
Contraction guidée J'ai aimé que le Conseil constitutionnel se préoccupe de la lutte contre les discriminations. Dans cette matière, je suis hostile aux amalgames hâtifs et aux interprétations simplificatrices. Pour moi, , l'égalité entre les sexes n'est pas la négation de leurs différences, qui ne sont pas seulement physiques, n'en déplaise à quelques sociologues intégristes. Disons‑le clairement. Je suis favorable à toutes les mesures de discrimination positive susceptibles de réduire les inégalités de chances, les inégalités sociales, les inégalités de rémunération, les inégalités de promotion dont souffrent encore les femmes. Avec l'âge, je suis devenue de plus en plus militante de leur cause. peut‑être, là aussi, je m'y sens d'autant plus portée que ce que j'ai obtenu dans la vie, je l'ai souvent obtenu précisément parce que j'étais une femme. Un mot encore, à propos de la discrimination positive. Il est vrai qu'il n'y a aucune exigence juridique à la parité.
Le sacre retardé d’une écrivaine : Olympe de Gouges FEMME DU xxie siècle. J’aimerais remonter le temps, lui parler à l’oreille… Lui dire que ses textes ne vont pas disparaître. […] 1 Catherine Anne, J’ai rêvé la Révolution, Actes Sud-Papiers, 2018. FEMME DU xxie siècle. 1Dans la pièce de Catherine Anne, J’ai rêvé la Révolution (2018), le nom de « la prisonnière » n’est révélé qu’à la fin, quand le public a eu le temps de se familiariser avec cette femme qui écrit dans sa cellule et d’admirer sa détermination. 2 Antoine Lilti, Figures publiques. 2L’époque révolutionnaire est au cœur de la « première révolution médiatique » étudiée par Antoine Lilti2 : comme d’autres personnalités de son époque, Olympe de Gouges s’est fait connaître en devenant une « figure publique », intéressant davantage par ce qui était dit de sa personne que par ce qu’elle écrivait. 6 Eva Cot, La Mémoire d’Olympe de Gouges en France, du Bicentenaire à nos jours et Olympe de Gouges : (...) 3Comment comprendre et expliquer cette célébrité hors du commun ?
La liberté des femmes, atout du développement, par Amartya Sen (Le Monde diplomatique, septembre 2000) L’ouvrage classique de Mary Wollstonecraft, A Vindication of the Rights of Women, publié en 1792, distinguait plu sieurs catégories de revendications, à l’intérieur d’un programme général de « défense », des femmes. Au-delà de droits concernant leur bien-être, elle établissait l’importance des droits destinés à faciliter leurs initiatives. En d’autres termes, elle leur conférait un rôle d’agent du changement. Les mouvements féministes contemporains ont repris les deux versants de ce programme, mais il me paraît indiscutable que ce « côté actif » commence seulement à capter l’attention qu’il mérite, après qu’on se soit focalisé de façon presque exclusive sur le bien-être. Une relation de réciprocité existe entre les préjugés et le statut social — ou la place économique — des femmes. Parce qu’il n’entraîne aucune rémunération, le travail quotidien des femmes à la maison est souvent négligé dans le décompte des contributions respectives de chacun à la prospérité familiale.
Olympe de Gouges Les femmes et la Révolution La participation politique des femmes aux événements s’est affirmée durant la Révolution française. Tantôt dans la rue, tantôt dans les tribunes des clubs, sociétés ou assemblées, les femmes ont occupé le terrain de l’action militante à plusieurs reprises, en particulier du 31 mai au 2 juin 1793 et le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), journées insurrectionnelles qui virent respectivement la chute des Girondins et celle des robespierristes. Souvent surnommées péjorativement les « tricoteuses », en référence à l’occupation manuelle à laquelle elles continuent à se livrer dans les tribunes publiques, tout en participant activement aux délibérations politiques, ces militantes s’engagent sur tous les fronts : lutte contre la misère et la faim, contre la Gironde à la Convention, etc. Olympe de Gouges, une militante féministe La Révolution : une avancée pour les droits des femmes ?
