est structuré par deux Empires : l’Iran (appelé Perse jusqu’en 1935 dans les relations internationales) et l’Empire ottoman. En Perse, la situation est différente car le programme couvre deux administrations impériales chiites successives. Pouvez vous revenir sur les bornes chronologiques qui délimitent la période au programme ? L’année 1980 n’est pourtant pas dénuée de lourdes significations. Quels sont les moments clés/charnières de cette période ?
Soliman le Magnifique : le plus flamboyant des sultans ottomans Ogier Ghislain de Busbecq, ambassadeur de Charles Quint (1500-1558), l’empereur du Saint-Empire, est stupéfait. En visite diplomatique à Constantinople (Istanbul) en 1555, il voit devant lui un souverain couvert d’«exquises étoffes» assis sur un trône en or. A ses côtés, des chevaux caparaçonnés «de fines pierres orientales» et des dignitaires «vêtus de drap d’or, de velours, de satin blanc, rouge et bleu, fort passementé, diapré et filé d’or et d’argent». Rien ne prédestinait pourtant cet élève de l’école du palais de Topkapi à un destin aussi glorieux. Soliman Ier est surnommé le «Législateur» Arrivé au pouvoir à 25 ans, après la mort de son père, le jeune sultan manifeste tout de suite une volonté de justice. Cette miniature du XVIe siècle montre une scène de la vie quotidienne dans un territoire reculé de l’empire. Secondé par son grand mufti Ebussuud Efendi, théologien de l’islam, Soliman publie des textes de lois qui n’entrent pas en conflit avec le droit coranique. L'ère Soliman
Les guerres balkaniques - Ép. 3/4 - Le dernier siècle de l’Empire ottoman Avec nos partenaires, nous traitons vos données pour les finalités suivantes : le fonctionnement du site, la mesure d'audience et web analyse, la personnalisation, la publicité et le ciblage, les publicités et contenus personnalisés, la mesure de performance des publicités et du contenu, le développement de produit, l'activation des fonctionnalités des réseaux sociaux. Vos préférences seront conservées pendant une durée de 6 mois.
Fascinant Empire ottoman Les relations entre le monde ottoman et l’Europe de la Renaissance : c’est de cela que traite « L’Empire du sultan », sous la forme d’une exposition longue et dense. Elle les évoque du point de vue artistique au sens large, de la peinture et de la gravure aux armures et aux automates. Mais, les relations artistiques étant indissociables des relations diplomatiques, militaires ou économiques, toutes ces données se trouvent présentes, de façon explicite ou plus discrètement. La période étudiée s’étend de la chute de Constantinople, en 1453, au début du XVIIe siècle, marqué par l’accord de paix de Zsitvatorok, signé en 1606. Il n’est pas inutile non plus de réviser ses connaissances artistiques, car le regard va de Dürer à Tintoret, de Hans Memling à Gentile Bellini, des graveurs allemands aux graveurs flamands. Tous, qu’ils s’y soient rendus ou non, ont popularisé en Europe quelques types – le janissaire, le mamelouk, le vizir. Lire aussi L’influence de l’Empire du sultan à Bruxelles
Nahda, la renaissance arabe, par Anne-Laure Dupont (Le Monde diplomatique, août 2009) Dans l’historiographie arabe, la période comprise entre la fin du XVIIIe siècle et les années 1950 est souvent vue comme une période de Renaissance (nahda), qui aurait succédé à des siècles de décadence. Elle équivaut au liberal age dont préférait parler l’historien britannique d’origine libanaise Albert Hourani (1915-1993). Elle peut aussi s’apprécier comme un âge romantique mêlant étroitement culture et politique. Elle correspond à des mouvements divers d’émancipation : de la pensée et de la langue qui l’exprime, des sujets accédant à la dignité de citoyens, de la « nation arabe » en contexte ottoman ou colonial, des femmes aussi. Le concept de nahda, traduisible par risorgimento aussi bien que par « renaissance », évoque la revendication de la liberté en littérature, l’émergence de l’idée de nation, la redécouverte d’un passé médiéval idéalisé, le conflit de générations et la crise de l’autorité, la prédominance du modèle constitutionnel en matière politique.
Lettre de Soliman le Magnifique à François Ier Ce document, rédigé sur un long rouleau de papier entoilé, fait partie du groupe de lettres adressées par le sultan Soliman au roi de France François Ier entre 1525 et 1543. Le sultan entretenait aussi une correspondance avec différents éminents interlocuteurs européens, reflet du rôle de l’empire ottoman dans le Bassin méditerranéen au XVIe siècle. Dans le cadre de ces échanges diplomatiques, les drogmani (interprètes) jouaient un rôle de premier plan[1]. Avec la France, les sujets de discussion furent variés : alliance commune contre Charles Quint, privilèges commerciaux, conquêtes militaires, modalités des relations diplomatiques à travers les ambassadeurs. L’année de rédaction de cette lettre, 1536, correspond à la période où la première Capitulation a été conclue entre le vizir Ibrâhîm Pasha et l’ambassadeur français Jean de la Forêt. La lettre débute par une formule d’invocation et l’énoncé de la titulature du sultan (quatre lignes dorées en thuluth).
Héritage de l’Empire Ottoman chez les Jeunes-Turcs - Ép. 4/4 - Le dernier siècle de l’Empire ottoman Avec nos partenaires, nous traitons vos données pour les finalités suivantes : le fonctionnement du site, la mesure d'audience et web analyse, la personnalisation, la publicité et le ciblage, les publicités et contenus personnalisés, la mesure de performance des publicités et du contenu, le développement de produit, l'activation des fonctionnalités des réseaux sociaux. Vos préférences seront conservées pendant une durée de 6 mois.
Empire ottoman Formation et consolidation de l’Empire ottoman Les Ottomans sont originaires d’une tribu d’Asie centrale, qui s’installe vers la fin du XIII ème siècle dans la région de Seuyut, puis conquiert progressivement plusieurs villes byzantines. A la fin du XIV ème siècle, les Ottomans sont présents dans les Dardanelles et en Thrace, puis s’implantent en Macédoine, en Thrace orientale et en Bulgarie. Il est généralement admis que la splendeur de l’Empire ottoman a duré un siècle, du règne de Mehmed II à la fin de celui de Soliman le Magnifique en 1566. A la suite du règne de Soliman le Magnifique, l’Empire ottoman entre dans une période de déclin : défaites militaires comme celle de Lépante en octobre 1571, révoltes, assassinat du sultan Osman II en 1622 par des janissaires (infanterie), querelles de successions, révoltes de l’armée… Sur le plan territorial, les Ottomans subissent des défaites, notamment en 1683 où les troupes turques sont battues à Vienne. Fin de l’Empire ottoman