
Syrie : “Nous sommes les concierges de la lâcheté. Nous n'accueillons personne.” Nous savions tous que le régime du Baas syrien était un régime toxique, d’assassins et de tortionnaires : nous l’avons toléré. Nous avons fait plus encore : nous l’avons renforcé. Bachar al-Assad était invité à la tribune présidentielle du défilé du 14 Juillet, à Paris, à quelques mètres de Nicolas Sarkozy, qui lui a chaleureusement serré la main, deux ans avant le début des manifestations à Deraa. Nous savions tous que le régime Assad était prêt à massacrer sans hésitation sa population civile et celle de ses voisins : les événements connus sous le nom de «massacres de Hama», en 1982 (mais qui, en fait, s’étendirent aussi à de nombreuses villes syriennes), ou les exactions syriennes au Liban l’ont suffisamment montré. Nous savions que l’armée syrienne et ses nervis, qui ont organisé la répression pendant des décennies, n’hésiteraient pas une seconde à tirer sur la foule, à torturer des opposants, à bombarder villes et villages: nous les avons laissés faire. Mathias Enard©Points Seuil
Censure de la taxe Google : sale coup pour la lutte contre l'optimisation fiscale On a dû sabler le champagne, jeudi soir, dans l’élégant hôtel particulier parisien qui abrite le siège social de Google France. Le Conseil constitutionnel, en annulant la taxe baptisée du cador des moteurs de recherche et taillée sur mesure pour lutter contre le nomadisme fiscal des géants de l’Internet, laisse un boulevard aux montages fiscaux astucieux de ces entreprises. Le Conseil a estimé que l’administration fiscale «ne peut avoir le pouvoir de choisir les contribuables qui entrent ou non dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés». A lire aussi La taxe Google votée à l’Assemblée En clair, pas question de présumer que ces sociétés qui font systématiquement transiter leurs bénéfices vers des pays à fiscalité plus douce, comme l’Irlande, doivent payer des impôts là où elles réalisent leur chiffre d’affaires. Pour l’heure, le seul moyen pour l’Etat de lutter contre ces pratiques, reste le bon vieux contrôle fiscal, avec ses lenteurs et ses négociations en coulisses.
Un prince saoudien arrêté avec deux tonnes de captagon à Beyrouth La plus importante saisie de drogue à l'aéroport international de Beyrouth implique un prince saoudien. Deux tonnes. C'est le poids des pilules de captagon saisies à l'aéroport de Beyrouth lundi 26 octobre. Le prince saoudien Abdel Mohsen Ibn Walid Ibn Abdelaziz et quatre autres personnes comptaient se rendre à Riyad en jet privé, raconte le quotidien libanais francophone L'Orient-Le Jour. Les pilules et de la cocaïne étaient réparties dans trente-deux paquets et huit valises. D'après l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), il s'agit de «la plus importante saisie à l'aéroport international de Beyrouth». Le captagon, un stimulant de type amphétamine, est largement utilisée par les combattants syriens pour inhiber leur peur lors des combats. Partagez cet article
La résistance wallonne au CETA, bluff ou brèche ?, par Raoul Marc Jennar (Le Monde diplomatique, janvier 2017) Négocié dans le plus grand secret depuis 2009, l’Accord économique et commercial global (AECG, en anglais CETA) entre l’Union européenne et le Canada devait être signé le 27 octobre 2016. Mais, treize jours avant la cérémonie, le Parlement de Wallonie, dominé par le Parti socialiste, a refusé de donner délégation au gouvernement belge pour conclure ce traité. Ce coup de tonnerre a offert aux dirigeants européens l’occasion d’une nouvelle démonstration de leur mépris des populations. M. Paul Magnette, le ministre-président wallon, se retrouve subitement dans la situation du premier ministre grec Alexis Tsipras à l’été 2015, et de tous ceux qui osent ne pas se soumettre : il essuie le feu de la Commission européenne. Au terme d’intenses négociations, et après de nombreuses menaces, un nouvel accord a finalement été adopté avec l’assentiment du Parlement wallon. Pas de tribunaux d’arbitrage Les négociations de l’AECG se sont achevées une première fois fin 2013. Raoul Marc Jennar
Le stratège et le philosophe C'était dit sur le ton de l'éloge sincère : "Vous êtes certains des meilleurs cerveaux de notre pays" ; tellement bons, ajoutait George W. Bush, que "mon gouvernement emploie une vingtaine d'entre vous". Le président s'adressait, le 26 février, à l'American Entreprise Institute, à Washington (Le Monde du 20 mars). Il rendait hommage à un cercle de réflexion (think tank) qui est l'un des bastions de la mouvance néoconservatrice américaine. Il saluait une école de pensée qui marque sa présidence et disait tout ce qu'il doit à un courant intellectuel à l'influence aujourd'hui prédominante. Au tout début des années 1960, John F. Qui sont-ils ? Les néoconservateurs ne doivent pas être confondus avec les chrétiens fondamentalistes, qu'on trouve aussi dans l'entourage de George W. Mais, explique Pierre Hassner, la singularité de l'administration Bush est d'avoir assuré la jonction entre ces deux courants. Mal nommés, ils n'ont rien, non plus, de gens qui voudraient garantir l'ordre établi.