Le buste d’Olympe de Gouges - Événements - 71ème anniversaire de l’élection des 1ères députées - Assemblée nationale Voir le portrait d'Olympe de Gouges Rarement l’histoire nous propose des figures aussi intellectuellement stimulantes que celle d’Olympe de Gouges. Pourtant, deux siècles ont été nécessaires pour que l’on distingue enfin cette femme extraordinaire, qui, en son temps, avait fait siennes les valeurs qui fondent notre pacte républicain 1. Olivier BLANC Historien 1-Louis Sébastien Mercier, député, rend hommage dans le Journal de Paris du 17 février 1793 au patriotisme d’une grande républicaine. 2-Pacte national (1792) et Avis pressant à la Convention (1793). 3-L’expression a été consacrée dans le dernier écrit du député girondin François Buzot, peu avant son suicide. 4-Les Trois urnes ou le Salut de la patrie, 1793. 5-Elle fut guillotinée le lendemain sur l’actuelle place de la Concorde.
Simone de Beauvoir - Le Deuxième sexe Classicolycée Les oubliées de la Révolution : Olympe de Gouges pour une "Déclaration des droits de la femme" Une féministe avant l'heure qui participa à tous les débats qui cristallisèrent la révolution, avant de s'engager dès la fin de l'année 1792 contre la dérive terroriste d'une révolution qui rendit toute personne en marge des idées des députés Montagnards suspecte d'être contre-révolutionnaire. Son premier combat contre l'esclavage Olympe naît à Montauban le 7 mai 1748. Elle a beau être issue de la petite bourgeoisie montalbanaise peu éclairée, elle décide de faire fi des traditions patriarcales de l'époque pour entreprendre une vie indépendante à la hauteur de ses ambitions. Bien que mariée contre son gré, elle parvient à gagner Paris par ses propres moyens. Olympe se rêve femme de lettres et n'entend compter que sur elle-même pour réussir. Pour une déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne Contre la mort du roi et l'extrémisme révolutionnaire La Révolution se radicalise de plus en plus avec la chute de la royauté en août 1792 et la naissance de la Première République.
Gisèle Halimi ou l'auto-éducation Gisèle Halimi est née en Tunisie en 1927, dans une famille et à une époque où le patriarcat triomphait. Cette expérience de l'infériorisation, partagée avec sa sœur et sa mère, la pousse vers une carrière d'avocate en faveur des femmes et des luttes anti-coloniales. Très jeune, elle refuse le destin que ses parents lui fabriquaient, et met en place une "auto-éducation", selon ses propres termes. C'est que très tôt, elle a été frappée par non seulement l'absence, mais le refus de savoir qui caractérise l'environnement dans lequel elle a grandi. Avec la Seconde guerre mondiale puis, dans les années 1952-54, les premières revendications d'autonomie en Tunisie, Gisèle Halimi développe aussi sa conscience politique. À 17 ans, la future avocate a deux bacs en poche, et de l'argent de côté grâce aux cours particuliers qu'elle a donnés. En effet, l'enseignement qu'elle a reçu à l'école en Tunisie a donné à la petite Gisèle l'impression de connaître parfaitement la France.
Étudier Olympe de Gouges : à la recherche des mots justes Depuis la rentrée 2021, il est possible de choisir pour œuvre intégrale dans le chapitre de littérature d’idées le texte d’Olympe de Gouges, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791). Les réticences à aborder cette œuvre sont nombreuses : il s’agit d’un texte juridique dont on se demande comment commenter le style, d’un ouvrage écrit durant la Révolution française qui exige, pour être compris, d’être clairement contextualisé et d’un livre féministe qui ne manquera pas de susciter des débats, que l’on préférerait parfois éviter. Mais disons-le tout de suite, étudier Olympe de Gouges en Première aujourd’hui est surtout une chance. D’abord, parce que cette « déclaration des droits », écrite comme un discours à proclamer, n’a jamais pu être dite à la tribune : c’est donc faire œuvre de réhabilitation, tant littéraire et politique qu’historique, que de le lire et de le faire lire aux jeunes générations. Du féminisme d’hier au féminisme d’aujourd’hui
Gouges | BNF ESSENTIELS Fille non reconnue du poète Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, Marie Gouze naît à Montauban en 1748. Elle est élevée dans un milieu modeste, de langue et de culture occitane. Mariée à dix-sept ans, bientôt veuve et mère d’un fils, elle s’installe à Paris au début des années 1770. Elle tient salon, fréquente les milieux littéraires et monte sa propre troupe de comédiens.
Benoît Denis, Littérature et engagement, Classicolycée