Eboueurs : « Parfois, les gens balancent un papier par terre, et me disent : "Tiens, ramasse" » A Paris, la mairie met en place des groupes de parole pour former les éboueurs à réagir aux agressions dont ils sont de plus en plus souvent victimes.
Ils font un métier qui n’émerveille que les enfants. A cause du camion avec la grande benne qui bouge. Pour les adultes, ils sont ceux dont il faut à tout prix éviter de faire le métier. Pourtant, un seul jour sans eux et c’est la déchéance. Jacques Prévert le disait bien : «Quand les éboueurs font grève, les orduriers s’indignent.» Depuis quelques temps, la France connaît un problème inquiétant : la recrudescence d’agressions dont sont victimes les agents de propreté. En 2011, 150 agressions ont été recensées sur le seul territoire de la ville de Paris. "L'absence de reconnaissance au travail démotive les salariés" [Express Yourself] Reconnaître le travail bien fait ou le bon service rendu n'est pas automatique.
Nombreux sont les employés qui souffrent aujourd'hui d'un manque de reconnaissance et ne l'attendent plus de leur hiérarchie. Si ce sentiment de manque est dommageable, le besoin de reconnaissance est très personnel et les effets de la reconnaissance par conséquent très variés. Dans une société qui met en valeur la personne la plus vue, la plus connue, la plus écoutée, la plus médiatique, le citoyen est incité à vivre davantage au dépend du regard des autres, faisant de la reconnaissance un moteur d'engagement très puissant. Du simple "merci" appris de nos parents à la promotion que le manager accorde à son collaborateur, la reconnaissance prend des formes très diverses. C'est un geste gratuit, simple et bref qui manifeste la double attention du "donneur d'ordre" à celui qui fait : une première attention au travail effectué; une seconde attention à la personne qui l'a exécuté.
L’impact du stress professionnel sur l’image de soi et l’estime de soi. Pourquoi les salariés se désintéressent-ils de leur travail ? « Absentéisme, départs inopinés, baisse d’efficacité »… Autant de facteurs qui traduisent le désengagement des salariés pour leur travail, selon une récente note rendue à l’Institut de l’entreprise par Hubert Landier, auteur de « 18 raisons de détester son entreprise ».
L’expert du travail identifie plusieurs causes à ces comportements et à ce mal-être en entreprise : « mauvaises relations entre collègues, sentiment de manque de reconnaissance, solitude, perception négative des relations collectives au sein de l’entreprise ou encore une mauvaise image de la direction générale ». Comment expliquer de telles tensions au sein des organisations ? Pour Hubert Landier, les raisons sont à chercher dans les « multiples contrariétés, petites et grandes, que le salarié éprouve dans les circonstances quotidiennes de sa collaboration à l’entreprise, dès lors que la direction semble ne pas s’en soucier ». Prendre en compte les « irritants » Souffrance au travail: des experts s'inquiètent des effets de la crise. Souffrance au travail et crise forment un cocktail dangereux: c'est en substance ce qu'ont souligné des experts lors d'une journée nationale de l'écoute organisée cette semaine à Paris par S.O.S Amitié, certains allant jusqu'à redouter un "pic de suicides".
L'ex-médecin urgentiste Philippe Rodet, aujourd'hui reconverti dans le conseil aux entreprises, s'est dit "assez inquiet, parce qu'on va avoir une intersection entre deux phénomènes pour la première fois à ma connaissance dans notre Histoire: deux crises qui vont se superposer". Selon ce spécialiste du stress, une crise entraîne "une véritable souffrance" dont l'expression "est maximale trois ans après", ce qui a notamment été observé après la crise de 1929, avec des "pics de suicides en 1932". "En 2011, trois ans après 2008, on traverse une phase très difficile et il y a de nouveau une crise qui apparaît, et j'ai très peur de l'intersection de ces deux phénomènes", a-t-il averti. M. Mais, relève M. M. 23% de la valeur ajoutée perdue à cause du mal-être au travail. Une étude sur le bien-être au travail publiée début septembre par le cabinet Mozart Consulting révèle une perte moyenne de 23% de la valeur ajoutée des entreprises due aux coûts induits par la dégradation de l’organisation et des conditions de travail.
Les plus fragilisées seraient les entreprises des secteurs de la santé, de la logistique, et des services aux entreprises qui enregistrent un recul de 26% de leur performance. L’industrie, au contraire, s’en tire plutôt bien avec un manque à gagner de seulement 14%. L’absentéisme pour maladie ordinaire est ainsi quasiment deux fois plus faible dans l’industrie (3,57%) que dans les services précités (5,74%). L’indice de bien-être a été réalisé à partir des données nationales sur les mouvements de main d’œuvre de la Dares (2009), sur les journées non travaillées et les « sorties forcées » d’entreprise (50% des démissions, licenciements non-économiques) de la CNAM, et de l’enquête 2009 d’Alma Consulting sur l’absentéisme.