05-08 Le conflit étudiants a fait des centaines d'éclopés | Gabrielle Duchaine | Conflit étudiant. «Je n'ai jamais vu autant de blessés dans un mouvement de contestation au Québec», affirme l'avocat Alain Arsenault, spécialiste des cas de brutalité policière. Bien que le bilan des blessés soit imprécis, il reste particulièrement lourd. Une équipe d'infirmiers bénévoles affirme avoir fait quelque 400 interventions seulement lors de l'émeute de Victoriaville, vendredi soir, dont près de 200 pour traiter des gens incommodés par les gaz. La Sûreté du Québec dénombre pour sa part 12 blessés graves, 6 dans son camp et 6 dans celui des manifestants, dont 4 ont été hospitalisés. Parmi ceux-ci: Maxence Valade, 20 ans, élève au cégep de Saint-Laurent, qui a perdu l'usage d'un oeil et subi une opération de huit heures après avoir reçu un projectile au visage, et Alexandre Allard, 20 ans, étudiant à l'Université Laval, dont on a craint pour la vie à la suite d'un traumatisme crânien causé par un projectile.
Choc post-traumatique En chiffres. 05-08 Et l'université dans tout ça? | Alain Dubuc | Alain Dubuc. C'est parce qu'il croit à l'université que le gouvernement Charest voulait accroître son financement, y compris par des hausses des droits de scolarité. Et c'est parce qu'ils croient à l'université que les associations étudiantes s'y opposent, au nom de l'accessibilité. Et pourtant, la grande victime de ce conflit, ce sera le réseau des universités québécoises. Pas seulement à cause des coûts humains, financiers et académiques de la grève.
Mais parce que le conflit s'est mué en procès, et que les universités en sortiront discréditées et affaiblies. À ce chapitre, nous avons beaucoup de chemin à faire. Malgré les mythes que nous entretenons, la société québécoise ne se distingue pas par la valorisation des études supérieures. Cette indifférence relative, on la voit dans les choix des jeunes. Et qu'est que le conflit a fait pour briser ce mur de l'indifférence?
Les universités sont des administrations lourdes. 05-08 Conflit étudiant - Quelle supercherie! Le contenu de «l’entente» que le gouvernement a rentrée dans la gorge des quatre leaders étudiants est absolument grotesque! Le gouvernement les a endormis avec cette vieille stratégie technocratique, usée à la corde, consistant à faire semblant de régler un problème en le dissimulant derrière une pléiade de comités. Ainsi, il y aura un comité provisoire où quatre étudiant(e)s siégeront avec onze représentants des institutions d’enseignement et des syndicats, ainsi que deux représentants des milieux d’affaires et du représentant de la ministre, pour déterminer s’il est possible de couper dans les budgets des universités... Le fardeau de la preuve reposera sur les jeunes épaules des quatre étudiants, qui devront convaincre les quatorze autres de réduire leurs propres avantages budgétaires dans le but de les transférer vers la réduction des droits de scolarité.
C’est d’une incroyable naïveté! [...] Au conditionnel... Quelle belle entente! Chaos social Solidarité sociale. 05-08 La manifestation au centre-ville est terminée | Conflit étudiant. Vers 7h30, un groupe d'environ 150 manifestants s'est réuni au square Philips, dans le centre-ville, avant de se mettre en marche vers le quartier des affaires. Au Centre de commerce mondial, où se trouvent notamment les bureaux du ministère des Finances du Québec, ils ont bloqué tous les accès. Un petit groupe visiblement plus déterminé s'est posté en plein centre de la rue Saint-Jacques, près de la rue McGill.
Plusieurs étaient masqués mais semblaient tout de même animés d'une certaine bonhomie, comme en font foi les nombreux slogans qu'ils ont lancés aux policiers. «You're sexy, you're cute, drop your riot suit», ont-ils notamment chanté, ce qui a réussi à faire sourire plusieurs des hommes casqués. Mais après un face-à-face d'une bonne demi heure, un officier a pris le micro pour annoncer aux jeunes que le propriétaire du Centre de commerce les considérait comme des intrus et qu'ils devaient quitter les lieux paisiblement. 05-08 .jpg (Image JPEG, 759x832 pixels) 05-08 Québec a «couru après le trouble», selon la CSQ | Tommy Chouinard | Conflit étudiant. Réjean Parent a assisté aux 22 heures de négociations qui ont pris fin samedi après-midi.
Il croit que le premier ministre Jean Charest et la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, «se sont tiré dans le pied» avec leurs déclarations de dimanche. Rappelons que M. Charest a jeté le blâme sur les étudiants pour la durée du conflit et a affirmé qu'il n'aurait rien pu faire de plus pour le régler plus tôt. De son côté, Mme Beauchamp a affirmé par courriel aux députés libéraux que le gouvernement maintenait intégralement la hausse des droits et que celle-ci ne serait pas nécessairement compensée par une baisse des frais afférents. Elle s'est montrée sceptique quant aux économies qu'il sera possible de dégager dans la gestion des universités.
Selon Réjean Parent, quelqu'un qui aurait voulu «faire avorter une entente» ne s'y serait pas pris autrement. M. 05-08 Études: l'aide financière a fait gonfler la note aux États-Unis | Mathieu Perreault | Conflit étudiant. Le lien entre l'aide financière aux étudiants et l'«inflation des droits de scolarité» a été mis de l'avant pour la première fois en 1987 par William Bennett, secrétaire fédéral à l'Éducation. Depuis, des économistes ont tenté de vérifier l'«hypothèse Bennett». Le lien est manifeste en ce qui concerne les institutions privées, dont les droits de scolarité ne sont pas régis par les gouvernements.
On observe le même lien, mais plus faible, pour les universités publiques, selon une économiste de l'Université Harvard. «Les universités sont tentées de récupérer une partie des sommes investies dans l'aide financière aux étudiants», explique Bridget Terry Long, de l'Université Harvard, qui a étudié un programme de bourses au mérite dont bénéficiaient le tiers des étudiants de l'État de Géorgie. «Elles y parviennent même si elles doivent obtenir l'approbation du gouvernement.» Qu'en est-il des prêts? 05-08 Blessure: Francis Grenier poursuivra la Ville de Montréal | Gabrielle Duchaine | Conflit étudiant. «Ma vie ne sera plus jamais la même», affirme le jeune homme, assis dans le bureau de Me Alain Arsenault, spécialiste des causes de brutalité policière. Les marques de sa blessure, reçue il y a déjà deux mois, sont toujours bien visibles sur sa paupière droite. «Il a eu une reconstruction», nous a confié sa mère avant le début de l'entrevue.
Le 7 mars dernier, lors de sa deuxième manifestation à vie, Francis Grenier, élève en arts âgé de 22 ans, a été gravement blessé pendant qu'il jouait de l'harmonica. Une grenade assourdissante lancée par un policier aurait explosé tout près de son visage. Le choc a été violent et le sang a giclé. Quelques heures plus tard, à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, il a appris qu'il ne verrait peut-être plus jamais d'un oeil. Deux mois plus tard, il ne distingue que des taches et des couleurs. Francis Grenier est inquiet. Francis, lui, est plus calme. S'il veut poursuivre la Ville, c'est bien sûr pour être dédommagé.