Harkis, les oubliés de la guerre d’Algérie – Histoire et témoignages
Harkis… Les oubliés Harkis… Les oubliés Les harkis sont les Algériens qui ont choisi de combattre aux côtés de l’armée française durant la guerre d’Algérie (1954-1962). Craignant les représailles du Front de libération nationale (FLN) après la signature des accords d’Évian, en mars 1962, environ 100 000 d’entre eux ont quitté l’Algérie pour s’installer dans le sud de la France. Certains ont été aidés par des soldats de l’armée française, d’autres par des « pieds-noirs ». © Crédits : FRANCE 24 - Textes : Tahar Hani - Réalisation Multimédia : Hussein Emara - Traduction : Moïna Fauchier Delavigne - Edition : Céline Curiol - Secrétariat de rédaction : Jean Baptiste Marot - Conception graphique : Emmanuelle Nicolas et Marine Tanguy - Développement : Mary Lou for codrops - Terry Prudent. Qui sont les harkis ? Les harkis sont les Algériens qui ont choisi de combattre le Front de libération nationale (FLN) aux côtés de l’armée française pendant la guerre d’Algérie (1954-1962). Rabah Soltani
La très compliquée restitution des sabres de l’émir Abdelkader, héros de la résistance à la conquête française de l’Algérie
Derrière la vitre s’étalent des reliques orientales à la puissante symbolique. Il y a un burnous pourpre ramené par le général Bugeaud, un fez piqué d’un pompon vert à franges dont le général de Lamoricière s’était entiché, ou la clé de Laghouat (une ville située à 400 km au sud d’Alger) saisie par le général Pélissier. Il y a surtout un majestueux sabre en acier damassé à la courbure légère, glissé dans un fourreau en métal doré ciselé. L’arme était celle de l’émir Abdelkader, le chef emblématique de la résistance à la conquête française de l’Algérie, contraint à la reddition le 23 décembre 1847. Troublante est cette mémoire du face-à-face, par pièces muséales interposées, entre le héros national algérien et ses adversaires de l’époque, officiers d’une « armée d’Afrique » en pleine expansion coloniale.
Histoire, mémoire et actualité post-coloniale
Guerre d'algérie : 1954-1962
video Soulèvements dans le Constantinois Les archives des Actualités Françaises (INA) du 20 septembre 1955 illustrent, avec cet extrait, les soulèvements... video Aimé Césaire et la guerre d'Algérie En 1956, l'organisation des pays non alignés voit le jour. Cette conférence marque l'avènement du Tiers-monde, le monde... Le putsch des généraux d’Alger Les archives des Actualités Françaises (INA) du 5 mai 1961 illustrent, avec cet extrait, le putsch d’Alger.
Jalons Pour l'histoire du temps présent
Le 10 octobre 1954, un groupe de nationalistes algériens fonde le Front de Libération National (FLN). Leur objectif : mener une guérilla révolutionnaire visant à arracher l'indépendance algérienne à la France. Le premier acte de ce soulèvement a lieu dans la nuit du 1er novembre 1954 : 70 attentats disséminés sur une trentaine de points du territoire algérien visent à saboter des installations névralgiques (radio, centraux téléphoniques, dépôts de pétrole...) et à toucher des casernes et des gendarmeries afin d'y récupérer des armes. Ces attentats, qui devaient épargner les civils, font huit morts, parmi lesquels un jeune instituteur français, Guy Monnerot. Dès le lendemain, le gouvernement Mendès France et son ministre de l'Intérieur, François Mitterrand, organisent la répression contre-terroriste dite de "remise en ordre intérieure". Philippe Tétart
231. L’année 1962 en Algérie, avec Malika Rahal
Podcast: Play in new window | Download S'abonner : Apple Podcasts | Spotify | Android | Deezer | | More L’invitée: Malika Rahal, chargée de recherche au CNRS Le livre: Algérie 1962. Une histoire populaire, Paris, La découverte, 2022. La discussion: Quel sens a le terme d’histoire « populaire » appliquée à l’Algérie en 1962 ? Le conseil de visionnage: Comme la pierre est à la pierre (film de 1962) Podcast: Play in new window | Download S'abonner : Apple Podcasts | Spotify | Android | Deezer | | More L’invitée: Malika Rahal, chargée de recherche au CNRS Le livre: Algérie 1962. La discussion: Quel sens a le terme d’histoire « populaire » appliquée à l’Algérie en 1962 ? Le conseil de visionnage: Comme la pierre est à la pierre (film de 1962)
Réparations historiques et justice globale
Ce soir, Frédéric Worms reçoit Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) Peut-il y avoir reconnaissance d’une injustice sans exigence de réparation ? La réponse semble aller de soi. E S S A I : Esclavage et réparations. Qu’ est-ce que la réparation ? Les esclaves et leurs descendants n’ont cessé de plaider en ce sens : ils se sont battus pour obtenir, selon les cas, des dommages et intérêts, des aides au retour en Afrique, des lopins de terre, des retraites, des bourses d’ études, des actions mémorielles, culturelles ou symboliques. De Condorcet à Desmond Tutu, en passant par Lincoln, Martin Luther King, Malcolm X, Frantz Fanon ou Aimé Césaire, tous ont plaidé en faveur des réparations.