OGM : le plus puissant outil de manipulation génétique aux mains de Monsanto En septembre 2016, Monsanto a acheté la licence d’exploitation de la technique CrisPR-Cas9 au MIT (Massachusetts Institute of Technologie) et à Harvard. Avec cette biotechnologie, elle va pouvoir réécrire une partie du génome des plantes pour leur donner les caractères voulus en puisant dans ses bases de données génétiques. "C'est une incroyable ressource pour exploiter plus largement nos banques de gènes, qui sont parmi les meilleures au monde", s'est félicité la multinationale des semences. Plusieurs géants du secteur ont déjà acquis des droits sur CriSP. Des risques de modifications involontaires du génome La rapidité de l'industrie à mettre en application des découvertes encore très récentes (CriSP-Cas9 a été élu découverte de l'année par le magazine Science en 2015) pose de nombreuses questions. D'abord sur l'évaluation des risques. Bataille judiciaire sur les brevets Faudra-t-il des dossiers spéciaux d'autorisation – type OGM ?
Arabie saoudite : les indécents cocoricos de la France L’Ethiopie inaugure le barrage le plus haut d’Afrique La centrale hydrolélectrique Gibe III construite dans la vallée de l’Omo est critiquée par l’Unesco qui redoute son impact écologique. L’Ethiopie a inauguré samedi 17 décembre le barrage le plus haut d’Afrique, un projet qui doit lui permettre de presque doubler sa capacité énergétique mais qui menace, selon ses détracteurs, le mode de vie des populations locales ainsi qu’un lac kényan classé au patrimoine mondial de l’Unesco. « Cette centrale hydroélectrique, au même titre que d’autres projets en cours, répond à notre besoin en électricité et va également fournir des marchés étrangers », s’est réjoui le premier ministre Hailemariam Desalegn, lors d’un discours sur le site du barrage, à environ 350 kilomètres au sud-ouest de la capitale Addis Abeba. Lire aussi : En Ethiopie, le mouvement de contestation jette une ombre sur une économie en plein boom Lire aussi : Ethiopie : des dizaines de morts dans des affrontements entre l’opposition oromo et la police Déplacements de population
» “Les États occidentaux ne peuvent combattre le jihadisme en soutenant ses parrains pétromonarchiques !”, par Maxime Chaix Source : Maxime Chaix – qui a durement travaillé ces dernières années pour nous alerter sur les graves dérives pro-islamistes de nos dirigeants… Maxime Chaix, 13/11/2015 – Source : maximechaix.info En deuil et en colère. Depuis plusieurs années, j’ai pu comprendre, étayer et documenter le fait que les réseaux jihadistes sont non seulement des ennemis mortels des peuples à travers le monde, mais qu’ils sont aussi des forces clandestinement utilisées par les États occidentaux et leurs alliés du golfe Persique dans la satisfaction d’intérêts profonds inavouables. En mars dernier, dans un important article intitulé « L’État islamique, cancer du capitalisme moderne », Nafeez Ahmed avait résumé cette instrumentalisation récurrente de milices jihadistes par les principales puissances de l’OTAN et leurs partenaires afin de déstabiliser l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo, la Libye puis la Syrie.