
L'engagement citoyen chez les jeunes Introduction « La jeunesse a la capacité de prendre des risques », Edgar Morin, philosophe et sociologue L’engagement des jeunes« Favoriser l’engagement des jeunes », Patricia Loncle, enseignant-chercheur à l’EHESP« Promouvoir les valeurs de l’engagement », Jean-Luc Cazaillon, directeur général des Ceméa« Acquérir des compétences transversales », Sophie Dargelos, déléguée nationale éducation, Les Francas« Former des électeurs », Flavie Boukhenoufa, déléguée générale de la Ligue de l’enseignement d’Ille-et-Vilaine L’éducation à la citoyenneté « L’éducation civique et l’éducation à la citoyenneté », Nathalie Mons, présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), professeure de sociologie à l’université de Cergy-Pontoise« L’EMC, l’affaire de tous », Éric Favey, vice-président de la Ligue de l’enseignement, membre du Conseil supérieur des programmes« La formation de citoyens éclairés », Jean-Michel Zakhartchouk, rédacteur aux Cahiers pédagogiques
Esprit critique et laïcité Quand on évoque les fondamentaux, on les résume souvent à la formule : "lire, écrire, compter". J’ajouterais volontiers, pour ma part, un quatrième verbe : penser. Apprendre à penser à nos élèves, ce n’est pas leur donner du prêt-à-penser. C’est développer leur capacité à penser par eux-mêmes, au-delà de l’opinion dominante et de la pensée commune, et parfois contre elles. Penser par soi-même nécessite un cadre clair, un contexte et des conditions politiques qui sont ceux de l’État de droit. Athées, agnostiques, croyants, jouissent du même droit à la liberté de conscience et d’expression, dans la limite du respect d’autrui, de la loi et de l’ordre public. Cette liberté de conscience et d’expression, la laïcité la préserve aussi au sein de l’École, où elle revêt une importance particulière. La laïcité préserve la liberté de chacun vis-à-vis des déterminismes ou des conditionnements extérieurs. * La formule est de Georges Lapierre, instituteur et résistant, mort à Dachau en 1945.
S. Mazet : un cours « d’autodéfense intellectuelle » pour ne pas se laisser manipuler Prof d'anglais, Sophie Mazet a créé un cours pour aider ses élèves à se méfier des discours manipulatoires... notamment complotistes. Sophie Mazet, prof d’anglais au lycée Blanqui de Saint-Ouen / Crédits : Patrice Normand/ ROBERT LAFFONT Professeure d’anglais au lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen, Sophie Mazet anime des ateliers dont l’objectif est de « développer l’esprit critique et le sens de l’analyse ». Un véritable « kit pour ne pas se laisser manipuler ». Comment en êtes-vous venue à créer un atelier « d’autodéfense intellectuelle » ? L’idée remonte à 2010. L’idée était de les pousser à garder les yeux ouverts. Puis j’ai accompagné un voyage scolaire au Rwanda, dont l’un des thèmes était le rôle des médias dans l’incitation au génocide des Tutsis. En 2011, j’ai monté un cours d’autodéfense intellectuelle, sur la base de ce que disait Noam Chomsky : “si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle.” Comment fonctionne ce cours ? S.
Développer l'esprit critique... Ce résultat ne peut pourtant pas être imputé aux collègues, tous profondément convaincus du bien-fondé d'un tel objectif. Alors pourquoi n'y arrive-t-on pas ? Le problème, c'est que développer l'esprit critique chez tous les élèves est certes une jolie formule, forte, qui fait bien, mais si abstraite et si vague qu'elle empêche d'en voir les implications dans le concret, et d'admettre à quel point les pratiques courantes sont en contradiction avec elle. En fait, on retrouve ici l'un des problèmes majeurs de la formation des enseignants, bien connu des vieux formateurs dont je suis, et fort mal traité en formation, celui de la cohérence entre les buts et les moyens. Dans la stratégie des Ecoles Normales de jadis, on exigeait des normaliens qu'ils indiquent, en haut des fiches de préparation de leurs leçons dites "d'essai", l'objectif visé. Ce qu'ils faisaient tous avec la plus charmante des docilités. Essayons de creuser un peu. Tout ce qui s'y passe habitue au contraire.