Algérie - La guerre d'indépendance
Occupée par la France en 1830, l'Algérie devient en 1954 le théâtre de la plus douloureuse guerre de décolonisation qu'ait connue la France et même l'ensemble des pays européens. C'est le résultat des maladresses gouvernementales, de l'égoïsme obtus des colons européens et des brutalités sans scrupules des indépendantistes musulmans. Une « guerre sans nom » Encouragés par la défaite française en Indochine, les indépendantistes algériens lancent une trentaine d'attentats plus ou moins désordonnés le 1er novembre 1954. C'est la « Toussaint rouge » : récoltes incendiées, gendarmerie bombardée... On compte sept victimes, toutes musulmanes sauf un instituteur venu de métropole. Peu après est créé au Caire le Front de Libération Nationale (FLN), par Ahmed Ben Bella, un indépendantiste en rupture avec le MTLD de Messali Hadj, qu'il juge trop modéré. Sur le moment, la « Toussaint rouge » passe inaperçue dans l'opinion française. Les musulmans basculent dans le camp de la rébellion
Jalons Pour l'histoire du temps présent
Forum d'Alger, 4 juin 1958, 19 heures. Face à la foule algéroise, flanqué de Salan (à gauche) et de Soustelle (à droite), le général de Gaulle s'apprête à prononcer un discours clef. Il s'adresse à l'immense foule présente, mais aussi et il le sait, par médias interposés, à l'ensemble de la communauté française. De quelle arme dispose-t-il pour tenter de mettre fin à plusieurs mois de crise politique en France et de quinze jours de climat putschiste en Algérie ? De "l'ambiguïté de son discours". Il doit faire en sorte que "chaque camp projette ses espérances" au travers de ses mots. Ainsi en va-t-il pour son fameux "Je vous ai compris". Au bout du compte, terminant sur le thème de réconciliation, il fait en sorte que son discours puisse donner lieu à des interprétations diverses. Philippe Tétart
La disparition forcée, arme de guerre de l’armée française durant la « bataille d’Alger » - Malika Rahal - Fabrice Riceputi
Durant la longue guerre menée par le Front de libération nationale (FLN) pour obtenir l’indépendance de l’Algérie (1954-1962), l’administration coloniale française ne cessa jamais de fonctionner. Ainsi, tout au long de l’année 1957, la préfecture d’Alger adressa chaque semaine au général Jacques Massu des liasses de singuliers documents. Un formulaire indiquait les nom, prénom, âge, adresse et profession d’une personne, la date et les circonstances de son « arrestation » par des militaires et enfin le nom d’un membre de sa famille, « à prévenir en cas de découverte ». En une année, 2 039 de ces étranges avis de recherche furent émis par la préfecture, dans l’attente de réponses de l’armée sur le sort de l’intéressé. L’attente fut souvent vaine. Conservée aux Archives nationales d’outre-mer (ANOM), une partie ce fichier de « détenus-disparus » signalés par leurs familles en 1957 est le point de départ du projet historiographique Mille Autres, mené par Malika Rahal et Fabrice Riceputi.
Colonisation: un crime aux effets inépuisables
Sur le tableau intitulé Chafariz D'EL Rei (« La fontaine du roi »), au milieu d’une scène de rue de la Lisbonne de la Renaissance, figure un chevalier de l’ordre de Santiago, à la monture richement harnachée. L’homme à cheval, au port noble, est un Noir. Une autre figure africaine du même tableau représente le plus bas de l’échelle sociale : un serviteur, certainement un esclave, couvert d’excréments qu’il portait sur la tête dans un seau dont le fond a rompu.