Jeunesse et Internet : Un adolescent sur cinq croit tout ce que dit Google La publicité sur Internet n’est pas toujours clairement définie. Et de nombreux jeunes internautes au Royaume-Uni n’arrivent pas à faire la différence avec une recherche classique. Les enfants et adolescents d’aujourd’hui ont beau être des « digital native », c’est à dire des jeunes ayant grandi dans un environnement numérique, cela ne veut pas dire qu’ils ont la faculté de déceler ce qui est vrai ou pas. Et de nombreux publicitaires jouent sur cette confusion. C’est ce qu’a mis en lumière Ofcom, un site anglais qui s’occupe de réguler les médias, dans leur dernière étude. Dans un des tests, on montrait à des enfants âgés de 8 à 15 ans la première page de Google après une recherche pour des chaussures de sport. Cette étude portait sur 1379 interviews de parents et d’enfants chez eux, afin de mieux comprendre comment les esprits plus jeunes réagissent devant Internet. Des chiffres qui doivent en tout cas nous faire réfléchir sur l’accès des plus jeunes à Internet.
La pensée critique - Pourquoi est-elle si difficile à enseigner ? Source : American Educator Daniel T. Willingham Traduction (avec l'autorisation expresse de l'auteur) : Françoise Appy Télécharger le document complet Tout un chacun est d’accord pour convenir que l’un des buts de l’école, même s’il est insuffisamment atteint, est de permettre aux élèves de développer une pensée critique. Cette mission spécifique de l’école, issue du bon sens, a souvent été traduite par des incitations à enseigner les « habiletés de la pensée critique », les « habiletés de pensée de haut niveau » et des incitations plus générales à apprendre aux élèves à faire de meilleurs jugements, à raisonner plus logiquement, etc. Ces appels ne sont pas nouveaux. À la suite de ce rapport, les méthodes conçues pour enseigner la pensée critique dans le curriculum scolaire sont devenues très populaires. Après plus de 20 ans de lamentations, d’exhortations et peu d’amélioration, il est peut-être temps de poser une question fondamentale : peut-on enseigner la pensée critique ? [1] . [2] .
Bruno Devauchelle : Quelle éducation à l'esprit critique à l'ère du numérique ? La notion "d'esprit critique" est souvent avancée sans forcément être précisée. La publication récente d'un article (revue "vivre au lycée" n°66, mars2015) et d'un dossier (Cerveau et Psycho n°72, novembre décembre 2015) sur le sujet apportent à cette notion des éclairages qui demandent à être discutés. En effet l'apparente évidence de l'esprit critique dont chaque adulte (et en particulier enseignant) est supposé pourvu est le plus souvent une impression, un sentiment, dont le fondement est discutable. Face à l'émotion et à la sidération des attentats commis depuis le début de l'année dans notre pays, mais aussi ailleurs dans le monde, que vaut l'esprit critique ? Du coup, il devient urgent de rappeler la nécessité de l'esprit critique, mais à condition de ne pas considérer a priori que le grand public est différent des professionnels de l'information, ce sont d'abord des humains. Nous sommes à un tournant informationnel et communicationnel. Bruno Devauchelle
Les images, ça se tord, se retourne, se coupe et s'adapte. C'est celui qui les… Les images, ça se tord, se retourne, se coupe et s'adapte. C'est celui qui les manipule qui manipule aussi celui qui les regarde. C'est ce que nous avons voulu montrer à des jeunes de la MJC de Châtillon-sur-Seine (21). Une équipe d'animateurs de l'UDMJC 21 et de la +MJC Chenôve est allée à la rencontre d'un groupe d'adolescents avec lesquels ils ont pu échanger sur les images et les informations qu'ils reçoivent, par la télévision ou sur internet. Il leur a été alors proposé, sur un sujet de leur choix (en l’occurrence #PokemonGo) de réaliser deux reportages : l'un traitant le sujet de façon plutôt positive, l'autre négative. Après plusieurs prises, du montage, du tri parmi les séquences à leur disposition, voici le résultat de leur travail. #Education #Médias #MJC #Information
Face au complotisme : éduquer à l'esprit critique Fausses images et propagande de la bataille d’Alep Des fausses informations émanant des deux camps ont accompagné la fin de la bataille, mardi, menée par le régime contre la zone rebelle. Derrière la guerre meurtrière en Syrie se cache aussi un combat médiatique. La victoire de l’armée syrienne sur les rebelles à Alep, mardi 13 décembre, s’est accompagnée de fausses images et d’intox qui compliquent encore un peu plus la tâche à qui veut s’informer sur la situation en Syrie. Et si beaucoup viennent du camp favorable à Bachar Al-Assad, les soutiens des rebelles versent eux aussi dans la désinformation. La journaliste censée « démonter » la « rhétorique des médias » « Une journaliste démonte en deux minutes la rhétorique des médias traditionnels sur la Syrie. » Une vidéo du site financé par le pouvoir russe Russia Today a largement circulé depuis sa publication, mercredi 13 novembre, reprise notamment en français par des sites extrémistes ou conspirationnistes, comme ArretSurInfo.ch ou LesMoutonsEnragés.fr. Dans sa compilation, M.